‹ Histoire du commerce et de la navigation à Bordeaux, principalement sous l'administration anglaise (volume 3)Chapitre 69 sur 141 · Tome I, p · texte numérisé non relu

Tome I, p

Dans le garde-note des Archives départementales de la Gironde, on trouve à chaque pas des actes relatifs au commerce des cuirs à Bordeaux. Le 23 août 1552, Douzeau enregistre la vente à un cordonnier, par Christophe des Prés, demeurant à Niort, de veau tanné, pour le prix de 45 livres tournois; et le 25 octobre suivant, le reçu de Bernard Cycard, corroyeur d'Agen, de partie d'une somme de 725 livres tournois, due, pour deux cents douzaines de peaux de mouton, par Roger Sadler, marchand de Londres, demeurant alors à Bordeaux. Ce commerce de peaux entre cette ville et l'Angleterre est

confirmé par une charte-partie, dressée par le même notaire, le 17 avril 1557 : 1l s’agit du chargement sur le Robert, de Grimsby, pour Jean Ducasse, marchand et bourgeois de Bordeaux, au nom de William Meuc, marchand et bourgeois de Londres, de cinq barriques vinetières, pleines de peaux de maroquin, « dont n’y a à chescune barrique que douze douzaines de peaux de marroquin. » Citons encore les minutes de Denhors : on y rencontre, à la date du 11 septembre 1561, un acte de vente de soixante-six douzaines et neuf peaux de vedelins de Poitou, par Antoine Masse, marchand de Toulouse, à Jean Cleyrac, marchand de Bordeaux. (Liasse 184-2, folio vij‘l verso.) — Nous n'avons rien dit des cuirs que le Périgord envoyait à Bordeaux : nous avons une trace de ces sortes d’expéditions dans un acte de Couthures, en date du 22 décembre 1665, mentionnant une saisie de dix cottes de cuirs sur un batelier de Bergerac. — Il ne faut pas oublier que notre ville possédait autrefois de nombreuses tanneries, situées non-seulement sur les fossés qui en ont retenu le nom, mais en d’autres endroits. Par acte du 25 mars 1525, Bernard Dubourdieu, de la paroisse Saint-Custau de Lenyac, s'engage à fournir à Pierre Caryntau, marchand tanneur, de la paroisse Saint-Éloi, dix cas de tan, au prix de 35 sous le cas, rendu, aux frais du vendeur, sur le port de Langon. (Minutes de Brunet, liasse 67-4. Cf. 16 mai 1525.) Dans d’autres documents, il est fait mention d’une « adouberie sur l'estey du Peaulgue, » vers la rue des Palanques (Gendrault, 26 octobre 1543), et d’un établissement semblable situé « au Palais Galiane, au lieu appelé à Font d'Audège, » non loin de la vigne désignée sous le nom

de Plantey de Naujac, retenu en partie par la rue qui l'a remplacée. (Douzeau, 11 avril 1559. Cf. 18 mai. — Denhors, 9 mai 1561; liasse 184-2, folio Ciüj° xiii verso.) — En 1713, le sieur Jacob Albert, dont le nom a déjà passé sous nos yeux, demandait l'admission de diverses marchandises qu'il avait fait venir d'Angleterre à Bordeaux, notamment de soixante-seize cottes de cuirs forts et de trente-quatre cuirs tannés, tous articles prohibés : sa requête fut couronnée de succès. (Registre du Conseil de commerce F. 12. 58, folio 58 recto ; séance du 30 août 1713.) Plus tard, des négociants de Bordeaux ayant demandé de pouvoir faire passer à l'étranger les cuirs tannés qu'ils tiraient des îles françaises de l'Amérique, avec la même exemption de droits qui leur avait été accordée par les lettres patentes de 1717 sur les sucres terrés, les indigos, etc., essuyèrent un refus. (Registre F. 12. 88, p. 61-66; délibération du 2 mars 1741.)

Page 1