Histoire du commerce et de la navigation a Bordeaux, principalement sous l'administration anglaise
Changeui's à Bordeaux pcndanl los xiir et xiv° siècles; ils unissent le commerce des denrées à celui de l'argent. — Conditions imposées aux concessionnaires des charges dccliangcurs ; instruction envoyée, » leur sujet, au connétable de Bordeaux. — Change établi dans une tour intérieure du chàlcau ; des changeurs de Bordeaux sont arrêtés, conduits à la Héolo, incarcérés et mis à rançon. — Juridiction du maire et des jurats sur les changeurs ; droit de nomination à une ou deux charges par la couromie. — Importance de l'emploi, attestée par celle des cautions exigées pour la nomination d'un changeur ;i Bordeaux. — Confirmation par lienry IV, roi d'Angleterre, du privilège de la ville relatif aux changeurs. — Représentations adressées par le maire et les jurats de Bayonne à Henry VI, concernant la rareté des espèces anglo-françaises sur les marchés de la Guiennc. — Batteurs de monnaie, ouvriers de la monnaie de Bordeaux au XVl° siècle. — Banquiers italiens à Bordeaux à cette époque ; association entre Roberto de Rossi, Parentes, Bodini et Grilandari; établissement et chute de cette société ; Pietro Touailla lui succède. — Principales opérations des banquiers italiens do Bordeaux ; Jean Guyot et Albert Morinat, banquiers et couuuis de Pietro Touailla ; ce dernier négocie seul en nom, notamment pour deux ecclésiastiques do la famille de Montalembert ; Pietro Touailla institue Catherine de Médicis sa légataire universelle ; motif probable de cette disposition. — Importance de la fortune et des affaires de cet étranger. — Franccsco Touailla. — Bastiano Segni ; Malteo, lacopo Cerretani ; détails sur leur vie et leurs affaires. — Joannis Sahi, « serviteur d'AsoIin Saratany ; « Giovanni Salvi et ses affaires. — Piclro de Luliano. — Banquiers et négociants luc(iuois à Bordeaux ; autres Italiens dans le commerce ; importance des alfaires de ces étrangers. — Robert le Maistre, banquier à Bordeaux.
Après les détails que nous avons donnés sur les principaux articles qui alimentaient le commerce de Bordeaux, on doit s'attendre à trouver des renseignements 11. ' I
sur les banquiers qui lui apportaient le concours de leurs capitaux et de leurs relations; mais on ne voit point apparaître de commerçants de cette sorte, au moins sous ce nom de banquiers, antérieurement au xv!*^ siècle. Le maniement de l'argent appartenait exclusivement aux changeurs, officiers publics chargés d'entretenir le travail des ateliers royaux du monnayage et de faciliter les transactions commerciales, qui eussent été impraticables sans eux avec la multiplicité de monnaies alors en circulation .
En 1228, Henry III avait ordonné de frapper sa monnaie de Bordeaux au titre et au poids de Tours' : quatre ans après il signalait des changes en contravention^; mais rien n'indique que cet ordre, adressé à tous les baillis royaux en Angleterre, se soit étendu jusqu'à la Guienne.
Sous Edward ¥\ nous trouvons un changeur de Bordeaux nommé dans un mandat de payement, ordonnancé à son profit, pour cinq barriques de vin fournies au bouteiller du roi^; mais ce changeur, Pierre de Bordeaux, de Sainte-Livrade, se montre ensuite comme porteur d'argent dans une reconnaissance de 347 livres 1 1 deniers, incluse dans un ordre de Henry III au connétable de compter cette somme à Pierre de Bordeaux, cette fois qualifié de marchand, sur le montant de la coutume qu'il aurait à payer pour ses vins'^. Son commerce, en ce genre, devait être plus considérable que
'. Rot. un. pat., 12 l'on. 111, m. 2. Cf. lludiiig, Armais of Ihe Cohiaf/e, olc, vol. I, p. 185.
- Rot. Ult. pat., IG Hcn. III, m. ± f Nouv. Rym., vol. I, p. 207.) "' /{(./. Va.tc, 11 Eil. I, m. i. ' Ilml.. 12 Eil. I, m. 2.
i:t de la navigation a borokaix. a
son change, si ce Pierre de Bordeaux est le même que le marchand gascon qui se trouve nommé, avec deux autres, dans une plainte adressée au trésorier d'Angleterre pour réclamer le payement d'une somme de 400 marcs sterling, prix d'une fourniture de vins pour la maison du roi, et cela sans être forcé de remettre, avant solde de tout compte, la taille qui constituait le titre des pétitionnaires ' .
