‹ Histoire du commerce et de la navigation à Bordeaux, principalement sous l'administration anglaise (volume 4)Chapitre 10 sur 49 · MUSCADE · texte numérisé non relu

MUSCADE

De même il n'y avait que la Hollande qui fournit Bordeaux de muscade, Cette ville en recevait deux tonneaux et dem, du poids de 560 livres le tonneau, en tout 14 quintaux, à 8 livres la livre pesant, année commune, le tout montant à 11,200 livres.

ÉTAIX DE SAN,

Cet étain, le plus estimé et le plus fin qu'il y eût, venait de Mulack, d'où il était transporté à Siam, lieu

A Reg. À de la Chambre de commerce dé Guienne, p. 4; séance du 25 déeonbre 1712 Gf. p. 439, 20 décembre; p. 427, 5 janvier 1713; ct p, 451, 452, 3 Gvrier de la même année,

de privilège pour trente autres années : msi né l'obint q Sen rapporter au projet d'arrèt consigné dans le registre à la date du 12 novembre 1738. — Fort de son droft, il

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. #1 taire d'une manufacture de faïence à Rouen, s'explique clairement à cet éganl dans une demande d'autorisation pour faire venir d'Angleterre douze milliers de plomb et six milliers d'élain, « attendu, dit-elle, que ces métaux, dont l'entrée est permise quand on les tire de Hollande, ne sont pas d'aussi bonne qualité, pour l'usage qu'elle en veut faire, que ceux qu'on fait venir d'Angleterre»

Un arrêt du Conseil, en date du 12 avril 1723, avait réglé l'entrée dans le royaume des étains de Siam, provenant du commerce de la compagnie hollandaise des Indes orientales. Ils devaient être accompagnés d'un certificat des directeurs, dûment légalisé et estampillé, sous peine d'être réputés plombs d'Angleterre, et, comme tels, confisqués, sans préjudice de l'amende infligée aux importateurs, conformément à l'art du Conseil, du 6 septembre 1701, portant règlement sur l'entrée des marchandises « du cru et fabrique d'Angleterre, Écosse, Irlande et pays en dépendans. » Un négociant de Bordeaux ayant négligé ces prescriptions pour soixante 1héières qu'il avait tirées de Hollande, les vit saisir par Je directeur du bureau des fermes, et n'en obtint la resfitution qu'à la condition de les renvoyer à l'étranger *.

CUVRE EX NOSETTE.

Ce cuivre, qui est de couleur brune, provenait des mines de Suède; et comme Hambourg faisait la plus

Aegistre du Conseil de commerce F. 12. 73, p. 470; séance du 42 juitlet 1720.

2 Reg. F: À2. K3: séance du 20 septembre 1738

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. 23 de Stockholm, pour le compte des sieurs Nairac, Tistas el Luneman, sous prétexte que ce sulfate venait d'Angleterré et non de Suède : il fut exposé au Conseil que le premier de ces deux pays n'avait que de la couperose verte, parce qu'il ne possédait que des mines de fer, et qu'au contraire la Suède, riche en mines de fer et de cuivre, produisait de la couperose de toutes les couleurs; que, d'après le témoignage du sieur Jude, appréciateur depuis vingt-cinq ans au bureau des fermes de Bordeaux, la question s'était plusieurs fois présentée sur la qualité de la couperose venue dans des navires suédois et da nois; bref, qu'en 1707 on en avait saisi une forte partie appartenant à divers négociants de Bordeaux, qui avaient plus tard obtenu mainlevée de cette saisie! Comme le cuivre, la couperose nous venait de Hambourg. En 1711, un sieur Brunaud, négociant de notre ville, demandait un passeport pour faire venir de Hambourg une forte partie de ce sulfate; on ne dit pas si ce devait être du vert, du blanc ou du bleu?. Il convient de citer aussi un arrivage de couperose d'Amsterdam, d'autant plus qu'il donna lieu à un débat sur la quotité des droits d'entrée imposés sur cet article *.

