‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 49 sur 74 · IL.^ réformateur, grâce à l'appui de Frédéric de Saxe et de · texte numérisé non relu

IL.^ réformateur, grâce à l'appui de Frédéric de Saxe et de

Vua ir^îversité de Wittemberg, obtint cependant d'être jugé en

A^ll^imagne. Il se présenta devant le cardinal Cajétan, légat du

saiiri^-siége, et en reçut l'ordre de renoncer à toute polémique

religieuse, en accompagnant cette promesse d'une rétractation

solennelle. Sur son refus, Luther se vit menacé des censures

ecclésiastiques, et quitta brusquement la ville d'Augsbourg, —

ou. oes conférences avaient eu lieu, — pour rentrer dans sa

patrie.

L'esprit public était préparé à de graves événements. La découverte de l'imprimerie, en mettant à la portée du plus grand nombre les trésors de la science et de la tradition , provoquait à la discussion et à l'examen. Les mœurs dissolues d'une partie du clergé lui avaient aliéné les sympathies du peuple, et ses richesses immenses excitaient l'avidité des grands. Tout favorisait l'entreprise hardie du moine augustin, qui, loin de s'émouvoir à la nouvelle de sa condamnation par Léon X, usa de roprésailles, et brûla publiquement, à Wittemberg, la bulle Papale ainsi que les volumes du droit canonique.

"Tel était l'état des affaires à l'arrivée de Charles en Allema- P^^- Aucun prince séculier n'avait encore embrassé les opinions Pït>scrites, mais une foule de jeunes gens accouraient déjà de toutes les provinces pour écouter la parole ardente de Martin ^ther, autour duquel se rangeaient des hommes d'une réputa- ^^u distinguée, tels que Mélanchton et Carlostad. L'Empereur *^it à choisir entre deux partis : il devait prendre la direction du ""Mouvement, le propager parmi les peuples libres des Pays-Bas, ^ Espagnes, de la vieille Germanie , et combattre à leur tète 'î^oence gallo-romaine, ou s'unir au souverain pontife et terrer les ennemis de celui-ci par une répression prompte et ''^rgique. En adoptant le premier parti, il donnait une force ^Uvelle aux privilèges et aux immunités impériales, si sou- ^t revendiqués par ses prédécesseurs ; en lui préférant le *^ndil s'assurait un puissant allié en Italie, au moment où 'hinçois I*' se disposait à y faire valoir des intérêts opposés. (^ dernière considération l'emporta sur toutes les autres, et

sas HISTOIRE J>U COVHERGB

Charles écrivit à Luther de venir se justifier devant b diète de Worms. Celui-ci s*y rendit, fut mis au ban de Teoipire, et eût fini probablement par tomber entre les mains de ses adversaires, si rélecteur de Saxe ne favait fait enlever par une troupe de cavaliers masqués, qui le conduisirent au château fort de Wartbourg, en gardant soigneusement 16 secret sur le lieu de sa retraite.

Dans l'intervalle, d'autres préoccupations détournaient Tattention de fempereur, et lui faisaient oublier ces débats. Comptant sur Tappui de Léon X et du ciirdinal de Sion , il armait activement afin de se mettre en mesure de lutter contre

France. En effet, les hostilités commencèrent bientôt après.

François I**' en donna le signal , et seconda une expédition ei Navarre faite au nom de Henri d'Âlbrct, tandis qu'il décida: d'un autre côté le seigneur de Sedan, Robert de la Marck, abandonner le parti de Charles-Quint et à ravager le Luxei bourg. L'exportation des grains et des chevaux, c'est à dire tout ce qui pouvait servir les projets de l'ennemi, fut aussil défendue dans nos provinces, tandis que les agents impériar réclamaient l'appui de l'Angleterre, en vertu du traité de dres. Henri VIII se hâta en effet d'intervenir, et François craignant d'irriter un prince qu'il espérait encore gagni donna l'ordre au seigneur de Sedan de déposer les armes.