En 1348, les Rôles gascons nous fournissent le nom d'un changeur bordelais, Raymond Den-, et quinze ans plus tard nous y retrouvons la nomination de quatre autres, Jean de la Yale, Jean Rogey, Arnauld Lapy et Arnald de Yyos le Jeune. Ces changeurs étaient institués pour quinze ans, avec faculté de remplir leur charge en personne ou par des substituts capables, dont ils répondaient. La totalité de l'or et de l'argent achetés par eux devait être monnayée au lieu de leur résidence. Enfin le connétable de Bordeaux avait l'ordre de recevoir leur serment avant leur entrée en fonctions^. Mieux traité que les quatre financiers qui viennent d'être nonnnés, Jean Carrère, de Bordeaux, obtenait, en 1384, la licence d'exercer, sa vie durant, l'office de changeur dans cette ville par lui ou un fondé de pouvoir'*. Une autre concession, faite en 1399 par Henry IV à deux de ses valets, d'une échoppe basse
' .Miscellanca ol' llio Queon's nciiiembranccr. Foreiiin Mcn liants, Ed. I et II, 590. (Augmentation Ollice.) — Voyez, sur les tailles et sur leur uiagc dans l'Échiquier d'Angleterre, l'Histoire de cet établissement par Madox, eh. \xiit, S xxviii, p. 709-711.
2 Rot. Vase, 22 Ed. III, m. 23.
'•' Ihid., G Rie. Il, m. 17. — RuJing, Annah of the Cohiar/e, etc., vol. II. p. 2oô, 2:ii.
' IM. Vff.sY., Hliif. Il, m. i.
4 IIISTOinC DU COMMERCE
dans une tour intérieure du château de Bordeaux \ éta- ])]it une analogie entre le change de cette ville et celui de Londres, également situé au siège du pouvoir royal ^.
Cette échoppe était auparavant occupée par un changeur; mais la frayeur s'était emparée de ceux de Bordeaux depuis ce qui leur était arrivé. Pris d'un coup de fdet, la plupart avaient été conduits prisonniers à la Réole et mis au fond de la tour, où l'un d'eux, nommé Elye Descombes, était mort, et ils ne furent élargis qu'au moyen d'une rançon de 2,000 marcs. C'était le sénéchal de Guienne qui les traitait ainsi par ordre du roi. Le maire et les jurats demandèrent justice à cet égard, et le sénéchal promit de porter leur réclamation au pied du trône, ou, s'il ne pouvait rien obtenir de ce côté-là, de leur rendre justice lui-même^.
Maire et jurats avaient autorité sur les changeurs, avec pouvoir de les nommer et de les révoquer pour le bien public. Ils avaient été dépouillés de ce privilège; mais à l'avènement du duc de Lancastre, duc de Guienne, les trois États de la province lui ayant demandé de la pourvoir suffisamment de changeurs, ce prince, accueillant cette requête, rétablit la jurade dans ses droits, se réservant seulement d'instituer un ou deux changeurs"*.
Stephen Spouret fut nommé le 28 mars 1401. On peut juger de l'importance de l'emploi par ces deux faits
' /.'(//. Vase, 1 lion. IV, m. 25.
- C'ost-a-diie dans la Tour de Londres, où se trouve encore la monnaie. Voy. Trinitij. Communia, 12 Ed. Il, rot. 50 in dorso. Cf. Madox, eh. x, p. 271, note 7; cl), xxn, p. GOi, 605, et cli. xxin, p. (iTS, note (jfj.
■' Le Livre des Bouillons, n"'85. Ko; lolins .Ixxiv. recto, .Ixxv. verso, .Ixxvi. recto.
' Ihiil.. w 127) lolii) .(]. x.j. K'cto et veisi».
ET DE LA NAVIGATION A BORDEAUX. o
que le nouveau changeur était écuyer en même temps que marchand et bourgeois de Bordeaux, et qu'il ne fallut pas moins que la caution de deux grands seigneurs gascons, Guilhem-Amanieu, sire de Lesparre et de Rauzan, et de Pons de Castillon, sire du même lieu, pour cette nomination ^
Vers le même temps, Henry IV, accueillant la requête du gouverneur, des jurais et du conseil de la cité de Bordeaux, confirma la concession du duc de Lancastre mentionnée plus haut '^, et le corps de ville continua à nommer aux offices de changeurs qui lui avaient été attribués par le duc de Guienne.
Le besoin de ces auxiliaires du commerce ne se fit jamais mieux sentir à Bordeaux qu'en 1431: Cette année, le maire, les bourgeois et la municipalité de la cité de Bayonne adressaient au roi des représentations concernant la rareté des espèces anglo-françaises sur le marché, occasionnée par la guerre qui empêchait l'argent d'arriver jusqu'à la monnaie de Bordeaux pour y être converti en numéraire. Par suite de cette disette, les espèces des autres royaumes, tels que la Castille, le Portugal, r Aragon et la Navarre, sans parler de divers autres pays, avaient cours à Bordeaux, au grand dommage du trésor royal. Les Bayonnais sollicitaient un remède à la situation ^ : nous ne savons lequel fut apporté, et s'il affecta en rien l'industrie des changeurs.
i Rot. Vase, -2 Hen. IV, m. 18. — Ruding, Annals of tlie Cohmje, clc, vol. II, p. 254.