PEINTURE NOUGE DE SUÉDE,

À la couperose se rattache la « peinture rouge de fabrique de Suède, » à l'introduction de laquelle les com-

2 Registre du Conseil de commerce F. 12, 55, folio 551 verso; séance du MasoûtATUS. Of. folio 550 verso, 27 juillet; et registre À de la Chambre de * commerce, 5 juillet de la même année, 2 Roge #, 12, 355, follo 590 recto; 11 décembre 1741, 2 Rogistre À do ln Chambre de commerce, p. 473, séance du 20 août 1713, Cf p. 475, 34 woût Hi. W

d'Angleterre, C'est ce qui à été fait par un arrêt du 3 mars 4722, di

six articles, » Savary, Dicé, univ, de commerce, 1. WI, p, 216, col. à, art. ? Dans un acte de Douzeau, du 44 avril 4521, portant vente par un ms

de Bordeaux, Nicolas des Landes, de 4,500 quintsux de

Morra, écêque de Condom, on voit ce métal évatué 32 sous 6 di

Je quintal,

des Pays-Bas ! el des Pyrénées *, Quelques années auparavant, un gros marchand écossais, établi à Rouen, adressait au contrôleur général une demande de passeports pour faire venir des navires d'Écosse avec vingt milliers de plomb dans chaoun, et d'autres marchandises permises, et pour exporter les vins, alors très-abondants en Guienne. Renvoyée au Conseil de commerce, cette requête donna lieu à une discussion dont nous n'extrairons que ce qui a rapport à notre sujet. I y fut dit que

ne pouvait fournir, au plus, que trois cent soixante milliers de plomb de son cru par an; que ce royaume voulant toujours entretenir de bonnes relations avec la France, on avait laissé venir vingt navires chargés de plomb et d'autres marchandises, et que vingt passeports avaient été déja délivrés à cet effet, ce qui avait dû épuiser les trois cent soixante milliers du produit des mines d'Écosse. Le compte rendu de ln séance ne dit pas dans quelle proportion Bordeaux avait reçu de ce

LOn sait ouvert, durant Je xvr siècle, plusieurs mines de plomb et de fer dans la provineo de Limbourg. Beuin, qui écrivait vers 1375, dit que les habi- Kants en retiraient de véritables richesses: « Multis etiam plumbi ac ferri fodinis Prestans cultores opum afluentia nohiles reddit. » Voyez aussi Gabriel Buce- Un, Germania topo-chrono-stemmalo-graphia (Augustæ Vindelicorum, M. pc. LV. in-#), p. 15, col. 2; M.S. P, Ernst, Histoire du Limbourg, éte., publ, par Lu valleye (Libge, 1857-52, grand in-8), L 1, p, 8T; el Van Brayssel, Histoire du commerce éA de là navigation en Belgique, LU, p, 102

2 Dans les mis de Couthures, IL est fat mention, à la daté du St mars 1007, d'une suisie de sofxante-trois barils de mine de plomb trouvés dans les bateaux de quatre mariniers du Mas de Verdun ét d'Agen, el appartenant h un marchand de la Rochelle, « pour avoir passé debout pendant la foire et déchargé devant le port et havre de Bourdeaux, »

Dans le mouvement du port de Bordeaux en 4706, 1707 et 1708, tel que nous le donne le Mercure galant (novembre 4706, p. 76; décembre, p, 62). les navires écossais montés à Bluyé, en octobre 1706, figurent au nombre de deux, #ble mois suivant, on on voit quatre se croisant avec deux auires bâtiments

du mème pays, à la descente. Pour les années 1707 et 1708, reenoil, cahiers d'août 1707, p. 36, de seplembre, p. 40, 50, 132, eu * Registre du Conseil de commerce F, 42, 55, folio 33 verso.

+ Hbid., folie O4 recto ; séance du 19 novembre 4706: < 3 Jhid., folios F2S reelo et DS verso. CI. folie J28 verso, —

47 avril 1706), 1 est fait mention de cent quarante-trois sau

25 muni 1708, Of. folios 287 verso et 200 reclo; 14 ct 18 mai,

ET DE LA NAVIGATION A BORDEAUX. Erri

signataire d'une dame de Saint-Sébastien, demandait à vendre eu France, sinon à renvoyer en Espagne",

Le 5 février 1713, le Conseil donna un ordre concernant l'éntrée du plomb et autres marchandises anglaises; mais peu d'années après il fut révoqué; du moins, dans sa séance du 2 juillet 1718, la Chambre de commerce de Guienne recevait l'avis que cet ordre ne serait plus exécuté à l'avenir, à partir du 19 avril suivant ?. La levée de cette prohibition dut donner l'idée d'établir à Bordeaux une manufacture de plomb laminé, 11 est de fait que, vers 1720, un certain Jean Chastannet, de cette ville, présentait requête afin qu'il lui fût accordé un privilége exclusif dans la province pour une fabrique de ce genre. Nous n'avons plus qu'à ajouter que les députés du commerce se montrèrent favorables à la demande %.