Celui-ci n'en était déjà plus le maître, car une armée îm* riale, commandée par le comte de Nassau, poursuivait ses a* ËJérents et pillait ses domaines. Charles, ayant réussi à rejeté l' la responsabilité d*une rupture sur son rival, n'était pas disposé à maintenir la paix. La concentration de quelques troupes frani.'nises à Atligny et la capture de certains navires de commerce, appartenant aux ports d'Anvers et de Berg-op-Zoom, lui fournirent un prétexte pour rompre toutes relations î^vec la France. Los Élats-Généraux des Pays-Bas, rassemblés durant le mois do juillet loil , lui accordèrent de nouvelles aides , et le coi»*^ do Nassau reçut l'ordre d'assiéger Mouzon.

Pondant qu on so préparait à celle campagne, les Hanséatc5i olVrayos do la dôoadonco do leurs aftaires, agitaient de nouveau la iinosiion du transforl do leur comptoir, de Bruges à Anvers. Uuolquos-uns dos membres de leur conseil firent remarqutf

ET DE L4 MiRIllE EN BELGIQUE. »S

que cette mesure entraînerait la ruine du commerce des draps de Poperinghe et d'autres localités, ajoutant cependant qu'ils seraient disposés à l'appuyer si Ton obtenait en Brabant les mêmes privilèges qu'en Flandre. Les députés de Lubeck défendirent la cause des Brugeois, que ceux de Brème, au contraire, voulaient abandonner. On résolut d'ajourner toute décision à l'année suivante. Les Anversois, vers la même époque, cherchaient à se frayer, à la suite des Portugais, une voie vers Ilnde. Ils y envoyèrent trois navires, dont l'un revint à bon port, le 21 janvier 1522, chargé d'épices. On célébra son retour par de joyeuses fêtes, car il n'avait échappé qu'avec peine aux embarcations portugaises. Les compatriotes de Vasquez de Gama avaient fondé, d'ailleurs, comme nous l'avons déjà dit, une factorerie à Anvers^ qui fournissait aux Pays-Bas des pierres précieuses, des perles d'Orient, de l'or, des épices, des drogues, de l'ambre, du musc, de l'ivoire, deTaloès, du coton, des jparfums, du sucre, du bois de brésil, du pastel, du vin de Madère,, des fruits secs. Elle importait d'abord beaucoup de piment, venant de l'île Saint-Thomas, en Afrique, où cette ctspèee de poivre croît en abondance, mais, dans la suite, le X^ortugal prohiba ce commerce, pour ne pas nuire au débit da poivre de l'Inde, qu'il vendait plus cher et avec plus de béaéfice.

Revenons au comte de Nassau, qui, après avoir réduit Mouron, venait d'investir Mézières. La conquête de cette ville devait ïui ouvrir une entrée facile dans le cœur de la Champagne, et *wî assurer de nouveaux triomphes. Tandis que le chevalier ^yard lui en disputait la possession , un congrès se tenait à *^iais, sous la médiation de Henri VIII, pour terminer à l'amia- We tous les différends. Le cardinal Wolsey, chargé de repré- ^>^ter son maître, était tout dévoué à Charles-Quint, dont il *^îl disposé à servir la politique. Tandis qu'on délibérait en- ^i*e, il se rendit à Bruges pour y voir l'Empereur, et y fit son entrée avec un train tout royal, suivi de plus de 800 cavaliers, ^fclus de tuniques de pourpre et de robes de soie. Son entrevue ^^^ le monarque, bien loin de servir à l'avancement d'un traité ^^ paix, eut pour résultat la conclusion d'une ligue contre François, dont les Anglais tenaient particulièrement à anéantir la

f,\nf •;. n fut convenu entre eux que Charles attaquerait la

^ttitftf -iu côté de l'Espagne , et Henri du côté de la Picar-

4!t! . jiîacuu avec une armée de quarante mille hommes, etjr^^^ lue, î)our cimenter leur union, Charles épouserait la princesse^^e^ narie, tille unique de Henri et Théritière présomptive de !$tai$.