2 Rot. Vase, 2 Hen. IV, m. 20. — Le Livre des Bouillons, n»^ 103 et 107, folios .Ixxxiij. recto et .Ixxxiv. recto.
" Uot. Vdsc, 10 Hen. VF. m. 10; apiirt Rynier. vol. X. i». in8. Cf. Ducarel.
(i HISTOIRE DU COMMERCE
Avant d'abandonner les changeurs, nous voudrions pouvoir dire ce qu'au xvi*" siècle, on entendait à Bordeaux par « batteur de monnoye » et par « ouvrier de la monnoye de ladite ville, » deux professions qui s'alliaient parfaitement avec celle de commerçant. Dans deux actes passés le même jour, et dans d'autres d'une date postérieure, des individus qualifiés ainsi reçoivent en même temps le titre de bourgeois et marchand de Bordeaux*, et il semble résulter de ces actes que ces ouvriers, ainsi que s'intitule l'un d'eux, étaient plus riches que ne le sont d'ordinaire ceux qui, de nos jours, travaillent dans les hôtels des monnaies.
Tout porte à croire que l'industrie des changeurs comprenait alors ce que nous entendons aujourd'hui par banque; mais nous ne voyons, à Bordeaux, de banquiers proprement dits qu'à partir du milieu du xvi^ siècle, et c'étaient des Italiens. Venus dans le royaume à la suite de Catherine de Médicis et sûrs de sa protection, ces
Postscriiit, \}. 18, et Ruding, Aniials ofllie Coinage, atr., vol. I, p. 271. — Dans le grand recueil des Ordonnances, l. XVill, p. 522, 525, on trouve l'énuniération des monnaies anglaises qui circulaient en 1479; et sur la couverture, ou plutôt sur le prcmi-er feuillet d'un registre du notaire Audouyn, un tableau indicatif des monnaies ayant cours, a Bordeaux, en V6i9. Pour le siècle suivant, le l'Cgislre d'un autre notaire présente, dans un envoi de fonds au diiecteur du convoi a Paris, une énumération de monnaies. iCouthures, IGao, folio 7.)
' Minutes de Douzeau, 25 avril 1552, l^"- juin et G mars 1557. — Dans un autre acte du 25 mars 1558, Jean Faure, « bapteur de monnoye, demeurant à *Vàureys (Baurech?), Entre-deux-Mers, » prisonnier pour dette, promet ;i Jean Rousseau, marchand et bourgeois de Bordeaux, garde et geôlier des prisons de (Juienne, de se rendre et représenter dans ces prisons a toute réquisition. — Plus loin, sous le 8 avril et le G juin 1561, on rencontre Arnauld Lon, bourgeois, batteur de monnaie de Bordeaux. Parade du Ifi juin, Bernard du Casse, laboureur de la paroisse de Cantenac, vend a ce Lory deux tonneaux de vin « daret» de Tannée « et du crcu qu'il y culhe en ses vignes, » moyennant 21 IVaucs le tonneau.
étrangers s'étaient établis à Paris, puis dans les principales villes de commerce de la France, et y avaient inspiré, comme leurs prédécesseurs, une violente jalousie '. Les plaintes auxquelles ils donnèrent lieu forcèrent l'autorité à mettre des entraves à leur établissement dans la capitale ; mais il ne s'en développa pas moins avec rapidité. Ils payèrent la pension de 15,000 écus sol qu'on exigeait d'eux au préalable, d'après l'ordonnance de Saint-Germain-en-Laye de 1561, et, ainsi autorisés, ils se mirent en mesure de se récupérer par fractions sur ceux qui voulaient bien se faire leurs clients. Pendant la régence de Marie de Médicis, le nombre des banques italiennes augmenta encore à Paris ^. Toutes les grosses affaires de France étaient aux mains de ces hommes d'argent, « sortis du lin fond de la Lombardie"\ »
Dès le commencement de l'année 1546, « honorables missere Robert de Rossy, banquier, demeurant à Paris, Phelippes Parantes, son fdz, missere Anthoni Dodini et Jean-Baptiste Grilandari, » s'étaient associés pour faire la banque à Bordeaux; mais la société ne tarda point à être dissoute par la mort du premier et la fuite du
' Voyez Discours de la l'injtedes imposteurs ilaliens et dez regrets qu'ilz font de quicter la France, etc. (Paris, 1589, in-B"), réimprimé par M. Ed. Fournier dans ses Variétés historiques et littéraires, t. VII, p. 201-270. — Ainsi que le fait observer M. Pardessus, « la France fut un des pays de l'Europe où les [marchands] Italiens s'établirent le plus promptement ; et même avant d'y avoir fait des établissements fixes, ils en fréquentaient dès longtemps les foires. {Collection des lois maritimes, introd., t. II, p. 64.) Voyez sur l'antipathie qu'inspiraient les Italiens a nos ancêtres au xiiie siècle, une note de notre édition de V Histoire de la guerre de Navarre, par Guillaume Anelier, p. 484-486.