ML DE LAITOX,

Le fil de laiton se fabriquait en Suède, d'où il passait à Hambourg, et de là à Bordeaux. Cette ville en recevait ordinairement 250 quintaux, que l'on revendait 135 livres le quintal, année commune, ce qui représentait une somme de 33,750 livres. Le prix de revient n'était que de 128 livres 14 sous,

VERDLANC,

« Le fer-blane, dit l’auteur du Mémoire de 1730, se fabrique en Allemagne et à Dantzick; mais celui qui se

ERegisire du Conseil de commerce F. 12. 35, folio 224 verso; séance du 2 novembre 1740.

2 Registre B de la Chambre de commerce

ARogistre du Conseil de commerce F. 12.7,

68 recto.

A6; séance du VO jy. 1732,

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. 2m

lres dans un factum publié pendant le cours d'un procès engagé, en 1715, entre trois négociants de Lubeck et un marchand de Bordeaux, Jean Chaperon, pour des fers et de la cire jaune expédiés dans celte ville‘. Dans un faetum précédent, du même recueil, le litige roule sur cinquante-huit balles de cire, du prix de 10,000 Livres, achetées à Bayonne par un magistrat, messire Jean Loret, conseiller du roi, garde des sceaux en la chancellerie près la cour, et lieutenant général de la Tuble de marbre du Palais, qui plaidait contre Étienne Denis, marchand et bourgeois de Bordeaux.

COCMENIELE.

La cochenille venait à Bordeaux, des Indes espagnoles, par Cadix, en une quantité évaluée à vingt surons, pesant environ 2 quintaux chacun, poids d'Espagne, ce qui fait 4,000 livres. Pour la différence, qui était de 7 pour 100, entre ee poids et celui de Bordeaux, ôtez 280, reste net 3,720, à 25 livres tournois la livre, année commune, cé qui fait 93,000 livres. À Bordeaux, la cochenille se vendait 22 livres.

MOILK D'OLIVE.

Bordeaux recevait ordinairement 15,000 quintaux de cette dennée, à 34 livres le quintal, année commune, ce qui fait 510,000 livres, Les deux Liers de cette quantité renaient de Séville, par Cadix, et le reste de Marseille et du Languedoc. L'huile d'Espagne était plus estimée

# Récuoli de fetums (HDI. de la ville de Bordeaux, Jurispr., ne 3076), L IV vièee ne #5.

Au xvné siècle, il se cha

l'on avait établi quelques manufa peu de ce côté-à, ce dernier de Provence.

À ces détails, l'auteur du Mémoire

pipes estany de buy d'oly, » ete. (Rolle des bateule où debant la rubyere de Grarone € par debant c 21 et 24 octobre 1605, folios 24 verso et 27 roelo.)

commerce, p. 349 et 330, séances des 7 ét 14 janvier 4712. Par tions de la compaguie au sujet des exactions des fermiers

2% recto, 31 verso, 32 recto, 45 recto, 46 recto, ete.

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. 2M « Ce ne sont jamais les Marseillois qui envoyent à Bordeaux leur savon; ce sont les négocians de cetle ville qui le font venir pour leur compte. » Ils en avaient fait un arlicle d'exportation pour la Hollande, et le recevaient souvent par là, surtout quand ce savon n'y trouxail pas marchand?. En 1706, un négociant bordelais, nommé Chuumeton, demandait un passeport pour faire venir mille caisses de savon de Marseille et les envoyer ensuite dans les Pays-Bas, avec exemption de droits du bureau d'Agde et de ceux de Bordeaux, et un autre passeport pour recevoir en franchise lrois cents barriques d'huile venant du Languedoc 5.

Plus tard, à ce qu'il paraît, on établit des fabriques de sayon plus rapprochées de Bordeaux, et mème dans celte ville#. On avait demandé qu'elles chômassent pen-

“Les PayeHs esportaient des savons jusqu'en Écosse, Un Anglais avait monté une ssvannerle à Lelth et obtenu un privilége pour la vente exclusive de ses produits: nisis on se vit bientôt obligé de revenir sur ce monopole. Le savon de Leïth était do mauvaise qualité, et les habitants des comtés éloignés trouvaient plus d'avantage k recevoir leurs marchandises de Hollande. La ville de Campver y devint le centre de celte fabrication. Voyez R Chambers, Do mestic Annals of Scotland, vol. 1, p. 611; et Van Hruyssel, Histoire du commérce et dé ln navigation en Belgique, 1. WA, p. 101.

