DÉPENSES
Dépenses ordinaires F. 3,794,575 F. 7,071,143
Dépenses extraordinaires . . . . 4,385,793 7,137,435
Dépenses supplémentaires . . . 1,558,282 1,134,200
Total des dépenses . . F. 9,738,650 F. 15,342,778
n résulte de l'examen de ces états comparatifs :
1* Que les recettes ordinaires ont doublé ; que les recettes extraordinaires n'ont progressé que d'un tiers, et que les recettes supplémentaires ont diminué de plus de la moitié ;
S* Que les dépenses ordinaires et extraordinaires ont à peu près doublé, et que les dépenses supplémentaires n'ont pas sensiblement diminué.
Mais l'étude d'un budget ne peut être intéressante et instructive, que sous la condition de pénétrer dans les détails de sa formation; c'est-à-dire : 1' de rechercher les
sources qui alimentent les recettes communales ; 2* de connaître l'emploi des fonds, recueillis. — Il me paraît donc indispensable de donner ici quelques renseignements sur la nature des recettes et sur celle des dépenses, récapitulées dans les deux tableaux qui résument, en les comparant, les budgets de 1855 et de 1874.
Les recettes ordinaires consistent notamment dans les droits et produits ci-après indiqués : Droits d'octroi. — Droits d'abattage. — Droits de pesage et mesurage. — Produit des eaux du Canal. — Produit de concessions de terrain dans les cimetières. — Produit de la visite des filles soumises.
L'octroi est la principale source des revenus communaux. Presque toutes les villes d'une certaine importance y ont recours, et ne parviendraient pas sans cette ressource féconde à faire balancer leur budget.
• Indépendamment des droits sur les objets de consommation et sur les matériaux de construction, imposés dans presque toutes les communes où l'octroi est établi, le tarif de la ville de Marseille comprend les graisses, les suifs, les savons, la cire, le sulfate de soude, une taxe additionnelle sur les farines et une surtaxe sur-le vin.
Les recettes de l'octroi ont doublé depuis vingt ans; elles se sont élevées de 4,160,326 fr. à 8,549,336 fr. (1). Mais, comme l'augmentation du chiffre de la population n'a pas suivi la même progression, il en est résulté une charge plus lourde pour les habitants, qui, en 1855, ne payaient en moyenne que 21 fr. par an , et qui paient aujourd'hui 27 fr. La même moyenne est pour toute la France de 18 fr. 71 c. par . habitant ; à Paris, cependant, elle s'élève à 46 fr. 50 c.
En comparant les quantités imposées en 1855 et en 1874, on trouve que la consommation du pain est descendue de 229 à 178 kilog. par habitant. Celle de la viande est restée la même : 71 kilog. 6 hectog. en 1855, 71 kilog. 4 hectog. en 1874. La consommation du vin s'est élevée de 111 lit. à 143 lit., et celle de l'alcool est descendue de 2 lit. 21 centUit à 1 lit. 58 centilit. (2).
A Paris , ces moyennes sont : pour le pain , 142 kilog. par habitant ; le vin , 210 litres; l'alcool, 3 litres 70 cent. ; la viande , 73 kilog. (3).
Les droits d'abattage se sont élevés de 140,334 fr. à 229,198. C'est à peu près l'augmentation constatée dans le nombre des bêtes abattues.
Les droits du pesage et mesurage n'ont pas sensiblement augmenté depuis vingt ans (4). n est vrai que la création des Docks a eu pour conséquence de diminuer les
(1) Le produit de la taxe additionnelle sur les fÂriaes et celui de la surtaxe sur le vin soat coinpris dans ces chiiTre^. (1) V. Le tableau des principatias objets soumia à VOciroi, (Budgets de la Ville.) (I) Statistique de la France, DOUTelle série, tome t, aooée 1871.
Augmentation F. 45 .807
14 mSTOIRB DU COMMERCE DB MARSBILLB
quantités soumises au mesurage public , la Ciompagnie concessionnaire ayant élevé la prétention de faire peser et mesurer les marchandises reçues dans ses entrepôts sans le concours des agents de la Régie.
Le produit des eaux du Canal a presque quadruplé : 333,152 fr. en 1855 et 1,265,408 fr. en 1874.
' Malgré cette notable augmentation dans le produit des eaux , la ville n'est pas encore rentrée dans les fonds qu'elle a employés à la construction du canal. Il résulte, en effet, du tableau récapitulatif que nous joignons à cette étude (1), que le chiffre total de la dépense s'est élevé à, 129,684,132 fr. et que les recettes effectuées jusqu'à ce jour n'atteignent que la somme de 118,289,659 fr., d'où un excédant de dépenses de 11,394,473 fr.
Le produit des concessions dans les cimetières, a été, en 1874, de 129,949 fr. ; il« avait été de 57, 250 fr., en 1855 ; soit , pour 1874, une augmentation de plus du double ^ qui provient en grande partie de l'élévation des prix portés dans le nouveau tarif.
La taxe imposée aux filles publiques, qui sont soumises à dès visites sanitaires, n'existe que depuis quelques années; elle a produit 77,032 fr. en 1874; elle s'était élevée à 91,818 , en 1869 ; mais depuis cette époque, une surveillance plus active de la police, en éloignant de la ville un certain nombre de prostituées, a fait diminuer le chiffre des recettes. Cette diminution provient peut-être aussi de l'impossibilité où se trouve bien souvent le service des mœurs, d'obliger les assujetties à se soumettre à la visite sanitaire.
Les recettes extraordinaires ou supplémentaires y qui forment deux chapitres séparés , quoique au fond il n'y ait aucune différence éntr'elles (2) , comprennent notamment les emprunts et les ressources affectées à leur remboursement.
Le produit total des emprunts de 1855 à 1874, s'est élevé à 103,743,216 fr. Nous donnons ci-après le tableau récapitulatif des encaissements effectués d'année en année, tantôt sous le titre de recettes extraordinaires , tantôt sous celui de recettes supplémentaires.
(«) V. les éUts réeapitaUttrs JoinU aux Budgets de Ut ViOe.
(9) Les recettes extraordinaires soat eoDdoes d'aTanoe et flgureot dans le bodget primitir. Les recettes supplémentaires, sonrenaes après la formatioD de ce document, ne peuTeot être ioscritea que dans les cbapitres additionnels.
SITUATION ACTOEtLE