- Voy. les Caquets de Vaccouchée, édit. du même, p. 40, en note.
■5 Variétés historiques et littéraires, t. III, p. 174. Cf. t. VI, p. 279, 280, eu note, et t. VU, p. 237, 208, en note.
8 histjoire du commehce
dernier, laissant la place à un autre Florentin, Pietro Touailla*. La seule opération que nous connaissions de la première de ces deux maisons, est un chargement de soixante tonneaux de vin adressés à Bartolomeo Epaigni, Carlo Rimicini et C'% de Londres^, à moins que Ton ne rattache aux banquiers de Bordeaux le « Phelippes Parentes, marchand, demeurant à Saintes, » nommé dans dans un acte du 17 août 1548, avec Alexandre, son fils, qualifié (ïàcwjer par Douzeau, dans un autre acte du 13 mars 1547 ^
Le plus ancien banquier italien que nous rencontrions ensuite à Bordeaux est, comme on l'a vu, Pietro Touailla, qui figure dans les minutes de Douzeau, à la date du 6 juin 1521, pour fourniture de barriques et argent prêté. Il reparaît encore comme banquier du commerce, le 29 avril 1525, dans la police d'assurance d'un navire chargé de vin pour Bilbao par Antoine Loppes de Villeneuve, son associé dans une expédition de pastel pour Londres (11 janvier 1525); mais les banquiers italiens plaçaient au premier rang de leurs affaires les négociations avec la cour de Rome pour les bénéfices, sans prendre pour cela un titre en usage dans le siècle suivant^. Par acte passé par-devant Douzeau, le 9 août 1521,
' Minutes de Douzeau, des 17 février et 29 seplcinbre loiO.
-Ibid., 18 novembre 1547. Cf. 7 mars.
•' Le 26 juin 1557, « M" Phelippes Parentes, » qualitié cette fois de receveur de rarchevèchc de Bordeaux, reparait, avec Zanobi, son (ils, dans la vente d'une propriété située a Saintes. Avec les deux Parentes, signent a la minute Bastiano Scijni et François Malbosc, « pour avoir esté présent, » avec le notairi\
■' Voyez une sommation a M. Dirouard, baïuiuicr en cour de Rome, demeurant a Bordeaux, par François Chastaing, prieur de Pellegrue. (Minutes d'Andrieu, l" août 1630, reg. Ô-5.)
ET DE LAxNAVIGATlU.N A BOUDEAIX. 9
M. de Plains s'oblige envers Pietro. Touailla pour les bulles (le l'abbaye du Mas-d'Azil. Le 4 août 1529, M^ Guillaume Bouteiller, demeurant à Blansac, en Angoumois, traite avec Pietro Touailla, marchand, banquier et bourgeois de Bordeaux, pour lui fournir une bulle de la cure de Saint-Laurent-des-Prés. Par un autre acte, en date du 5 avril 1532, Jean Guyot, banquier et commis du même Touailla', convient de faire expédier une bulle de provision de renonciation de la cure de Saint-Vivien, en la terre et juridiction de Montravel. Le 15 octobre de la même année, Guillaume Barbier, bourgeois de Bordeaux, pactise et marchande avec « honorable homme Pierre de Thouaille » de lui faire délivrer en cour de Rome, en faveur de AP Artus de (^orregia, une bulle de résignation de l'hôpital de Saint-Jean l'Évangéliste de Camparrian et de Saint-Vincent de Canéjean, son annexe-; et pareil acte a lieu, à la même date, pour la cure de Saint-Vincent de la Teste-de-Buch. On en rencontre un autre relatif à la cure de Lucmajour, cHocèse de Bazas (9 août 1541); mais déjà Pietro Touailla avait pris un associé, Albert Morinat, annoncé dans l'acte comme demeurant avec lui et comme ayant traité avec l'ecclésiastique qui poursuivait l'obtention du bénéfice. A dater de ce moment, les traces des rapports entre les banquiers de Bordeaux et le Vatican se perdent pendant quelques années, ce qu'il faut sans doute attribuer à la défense faite
• On retrouve plus loin ce Jean Guyot, pareillement qualillé dans une autre pièce du 26 juillet lo52, où Pietro Touailla reçoit du notaire Douzeau le titre de banquier.
- Voyez encore dans le même registre des minutes de Douzeau. un autic acte, il la date du 9 juin loôô.
à tous banquiers, marchands et autres, d'envoyer aucuns paquets, lettres missives ni mémoires, à Lyon, Rome ou ailleurs hors du royaume, sans les avoir, au préalable, communiqués au parlement*.