* Reg. B de la Chambre de commerce, falios 132 verso, 137 recto, 158 recto; séances des 24 avril, 3 et 19 juin 4721,

# Registre du Consell de eommerce F. 42. 51, folio 455 recto; séance du 4 août (708, CC folio 435 recto; et reg F. 42. 5, folios 6% recto, 67 verso, — Plus loin (F, 12, 86, p. 72: séance du 26 fevr, 1705). il est (ail mention d'une contestation entre le sieur Desclaux, négociant à Bordeaux, et les fermiers génévux, au sujet de la restitution des droits qu'on lui avait fait payer au bu eau d'Agde sur soixante caisses de savon et une caisse de saucissons qu'il avait fait venir de Marseille pour les colonies.

2 Voyez registre G, folios 10 recto (19 décembre 1726), 44 verso et 16 reclo {20188 janvier 1727). Plus loin, folios 27 recto l 29 verso (18, 54 juillet et 7 août), il est question d'un Mémoire dn sieur Pele, chef de la fabrique des sasons blanes et marbrés de lrordeaux, au sujet de cotte industrie et pour em-

On seu set on Afrique, on san sert on Ale > Elle a passé dans l'ai, Hu Heltande et ete les Anglois, Où lou Ta trouve foet oil:

jound'hui si répandu en France, ne l'était pas encore beaucoup, à en juger par la quantité mentionnée dans le Mémoire de la Chambre de commerce de Guienne. Bordeaux faisait acheter à Nantes, de la Compagnie * des Indes, tous les ans, environ deux eents balles de café, pesant 250 livres, à 50 sous la livre, e qui donne la somme de 125,000 livres tournois. Les balles, étant à 250 Livres chacune, font 50,000 livres tournois, En 1780, le café se vendait 48 sous, et des marchands, stationnaires où ambulants, en débitaient à la tasse depuis plus de quarante ans *.

es Arméniens qui sont dans cotio vie L'apportent ancre aux François.

8 vertu n'a puit de pareille, ‘Tout le monde s'en aperçoit, Et surtout pour La fonnno elle opère merseille, Quid est Le mary qui a Doit, La Muse Dauphine adressée à monscigneur le Danyihin, par le sieur de Subdiguy. À Paris, M D LAXII., lt=Hà, p: SH ; sxvHI* semaine, du joudl décembre 1000. Dans la Helation de l'audience donnée par le sieur de Lyonne à Soliman Muatu-Faroge, envoyé au roy par l'empereur des Tures, le mardi 19 novemdre 1669, à Suresnes, on servit du egvé : ce mot est répété dans li Gazette d'alors pour désigner le café, qui était encore peu répandu en France, — Voyez encore Je P. Labat, Nouveau Voyage aux lsles de l'Amérique, VI, pe 41-44; et surtout Le Grand d'Aussy, Histoire de la vie privée des Fran coïs, 1. UM, p. 139. — On a fréquemment répété que Mwe de Sévigné avait écrit que Racine passerait comme le café, et M. G.-J, Jearnel est parii de ln pour aflirmer que « la marquise de Sèvigné a peu goûté Racine. » (La Morale de Molière, ote, Paris, 1867, in&, p. 2G) La vérité est que nonseulement le propos n'a pas éLé tenu, mais encore que Voltaire, sur la fi duquel Laharpe, l'abhè de Vauxcelles et Suard, ont débité celte fable, n'en est pas l'auteur, Voyez la Notice sur Mwe de Sévigné, par M. de Saïnt-Surin, en tête des lettres décelte dame, dans l'édition de Blaise, 4848, In-12, L, 1, p. 152; el surtout L'Esprildans l'histoire, ete. par Édouard Fournier, 3e édit, Paris, 197, 1n-1#, PS, 2 Par ovdonrance ex date du 30 août 1687, les jurats avaient fait inhibitions a défenses à tous Jes vendeurs de cafè do vendre après onze heures du soir, en toute saison, (Conténwation de ta Chronique bourdeloise, ele. p. 121.)

! Reg. , folios 2 verso el $ recto (21 aoû et 10 64 rocto (12 et 19 mai 1720).

# Liasse 48.10, folio 540 recto. , 2 Registre À de la Chambre de commerce, p, 443, 191

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