Kraucois I-' étant entré dans les Pays-Bas , à la tête d'um armée nomhreuse, fit lever le siège de Mézières. Les Impériaur opérèrent leur retraite en bon ordre, et se dirigèrent sur Tou uai, qui fut investi par les milices de Gand, deCourtraî, touxelles, de Malincs, et de quelques autres villes de la Flar^^i^^J di'e, du Hainaut et de l'Artois. Malines contribua en outre à ^ /g formation d'une flottille armée, qui croisait sur l'Escaut. Frar .^q. vois V^ fut moins heureux cette fois que devant Mézières, et

les clefs de Tournai furent remises au comte de Nassau, . /e 3 décembre 1521.

•Charles-Quint, après la conquête du Tournaisis, y fit aus ~ s/.

tôt confisquer tous les biens appartenant à des França /s,

mesure rigoureuse déjà exécutée dans ses autres États. H abolit en même temps les droits prélevés par les rois de France sur l'exportation des marchandises, et, abrogeant les règlements de 1340 et de 1371, réforma entièrement la o-oustitution démocratique de la commune. Le vote des impôts fut enlevé aux chefs des métiers, qui ne furent plus désonna/s appelés qu'à juger des infractions aux statuts de leurs corporations.

Durant la lutte dont le Tournaisis venait d'être le théâtre, de nouvelles négociations avaient lieu à Bruges entre les agents des deux nations, en présence de Wolsey. Ce dernier, désirant sans doute engager Charles-Quint à ménager ses forces naval^ pour les faire agir plus tard avec celles de Henri VIII, pressait vivement l'Empereur de consentira une suspension d'hostilité

v.*-jjt

(\) Lorsque tout sera arrangé, écrivait Richard Pace à Wolsey, leîSjuil^ lel 1521, « Ihen il shalbe necessarie for Ihem bolh to provide for Ihedcstra*^ tion of Ihe frcnch king's navy. » Il ajoute que le roi Henri désire « IhatlhS^* maller my^'hl secrelly bc brokyn Iho llie sayde emperour and IreaUidC'^ suchc wyselhal Ihys enlerprisc myiJ:hl sodenly be made againsUhe fren<^" kyuKO. » Voy. State Papers, vol. I; King Henry theeighî, parle ï, p. Î3.

ET DE LÀ MARINE EN BELGIQUE. i85

[es vaisseaux des Pays-Bas et ceux de la France, occupés }êche du hareng. Ces ouvertures avaient été mal accueilir Charles, qui écrivait à ce sujet à ses ambassadeurs : e amiral de Flandre a fait dresser, d'après nos ordres ^ec l'assistance de nos pays de Hollande , de Zélande et es voisins de la mer, une bonne escadre, forte d'un bon kbre de bateaux; la dépense est faite et l'armée prête à tre à la voile. Il est donc bien tard pour revenir sur une sien prise, et cela après que les François ont causé de \ dommages à nos sujets. »

sey ayant observé que la trêve proposée garantirait la té des pécheurs, tandis que la flotte dont il était question utilement employée sur les côtes de la Biscaye, l'Empereur ar céder, et ordonna à son amiral qui avait déjà pris la e rentrer au port. Ayant appris cependant que les ambas- •s de François I*' n'avaient pas de pouvoirs suffisants, il sur sa résolution, et envoya aux marins un nouvel ordre lart «tant pour la sûreté de la pêcherie, défense des siens, »ur endommager ses ennemis le plus possible. » Après bien rgiversations, causées par la crainte de déplaire au caries succès des Impériaux dans le Tournaisis avaient enfin arter tout projet de trêve, en rendant la guerre plus inéî que jamais.

Français n'étaient pas plus heureux en Italie que dans les (as. Repoussés devant Reggio, qu'ils avaient investi, ils se bientôt chassés du Milanais par les forces combinées du it de l'Empereur, et sur le point de devoir évacuer entièt la Lombardie.

sey partit pour l'Angleterre, le 25 novembre, après avoir né les stipulations du traité de Bruges. Charles-Quint se ait également à quitter nos provinces, sa présence étant le nécessaire en Espagne, mais il lui fallait d'abord faire ivelles levées d'argent, les subsides votés précédemment iepuis longtemps dépensés. Il engagea à cette occasion lie d'Anvers, pour une somme de 40,000 livres artois, tout 3t action du domaine sur les revenus de la Balance ou As public, ainsi que sur les droits dits riddertol, joctol et en, levés dans cette cité. Il eut également recours aux

S86 HlSTOme DU GOmEHGB

emprunts, et reçut cent mille livres de deux marchands anwsois, Francisque de Vaille et Francisque de Moxia (1).