Le 5 juin 1546, Morinat figure seul dans l'acte, également passé par-devant Douzeau, en vertu duquel ce banquier s'engage à faire expédier en cour de Rome certaines bulles et signatures de commejula du prieuré de Saint- Martin de Prignac, diocèse de Bordeaux. Il paraît encore seul dans un acte du 6 janvier, où il s'agit des bulles de provision de l'église de Saint-Pierre de Mergnac, au diocèse d'Angoulême, en faveur de M"' Aymard de Montalembert, et d'autres bulles de provision de la cure de Saint-Germain de Narcillac, diocèse de Saintes, en faveur de M*' Claude de Montalembert. On le revoit dans un contrat analogue concernant une cure du Périgord (8 octobre 1547); mais Pietro ïouailla reparaît dans un acte de Gendrault du 30 novembre 1548, qui nous montre Albert Morinat agissant, pour ce Florentin, dans une expédition de bulles de l'abbaye de la Calers, diocèse de Rieux, tandis que Morinat est seul chargé, par acte de Douzeau, du 27 juillet de la même année, de fournir les bulles de commende de la prévôté de Saint -Ybart en Limousin. Il continue seul le môme commerce, avec d'autres affaires^, suivant actes reçus par Douzeau, le 3 juillet 1549, le 10 juillet 1551 et le l'^'' juin 1552; mais il est sûr qu'à cette dernière date, Pietro Touailla n'existait
' Registres du piiilciiiont, de Rurdeaiix, B. ii; ordonnance du i2aoiU lo4:2, - Il (igure dans un acte du 20 juin looO, comme procureur de M^ Niccolo Rallini, banquier et citoyen de Lyon, et dans un contrat d'acliat de rente enregistré parmi les mômes minutes, a la date du 17 août 1551.
ET DE LA NAVIGATION A BORDEAUX. Il
plus : il était mort avant le mois d'août 1549, laissant un testament par lequel il instituait Catherine de Médicis sa légataire universelle', comme s'il eût dû sa fortune à la protection ou aux capitaux de cette princesse, ou plutôt pour soustraire sa succession au droit d'aubaine.
En effet, Pietro Touailla était Florentin^ : n'ayant point été naturalisé, ses biens, en vertu de la législation en vigueur à l'époque, revenaient au roi. Ils étaient considérables et comprenaient nombre d'immeubles situés en Guienne^, notamment des maisons à Bordeaux, paroisse de Saint-Remi, dans le voisinage des compatriotes de Touailla^, ce qui n'empêchait pas ce dernier de louer des chais aux Chartrons pour les besoins de son commerce^,
' Jliniitcs de Douzeau, 17 février 1549.
- Ibid., M février loiO, 16 et 28 aoilt KJaO. — N'ayant pas l'intention d'écrire la biographie de Pietro Touailla, nous nous bornerons a renvoyer a une autre pièce intéressante qui le concerne et qui se trouve aussi dans le même répertoire, sous le 28 septembre 1555. Cf. 28 décembre, et 7 octobre 1550.
^ Voir, parmi les minutes de Douzeau, sous le 10 janvier 1542, une vente a pacte de réméré, par un marchand du haut Pays, a Pietio Touailla, d'une maison « bastie a tiers point, place vuide et jardrin ; » sous le 6 feviier 1546, une acquisition par le même de deux pièces de terre a Blanquefort ; et, sous le 2 février 1548, l'achat d'une autre pièce de fonds au Taillan, au nom de Pietro Touailla, par Bastiano Segni, marchand llorentin, son domestique.
* Minutes de Douzeau, 28 mai 1555. — A la suite d'un procès avec un autre banquier italien de Paris, Ricardo del Bene, Pietro Touailla avait consenti, en faveur de son adversaire, pour sûreté d'une somme de 978 ccus d'or sol 2 sous 6 deniers, une hypothèque sur huit maisons situées a Cordeaux, les deux premières contiguès, en la grande rue du Chapeau-Rouge, et dans l'une desquelles il demeurait. (Minutes de Douzeau, 27 juin 15U. Cf. 4 mai 1552.) 11 avait acheté cette maison d'habitation pour la somme de 800 francs bordelais, par acte du 24 décembre 1520, et il y faisait construire une cheminée, en 1521, suivant acte du 26 janvier. — Par d'autres actes du même notaire, en date des 28 août et 29 janvier 1551 , on voit que Matteo Cerretani, Giovanni Salvi et Bastiano Segni, demeuraient, de même que Jean de Sainte-Marie, sur le fossé de Campaure, rue Maubec et rue du Chapeau-Rouge.
■'' Minutes de Douzeau, 14 juillet 1559. M"" Jean Guichior {'?). procureur de
12 IllSTOIHb: DU CUMMliRCE
Pietro ToLiailla ne s'en tenant pas à celui de l'argent', mais embrassant aussi la ferme des imp(5ts-, la commission et la vente de toutes lés denrées qui alimentaient le marché de Bordeaux ^'.
