‹ Histoire du commerce de Marseille pendant vingtansChapitre 156 sur 186 · CX)TONS EN LAINE · texte numérisé non relu

CX)TONS EN LAINE

Les traces les plus anciennes de la fabrication des fils et tissus de coton en France , ne remontent pas au-delà des quarante dernières années du xvii"* siècle.

En 1668 , il ne fut importé du Levant en France , par la voie de Marseille , que 220,277 kilogr. de coton en laine , et 709,783 kilogr. de coton filé.

En 1750 , l'importation du coton en laine s'élevait déjà à 1,875,000 kilogr, et celle du coton filé à 986,343 kilogrammes.

Le port de Marseille était encore à cette époque la seule voie ouverte à l'importation des cotons du Levant, et nos Colonies ne nous fournissaient qu'une très-faible quantité de ce lainage.

En 1785 , la France recevait de ses Colonies : Saint-Domingue , Martinique , Saint- Lucie, Tabago, Guadeloupe, Cayenne, 3,389,000 kilogr. de coton.

Vers 1788, Marseille était devenue un marché très-important pour les cotons. Elle en faisait des envois considérables à la Suisse , à l'Allemagne , à l'Angleterre , à la Hollande et aux contrées du Nord.

Elle expédiait aux ports français de l'Océan des cotons que l'on chargeait sur des navires taisant le cabotage et surtout sur ceux qui, après avoir importé des morues du banc de Terre-Neuve, retournaient à leur port d'armement.

La Normandie, et notamment Rouen, faisaient constamment des demandes très-considérablés dans les belles qualités de Smyme. Ceux de Salonique étaient plus spécialement consommés dans les fabriques suisses.

Sous l'Empire , les cotons furent frappés de droits énormes , savoir : pour ceux d'Amérique , 6 à 8 fr. le kilogr. Pour ceux du Levant , 2 à 6 fr. , selon qu'ils entraient par terre ou par mer.

Ces droits auraient étouflé le commerce des cotons, si déjà la guerre ne l'avait anéanti.

Marseille espérait que la paix lui rendrait le privilège qu'elle avait avant la la Révolution , d'approvisionner l'Europe en coton du Levant ; mais ceux-ci avaient été remplacés partout avec avantage par les cotons de la Louisiane et de la Géorgie.

Le coton du Levant est généralement moins estimé que celui d'Amérique. Il est moins pur, moins soyeux , d'un brin plus gros et plus âpre à la filature.

D'un autre côté, les cotons du Levant avaient à lutter contre les bas prix de ceux de l'Inde.

Heureusement, l'introduction du coton d'Amérique en Egypte, en 1822, permit à Marseille de prendre une part active à l'approvisionnement des manufactures françaises.

A partir de 1825 , la moyenne quinquennale des importations de coton à Marseille a presque toujours dépassé 50,000 balles, et a même atteint 100 et 150,000 balles vers ces derniers temps.

De 1825 à 1829 68,344 balles.

Il résulte de ces chiffres que le commerce du coton en laine s'est à peu près maintenu dans les mêmes conditions depuis une cinquantaine d'années. Cependant , à partir de 1862, il a pris un plus grand développement. La Chambre de Commerce, dont je vais analyser les comptes-rendus, nous dira les causes de cet accroissement qui , sans être très-remarquable , mérite cependant d'être signalé.

« Le conflit des États-Unis, lisons-nous dans le compte-rendu de cette année, a rendu à notre marché au coton une importance qu'il avait perdue depuis longtemps. Sous Tinfluence de la hausse considérable qu'a généralement subi cet article , la production du Levant a pris de nouveaux développements. Aussi , les cotons de cette région, peu appréciés jusqu'ici par nos consommateurs, et dont les bas prix avaient fait négliger la culture , commencent-ils à reprendre faveur sur notre place et à trouver de l'emploi dans nos fabriques. »

L'importation du coton en France s'est élevée de 70,867 à 147,544 balles. Cette augmentation exceptionnelle a amené deux graves difficultés.

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