Une grave aflaire était portée en ce moment devant les coih seils de TEmpereur. Le roi de Danemark avait envahi la SuMe^ quelque lemps auparavant, et six vaisseaux de guerre apparie* nant à la marine impériale s'étaient même associés à cette eqié' dition. Désirant consolider ses conquêtes, Ghristiern II avait fât^ en 1531 un voyage dans les Pays-Bas, dans le but de conclm avec Charles-Quint une alliance contre Frédéric de Hoisteind les villes maritimes de la Baltique, qui soutenaient les insurgé! suédois. Il promettait de grands privilèges aux marcbaodi belges, dont la prépondérance dans le Nord devait succéderk celle des Lubeckois. Nos négociants, sans se laisser éblouir fV une telle perspective, accueillirent froidement ce projet. UiMi guerre dans ces parages entraînait nécessairement une hausH considérable sur le prix des grains, et pouvait amener dl sérieuses conséquences. Marguerite d'Autriche se fit interprCi de leurs craintes, et les plans de Christiern échouèrent coflh plétement.

Les Hanséates, informés de ces tentatives, sentirent se réveiller toute la jalousie qu'ils éprouvaient depuis longtemps conM les commerçants des Pays-Bas, devenus leurs plus dangereirt rivaux. Les Lubeckois saisirent brusquement un grand nombre de navires belges et hollandais, leur interdisant entièrement désormais la navigation de la Baltique. Les céréales furem bientôt hors de prix, comme on l'avait prévu, et des émeutes éclalùrcnt presque simultanément îi Louvain, à Vilvorde etdanl quelques autres localités. Il fallut recourir à des mesures sévères pour calmer les populations. La sortie des blés fut défendue, et la vente n'en fut permise qu'aux marchés francs; on ordonna en outre de faire un relevé des approvisionnements conservés daB8 les greniers des abbayes, des monastères et des marchands.

Les réclamations du gouvernement, qui niait toute participation aux actes du monarque danois, obtinrent enfm justice auprès des Hanséates, qui consentirent à la paix. Christiern H, loin d'être utile à nos compatriotes en cette circonstance, leur

(1) Compte de J. Micault, n* liO, xirch. générales du royaume.

icasionna, par son propre fait, des pertes évaluées à plus de K),(M)0 florins.

Dans l'intervalle, les relations de Charles-Quint avec Wolsey étaient modifiées. La mort de Léon X, survenue en 1S21, avait vive toutes les espérances de Tambitieux ministre, qui comp- It sur l'appui du parti impérial pour obtenir la tiare. L'élec* m d'Adrien d'Utrecht, l'ancien précepteur de Charles, vint ssiper ses illusions. Les Français battus dans le Milanais, aient hors d'état de tenir la campagne, et venaient même ivacuer la ville de Gènes. Wolsey, malgré le ressentiment l'il éprouvait, ne crut pas cependant pouvoir revenir sur les ipulations du traité de Bruges, et un héraut anglais alla porter le déclaration de guerre à François P% au commencement de innée 1523.

L'empereur résolut de profiter de son voyage en Espagne pour Imer l'irritation du cardinal. Il débarqua à Douvres en mai 39, et sa présence eut les plus heureux résultats. Henri entra îc chaleur dans toutes ses vues, tandis que son favori, préy^ant que Tâge avancé et les infirmités d'Adrien ne tarderaient i à produire une autre vacance du saint-siége, s'étudia à rîter les bonnes grâces de sou futur protecteur, par de noulux services.