Outre deux fds, il laissait un neveu, nommé Francesco Touailla, et dans les affaires comme son oncle. On le voit expédiant de la laine et du pastel à Giovambattista et Loranso Guicciardini d'Anvers *, puis propriétaire d'une maison située sur la grande rue du Château-Trompette^, et d'un bien au Taillan^. D'abord confiée aux soins de Francesco Bonacorsi et d'un autre, l'administra-
Pierre Eyquem, ocuycr, seigneur de Montaigne, baille a loyer a « Pierre de Thoailiie, marciiand, banquier et bourgeois de Bordeaux, » deux cliais contigus, situés aux Ciiartreux (Charlrons).
^ Voyez, parmi les mêmes minutes, a la date du 16 octobre loô2, un acte relatif au prêt de 12o écus d'or sol, par Pietro Touailla, au patron d'un navire breton, payable au poit de décharge : a Calais, a » sire André de Touailhe, » ou, en son absence, au commis de Jean Picbon, aussi marchand de Bordeaux, et, a Londres,- audit Andréa Touailla, frère de Pietro, ou a Giovanni C.ipuni.
- Carte d'asantion entre sire Pierre Toiiaille, Pierre Droiiet et Jehan de Bat:-. (Douzeau, G décembre 1520.) Le 2:2 août, P. de Touailla avait acensè et aft'ermé des maire, sous-maire et jurats de Bordeaux, la marque des vins du haut Pays pour le temps d'un au seulement.
3 Voyez, parmi les minutes de Douzeau, a la date du 22 mars 1520, des 7, 1 i, 50 octobre 1525, et du 12 octobre 1526, des envois de vins a Dieppe et a Londres, et, le 14 juin 1552, une expédition de pastel pour Rouen. Plus loin, on retrouve le nom de « Pierre de Touailhe, » associé a ceux de Richard Pichon et d'Arnaultde Lestonnat, autres riches marchands de Vépoque (17 juillet 1552. Cf. 25 septembre). Le premier, paroissien de Sainte-Colombe (26 juin 1521), vendait des draps anglais à un marchand de Saint-Macaire ^26 octobre 1555), et un chargement de blé a un bourgeois de Marmande (,9 juillet 15-i7).
• Minutes de Douzeau, li juin 1541.
' Il^id., 7 juin 1545.
« lOid., 12 octobre 1549. — Déjà Francesco Touailla avait des rapports avec cette localité; représenté par Francesco Bonacorsi, son serviteur, il vendait a une veuve de l'endroit six tonneaux de blé, au prix de 12 francs bordelais 4 sous l'un. I lltid.. 29 mai 1519.)
lion de la succession de Pietro Touailla fut transportée à son neveu*.
Avec le nom de Touailla, nous trouvons le nom de Segni, autre marchand florentin établi à Bordeaux, « comme ayant procuration, régime et administration des personnes et biens de Pierre et Lappes de Thoaille, héritiers de Pierre de Thoaille, « et, en cette qualité, vendant à ^Fatteo Gerretani, moyennant la somme de 800 livres tournois, une maison sise en la rue par laquelle on allait du portail du Corn au Château-Trompette-. Bastiano Segni, comme il signe dans un acte de Douzeau, du 26 juin 1557, faisait de grandes affaires, à en juger par une expédition de blé et de fèves, à destination de Portugalete, enregistrée par Douzeau, le 23 janvier 1548; mais ces affaires ne sont rien au prix de celles d'un autre Florentin, que nous avons déjà vu faire le commerce sur notre place "^. Le 14 février de la même année, Matteo Gerretani apparaît dans un acte notarié; le 7 mai 1549, il prête au maître d'un navire hollandais 6 livres de gros, monnaie de Flandres, payable à Middelbourg un mois après; le 25 novembre, il charge une partie considérable de vins pour les Pays-Bas; et le 26 avril 1550, un autre envoi semblable part de chez lui pour Saint- Jean-de-Luz, pendant qu'il vend au même marchand, auquel il avait déjà fourni deux milliers de harengs saurs, sans doute de Flandre^, des draps énu-
' Minutes (le Douzeau, 17 fevriei' lo49.
- Ibld., o avi'il lo,j|. Cf. 27 novembre lo30.
^ Voyez ci-dessus, t. I, p. 263; 312, note I ; et 319.
* Cette provenance est formellement exprimée dans un autre acte de Douzeau relatif a la vente de dix las de harengs blancs, par le même Gerretani, à des niarrluinds de Montauban. le 3 janvier l.»2.