Charles-Quint se trouvait encore en Angleterre, lorsqu'une te de cent cinquante voiles, rassemblée par ses ordres. Ut du port d'Arnemuiden. Elle portait trois mille lansque- 3, deux mille piétons recrutés dans les Pays-Bas, et un md nombre de canons de divers calibres. Il en donna le comndement, avec le titre de premier amiral, au comte de Surrey, H la nomination lui concilia les sympathies de la nation Slaise. Le comte partit avec lui, le 4 juillet, rallia l'escadre Hande, alla ravager les côtes de Normandie, débarqua en- ^te en Bretagne, et y ruina de fond en comble la ville de ^rlaix. Revenant alors à Calais, il y trouva un corps d'armée seize mille hommes, avec lequel il entra en Picardie, appuyé ^le comte de Buren, qui dirigeait les contingents belges. Celte ornière campagne , brillamment commencée, resta cependant fructueuse , les Français évitant avec soin de livrer bataille leurs ennemis, qu'ils se contentaient de harceler sans relâche.

ensuite ses armes contre Tlle de Rhodes, s'en était r malgré la vaillante défense des chevaliers de Tordi Jean de Jérusalem (3). D'activés négociations s'ouv le Pape et l'Empereur, dans le but, de la part du jeter les bases d'un traité de paix avec le roi de Fri que l'autre cherchait à persuader à son ancien précep ter la politique de Léon X, et de combattre l'influei çois I" en Italie.

Adrien finit par céder. Déjà les Vénitiens, anciei Français, les avaient abandonnés pour se liguer av riaux, et l'exemple du chef de l'Église et de la puii blique fut suivi par les autres États italiens.

François P' possédait une nombreuse armée, tai ennemis n'avaient pas encore complété leurs prép taires. Il voulut les prévenir, prit en personne le ment de ses troupes, et marcha rapidement vers i Son avant-garde était déjà aux portes de Lyon, lorsq verte d'un vaste complot, tramé avec l'Emperei d'Angleterre par le duc de Bourbon, l'obligea de s'î modifier ses plans. Le duc étant parvenu à passi François n'osa s'éloigner au risque de laisser dei guerre civile, et confia la direction de ses forces à 1 nivet. Celui-ci, après avoir effectué heureusement h Tessin, commit la faute de ne pas marcher immédi Milan, qui lui eût ouvert ses portes, et perdit tou cette campagne.

mort du pape Adrien, survenue le 14 septembre 1823, au ent où les Français entraient en Lombardie, dissipa les tères illusions de Wolsey, qui se vit préféré le cardinal de cis, élu avec Tappui de la faction impériale. Le ministre cette fois de se venger de ce nouvel affront, mais la prue lui défendait de rompre brusquement avec l'Empereur, et endit patiemment une occasion de faire partager ses sentis au roi Henri. Les troupes anglaises ayant pour chef le ie Suflfolk, s'avancèrent donc en Picardie, comme il avait onvenu, tandis que les Allemands et les Espagnols menait la Bourgogne et la Guyenne. Les généraux français, atta-

sur leur propre territoire, rachetèrent par leur vaillante uite les revers qu'ils avaient subi en Italie, et repoussèrent )ut leurs agresseurs avec des pertes considérables, commerce belge souffrait de ces commotions politiques. )elligérants, afin d'éviter l'exportation du numéraire en pays mi, entravaient absolument les relations mercantiles, ou 3umettaient à des conditions trop onéreuses pour permettre maintien. C'est ainsi qu'il avait été défendu, sous des peines res, d'importer dans les Pays-Bas des vins et des marchan- \ de France. Les habitants de Cambrai et de quelques autres es de la frontière ayant cherché à éluder ces mesures proives, Marguerite ordonna, par un édit du 23 juillet 1522, la iscation des vins introduits en fraude, et décida que le prodes biens saisis serait désormais partagé entre le dénonur, l'ofTicier opérant la saisie et le souverain. L'exportation îhevaux, branche importante du commerce de la Flandre, iUxembourg et du Hainaut, fut de nouveau interdite de la ière la plus rigoureuse. Il est vrai, d'un autre côté, que les

rapports existants entre Henri VIII et Charles-Quint mt accru nos transactions avec l'Angleterre, le négoce qui isait entre Anvers et ce royaume s'étant élevé à près de e millions d'écus par an. De plus, un acte « de libre comie et de sûreté de voyage » avait été conclu entre les duchés orraine, de Bar et de Luxembourg.

)ur se faire une idée du désordre qui régnait à cette époque > l'administration publique, il suffit d'étudier les règlements, mtradictoires, que ses agents imposaient d'année en année

380 HISTOIRE DU COlfftBIlCS

au commerce. Tantôt on prohibait les grains à la sortie, Imitant la quantité que chacun devait acheter, avec défense iti faire du pain blanc et de la bière à un prix supérieur à cehtf' qui était déterminé par les tarifs; tantôt, pour répondre aot plaintes qui s*é!evaient contre les progrès d'un luxe toujooM^ croissant, on décrétait des lois somptuaires concernant TusaiV de certaines étoffes, dont on restreignait la vente. Cest aiui! qu*il fut ordonné, même aux ducs et aux princes, de ne plusflf; vêtir de draps d'or ou d'argent ; le velours et le satin fut réserrf aux hauts fonctionnaires, et les robes de damas à ceux q>l pouvaient entretenir deux bons chevaux. On augmenta les droiH sur les matières à rentrée, et sur les produits fabriqués i à' sortie; le régime du monopole remplaçait partout celui deit liberté dans Tindustrie, et les manufactures impériales t. royales, flanquées de privilèges, se multipliaient dans le paji Ce régime devait nécessairement aboutir à de fatales consé' quences; aussi est-ce à partir du xv et du xvi* siècle que k paupérisme se développa en Belgique. Charles-Quint sent obligé, à diverses reprises, de recommander à ses ofliciers Af veiller à la répression de la mendicité. Il essaya même d^appli* quer un remède à ce mal, en ordonnant d'enseigner un métiff à tous les enfants pauvres. Pour subvenir aux besoins dei malades nécessiteux ou invalides, il voulut que les tables des indigents, les hôpitaux et les confréries formassent uae bourse commune, et chargea les magistrats de nommer des commissaires avec mission de présider à l'exécution de ce décret.

Malgré toutes les entraves auxquelles le commerce el l'industrie étaient soumis, les pertes que la guerre leur faisait subir, et le poids toujours croissant des taxes publiques, les Pays-Bas continuaient à présenter le tableau d'une grande activité mercantile. Gand employait encore 50,000 ouvriers à 11 fabrication des draps, des serges, dos futaines et d'autres étoHes; Courtrai en avait 6,000, employés à la confection des toiles fines; Ypres possédait encore quelques fabriques de draps; Ostende se livrait à la pêche et à la navigation, tandis qu'on travaillait la soie à Bruges (1), où se faisaient égalemcfli

(i) Dans un compte de 153i, il est question du salin de Bruges, emplie'

apisserîes de haute lisse fort renommées. Cette dernière trie appartenait cependant plus spécialement aux Bruxel- :|ui la portèrent à un haut point de perfection. Les écridu temps nous apprennent que le pape Léon X commanda xelles douze tapis, d*après les cartons de Raphaël, et qu*il lya 50,000 couronnes d'or (1). Le duc de Mantoue fit venir ilie deux ouvriers flamands pour exécuter, sur les dessins les Romain, une tenture représentant des sujets tirés de )ire sainte (2).

Qschot envoyait ses serges et ses soies sur presque tous arches de l'Europe, et en fabriquait environ 100,000 pièces ih. Poperinghe avait une foire où l'on débitait beau-

de draps, faisait du velours, des soies, et tenait des sins de houblon. Cette plante n'était pas encore cultivée igleterre, et y fut importée, vers 1524, de la Flandre et de lis (3).