14 HISTOIRE DU COMMI-HCE
mérés dans l'acte'; le 19 janvier 1551, il traite avec un Bordelais une affaire de draps encore plus considérable, et, le 6 avril, il vend du vin à un autre. Le 4 juin 1552, il paie à un marchand d'Exeter 236 fr. bordelais, prix de vingt-trois pièces de cordillat vendues à un marchand en même temps courtier à Bordeaux; et, le 15, il traite avec un commerçant de Saint-Jean-de-Luz pour mille boisseaux de froment. Le 11 juillet, Guillaume de Gaut prête, au nom de Matteo Cerretani, à Edward Prescot, m.archand anglais, 22 écus d'or sol, valant 46 sous pièce, contre promesse de payement à Londres, à sire Estiat Cavalcanti, aussi marchand florentin, demeurant dans cette ville. Une autre fois, Cerretani prête une plus forte somme à un négociant anglais de Southampton, et peu de temps après il fait des expéditions de vins à deux de ses compatriotes établis, l'un à Londres, l'autre à Redon (28, 29 novembre, 29 janvier 1552). Le 13 août, le même Cerretani prête 113 livres 11 sous tournois à un marchand de Bordeaux , Arnauld-Guilhem de la Campagne; et les 20 août, 3 et 10 septembre, il vend des barriques. Mais déjà l'on voit apparaître lacopo, son frère, également marchand de Bordeaux, dans des actes des 12 et 13 août, et du 14 novembre, où il le représente, et dans une quittance du prix de vente d'une batterie de cuisine (31 août 1552).
lacopo reparaît phis lard, avec Bastiano Segni, connue
' Minutes (le Douzcaii, 21 avril lo50. — L'n aulre acte du 2-2 mars 1541 nous •montre le môme marchand, Jean Saturnyc, Soturnyc ou de Santourmion, cxliédiant, pour et au nom de l'cvèquc de Dazas, vingt-cinq tonneaux de vin blancs et clairets, « a délivrer au vicomte do Rolian (Rouen? i poui-en faire le lilaiMi' et vuliinlr (In cardinal de Loi'i-rmc. »
ET DE LA NAVIGATION A BORDEAUX. io
le héros d'une aventure scandaleuse', et, quelques jours après, comme mandataire de Philippe Parentes et Jean- Antoine Barcholy. En cette dernière qualité et en vertu de certaine commission du 15 mars 1558, il somme et requiert le greffier de l'élection de Guiennede lui remettre sans délai tous les rôles, mandements et départements faits à raison de la solde de cinquante mille hommes, pour les termes à échoir^. La dernière trace que nous retrouvions des deux Cerretani est dans les actes d'un prêt d'argent fait à deux marchands de Londres (28 octobre 1559), ou plutôt dans une quittance par laquelle un marinier de Montauban reconnaît avoir reçu de sire Gaspard de Roquasoly, procureur du cardinal de Guise, et par les mains de Matteo et lacopo Cerretani, 30 livres tournois (23 janvier 1559).
Après le nom de Cerretani vient celui de Salvi sur la liste des Florentins établis à Bordeaux au xvi*^ siècle. Dans une charte partie enregistrée par Douzeau le 8 avrill521 , on trouve Joannis Salvi, marchand de Bordeaux, qualifié de serviteur de « Asolin Saratany, marchand saunoys, » c'est-à-dire siennois, chargeant du pastel à destination
' Le 28 mars 1oj9, Bastiano Segni déclarait par-devant notaire « que certain personnaige avoit porté ce jourd'liuy certain enfant au devant sa maison, adressant a sire Jacques Certany, comme appert par une lettre missive dont la teneur s'ensuyt : « Sire Jacques Certany, vous sçavés comme j'ay porté ung enfant » de vos œuvres pour raison de l'impoitunité que m'avés faict pour me faire » condecendre a vostre volunté avec de belles promesses.... Je me suys efforcée, » avec l'aide de Dieu et des bonnes gens, nourrir jusques icy vostre propre » créature et a icelle faict administrer le sainct sacrement de baptesme, qu'est » la cause que je ne puis davantaige satisfaire vostredit enflant, » etc. Déclarant encore qu'il ne sait a qui est cet enfant, Segni ajoute qu'il l'a remis aux mains d'une nourrice, « jusques a ce que aultrement en feust ordonné. » (Minutes de Douzeau, 28 mars 1559.)
- Minutes de Douzeau. 12 avril 1559.