^rwick était connu, au xvi« siècle, pour ses orgues et ses ns; Menin pour ses nombreuses brasseries et ses chapons

et Bouchout pour ses rafQneries de sel. Termonde livrait immerce un grand nombre de fulaines, et ouvrait tous les jours un marché au lin, privilège qu'elle partageait avec -Nicolas et quelques autres localités. Rupelmonde cultiie la garance, mais ce produit se recueillait surtout dans la ire française.

tannerie florissait à Malines, où l'on voyait aussi des fons de canons et de cloches en bronze. Lierre avait une

un manteau d'Anna Boleyn. Voy. The privy jmrse expenses of King

vni, p. 8Î2. Le satin de Bruges, inférieur aux autres en ce qu'il avait

nent la chaîne en soie et le reste en fli, portait aussi le nom de « satin

d, » Dict. univ de cmimerce au mot « satin. • La soie écarlate et les

18 d'Espagne, dont il est si souvent fait mention dans les comptes de

ôpoque, étaient probablement confectionnés à Bruges. Voy Francisque

1, Sur le commerce de la soie, tome H, p. ÎÎ4.

Certaines espèces de tapis, fort recherchés, portent encore de nos

. en Angleterre, le nom de « Brussels carpets. »

Barlei, Essai sur l'histoire du commerce et de l'industrie, Liège, 1858,

Anderson, de], cit., tome II, p. 45.

grande foire aux bœufs et se livrait à la draperie et à la me^j cerie. Hoegaerden et Léau faisaient commerce de leurs bi et Diest de ses toiles, de ses batistes et de ses linons.

Les exportations du Hainaut à Tétranger étaient encore considérables; ses habitants continuaient cependant à expi les mines de fer et de plomb, les carrières de pierres (1), houillères, et avaient établis quelques verreries.

Les démêlés entre les Pays-Bas, la Hanse et le Dani s'étaient renouvelés au commencement de Tannée 1523. tiern II, détrôné par ses sujets, s*étant embarqué le 14 a' avec toute sa famille, était venu, avec quatorze vaisseaux, cl cher un refuge à la Vère. Mal reçu par Marguerite, sa pi n'en devint pas moins une source d'embarras. Le nouveau de Danemark, Frédéric I" de Holstein, apprenant que les tisans de son compétiteur préparaient un armement en lande, ferma de nouveau le Sund aux Belges et aux Hollan^

Cette mesure atteignait surtout ces derniers, qui y perdi le monopole du commerce du sel, dont il se trouvaient en session. Ils s'en vengèrent aussitôt, et beaucoup de bitimi lubeckois, capturés par des corsaires, furent conduits, soil Anvers, soit dans les ports de la Zélande.

L'année '1524 s'ouvrit par des événements funestes pour h' France, qui perdit toutes les possessions qui lui restaient a Italie. L'Empereur, enivré de ses succès, résolut de poiffsuivre ses avantages, et ordonna à son armée de passer te Alpes et d'attaquer la Provence, promise à Charles de BourboB. Cette entreprise , que le roi d'Angleterre ne voulut poim appuyer, avorta entièrement, et les troupes impériales se vireirt forcées de battre en retraite. François P% désireux de prendre sa revanche, songea à profiter de leur découragement enattiquant à son tour la Lombardie. Il se mit aussitôt en campagne, bien que la saison fût assez avancée, s'empara de Milan, et alla mettre le siège devant Pavie, défendue par six mille soldais sous les ordres d'Antoine de Lève. Le pape, qui ne doutait pta I de la défaite des Impériaux, rompit à dette nouvelle ses engage- ' ments avec Charles-Quint, dont il craignait l'influence.

(1) A Écaussine et à Âvesnes le Sec.

Les conquêtes de François P' n'étaient cependant rien moins fassorées. Les généraux de l'empereur, Charles de Lannoy, le ic de Bourbon et Pescaire, apprenant que le roi avait envoyé I corps de six mille hommes vers Naples, et se trouvait montanément affaibli, s'avancèrent à marche forcée sur Pavie. M plus expérimentés d'entre les officiers français engageaient av maître à opérer sa retraite, mais celui-ci s'y refusa, pré- Innt courir les risques d'une bataille. Cette résolution devait ^itra funeste. En effet, le 24 février 1523, il était attaqué et tel par ses adversaires, devenait leur prisonnier, et rendait épée à un gentilhomme belge, Charles de Lannoy.

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