\i\ HISTOIRE DU CO.MMi:r.CE
d'Anvers, pour un marchand de Toulouse. Dans cet acte, comme dans une oblige du 10 juin, nous avons sûrement le « Jehan Salvy » de Douzeau, qui effectivement faisait la commission sur le pastel pour les fabricants de coques du haut Languedoc ; mais il opérait aussi pour d'autres, tels que Jean et Barthélémy Patras, de Villefranche-de-Rouergue (15 et 24 mai 1532), et il chargeait pour Londres, en société avec Antoine Loppes de Villeneuve (13 avril 1526; 5 avril 1533). Il ne se bornait pas uniquement au pastel. Le 17 mars 1537, il charge pour Rouen, en même temps que Guilhem Peyre, cent soixante pains de résine, trois barriques de couperose, une barrique et une balle de liège. Le 25 février de l'année suivante, il envoie du buis et du liège à François Malbosc, à Rouen, et, de concert avec le même et un marchand d'Albi, il expédie à Anvers, le 12 mai 1549, du bois de brésil, du vin de Gaillac et de Rabastens. Nous n'en finirions pas si nous voulions relever, seulement parmi les minutes de Douzeau, dans lesquelles nous puisons, toutes les chartes parties qui se rapportent aux affaires commerciales de Salvi ; nous nous contenterons de citer encore deux actes du 18 juillet 1558, qui le montrent en butte à des difficultés avec l'un de ses commettants du Languedoc. Pour vider ce différend, Jean Rignac et François Malbosc furent nommés arbitres et amiables compositeurs. Une procuration, dressée le 14 mai 1561, permet d'étendre l'existence de Salvi jusqu'à cette date. Un autre Florentin, ser Pietro de Lutiano, figure encore parmi les minutes de Douzeau, sous le 27 octobre de l'amiée 1546; mais nous manquons de renseignements sur SOS affaires.
ET DE LA N.V.VIGATION A HORDEAUX. 17
A côté des Florentins, des Lucquois exerçaient à Bordeaux la banque et le négoce. Nous en pouvons nommer au moins deux, Francesco Esbuire et Barsoboni. Le premier figure, à la date du 15 septembre 1524, dans les registres du parlement, avec des Espagnols, Esteban de Santiago et Maftissans de Villaviciosa ' ; le second, parmi les minutes de Douzeau, pour des expéditions de fèves en Italie, à la date des 11 novembre et 5 décembre 1550. Dans l'intervalle, c'est-à-dire le 4 décembre, il prêtait à trois marchands de Santiago 300 écus d'Espagne.
Aux Italiens établis à Bordeaux, il faut ajouter ceux qui, sans y être domiciliés, y faisaient des affaires. C'est ainsi que Paul de Galles, ou plutôt Paolo Galli, qualifié par Douzeau de « marchand d'Italie, demeurant pour lors en la ville et cité de Bourdeaux, » prêtait, par acte du 2 juin 1558, une somme de 200 livres tournois à un bourgeois. Un autre Italien, « Hieronimo Pelissal, de Vicence, au pays de Venise, » constituait comme son procureur « en toutes ses causes mues et à mouvoir, tant au lieu de la Rochelle qu'ailleurs, » François Mellet-, dont nous parlerons plus loin.
Une pièce de l'époque achèvera de nous instruire sur la variété et l'importance des affaires que les marchands italiens faisaient sur notre place. Le 25 mai 1543, le facteur et serviteur d'Alessandro Anthinori, Simone Picori et Giovanni Simonetti, qualifiés tous trois de marchands florentins, avait, par actes reçus en les études de M^* Otin et Bilhouard, notaires, affrété en la ville « du Pont le Bigne » des navires bretons « pour venir prandre
' Rcg. (lu parlomcnt de Bordeaux, B. 17. - Minutes de Douzeau, <S déeemluc looô.
et recepvoir leurs charges de vin, ou autre marchandise, jusques sur les portz et havres de la Rochelle et de Bourdeaux, et lesdictz vins et marchandises mener ez portz mentionnés par ledict affretament : » un grand négociant de Paris, Philippe Boursier, « pour lui et autres ses consors, » ayant des expéditions de vin de Guienne à faire « à l'ung des portz de Londres ou de Anthone, en Angleterre, » proposa à Simonetti de lui abandonner, moyennant indemnité, le louage des bâtiments affrétés par ce dernier, et ils tombèrent d'accord *. Nous n'avons point parlé des banquiers français établis à Bordeaux; il est cependant certain qu'il y en avait, mais ils étaient peu nombreux. Du moins nous n'avons trouvé mention que de Nicolas Riche et de Robert le Maistre, dans des actes de Douzeau, des 4 juin et 9 décembre 1518, des 10, 19 juin, 7 septembre et 24 octobre 1519, et du 11 septembre 1547. Un autre acte, du 26 avril 1557, nous révèle l'existence de feu M*^ Léonard de Gomitibus, en son vivant banquier; mais sûrement il y avait encore là un Italien nommé (h Conti.
' Miiuites de Uouzeau, 28 décembre 1545. — Dans un registre antéi'ieur, dont nous avons eu connaissance seulement après l'impression de ce qui précède, nous avons trouvé un autre Italien, Giovanni de Soldato, représentant (le Pietro Touailla, absent, vendant des barriques et achetant du seigle pour celui-ci, puis recevant une reconnaissance de 8 francs bordelais « pour rayson de la vendicion de huyt aunes de drap pers, marché faict avec ledit de Soldato à ung franc pour aulne. » {IbUl., 19 mars 1516, 18 mars, 23 mai, 2, juin et 27 août 1517.)