‹ Histoire du commerce et de la navigation a Bordeaux, principalement sous l'administration anglaise (volume 5)Chapitre 11 sur 126 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

AUTRES DENUEES ET MAUCIIANDISES CHAUGEES A BORDEAUX.

Miel. Exlrail du Mcmoire de 1730 i-oaccniant cetlc dciii-éo. — Ciianvue. Provenance de celui qui arrivait à Bordeaux ; règ-lemeut de la jurailc dcfeiulant de uK'ler le diauvre de la Guicnne avec celui de la Navarre. — Exiicditioiis de chanvre pour Bayoune , Saijit-Jeau-de-I.uz et la Boclicilc. — Imiiorlalion à Bordeaux des chanvres de Bretagne et du Nord ; quantité que l'on en transportait dans celte ville. — CiRE j.mne or HES Landes. Détails sur ce commerce ; son importance sur la frontière d'E.spagne. — Importation de cire d'Irlande en 171'2 ; grande con.soniniation de cette denrée par suite de l'usage de la bougie. — Graine de lix. Détails sur le conui:erce de cet article ù Bordeaux. — Demandes de passepo/ts pour des navires chargés de graine de lin venant du nord de l'Europe. — • Plaintes du commerce de Bordeaux au sujet des droits imposés sur cette marchandise ; arrêt rendu par le Conseil d'Étal en 1 723.

— Hlile de navette. Demande d'un sieur Brown pour tirer d'Irlande cinquante tonneaux de celte denrée. — PiU'nes. Provenance cl destination des prunes envoyées à Bordeaux ; quantités qui y venaient ; droits imposés sur la marchandise. — Mesures prises pour l'assiette de ces droits ; ordonnance qui substitue le poids de la marchandise à la capacité du contenant ; débats qui en sont la suite entre le commerce et les fermiers généraux. — lîeprésenlations de la Chamlirc de commerce de Guienne au sujet du pesage des prunes. — Pai'IER. Diverses sortes de papier importées à Bordeaux. — Exportation de cet article pour l'Espagne.

— l'iédamation du sieur Luetkons à jiropos de pajiiers chargés pour l'étranger; dilTérond entre les propriétaires des moulins à pajder de la Provence et ceux du Languedoc ; requête des premiers pour être maintenus dans la possession de tirer des chiffons de la Guienne. — Lettre concernant le commerce des papiers de France en Hollande ; Mémoire concernajit la fabrication depuis le règlement do l'an 1671. — Compte d'achat à Bordeaux, et de vente en lloUajide et à Hambourg, de papiers d'Angoulèmc, do Périgord et de Limousin.

Nous n'avons trouvé de traces du commerce de miel que Bordeaux faisait autrefois, que dans le Mémoire de 1730 : nous nous bornerons donc à transcrire ce que l'on y lit à ce sujet.

« On ramasse des miels dans cette province, dit l'écrivain bordelais, mais non pas également toutes les années. 11 s'en passe quelquefois deux entières sans qu'on en puisse recueillir. C'est donc sur les années cpii produi-

sent qu'on va régler la quantité que la Hollande en tire ordinairement, qui est l'unique débouché qu'ait cette marchandise.

« On charge, année commune, à Bordeaux, huit cents tonneaux de miel, contenant chacun six pipeaux pesant, chaque tonneau, vingt-deux quintaux, à 250 livres le tonneau, qui est le prix le plus ordinaire. » Après avoir posé un chiffre de 200,000 livres, l'auteur du Mémoire fait le compte de quatre tonneaux deux tiers de miel, chargés pour Amsterdam, pour le compte d'un négociant de Bordeaux. 11 passe ensuite au chanvre.

Le chanvre se récoltait dans le haut Pays, à Tonneins\ Marmande, Gaumont et autres lieux circonvoisins, et descendait à Bordeaux par la Garonne : un registre que nous avons déjà cité renferme nombre d'articles concernant ces arrivages^; mais Bordeaux recevait encore du chanvre d'Espagne : on n'en saurait douter en lisant un règlement de la jurade portant défense aux cordiers de cette ville de mêler le chanvre de la Guienne avec celui de la Navarre, sous peine du fouet et de 300 sous bordelais d'amende^.

' Parmi les minutes de Denhors, on trouve, a la date du 11 juin 1561, un acte portant vente d'un quintal de cherhe a Bernard Le lloult, marchand et liourgeois de Bordeaux, par Antoine Molyne, marchand de Tonneins-Uessus, à raison de oo sous le quintal. (Liasse lS.i-2, folio iij'- v verso.)

^ Rolle des hateulx qiiij sont montant: en sus au debant la rijbyere de Guarone et pur debant cette vijUe de Marmande, etc. Archives du département de la Gironde, E. Comptablie, folios 8 verso (2i juillet lo95), H recto (10 août), 17 verso, 19 verso, 20 recto (12, 18, 2i sei)temhre), etc.

•' Anciens et nouveaux Statuts de la ville et cité de Bourdeaus, p. 2G2.

La plus grande partie du chanvre qui venait à Bordeaux était de là envoyée à Bayonne et à Saint-Jean de Luz ; le reste se consommait sur place et servait principalement à faire des cortlages, qui prenaient fréquemment le même chemin '. On embarquait aussi du chanvre pour d'autres ports : un acte de Denhors, du 24 avril 1561, énonce le chargement de treize balles de cherhe pour la Rochelle, sur la barque la Tripe, de Bourg ^. Plus tard, la Rochelle ayant levé l'étendard de la révolte, l'exportation des matières considérées comme munitions de guerre dut être prohibée; et il en fut nécessairement de même toutes les fois que la paix fut troublée, jusqu'à l'arrêt du Conseil, en date du 29 décembre 1719, qui ordonnait que le commerce du chanvre dans l'intérieur du royaume serait libre, avec défense de faire sortir et d'envoyer cette denrée à l'étranger, à peine de confiscation et de 1,000 livres d'amende^.

Avant de passer au compte d'un envoi fait à Bayonne, le rédacteur du Mémoire de 1730 termine ainsi ses observations préliminaires au sujet du chanvre : « Quand cette denrée manque dans la province, on en tire de Bretagne et du Nord'*; mais cela est bien rare. La quan-

* V. ci-dessus, t. I, p. 483 et suiv. ^ Liasse 184-2, f<» iiij^^v v».

^ Reg. B de la Cli. do commerce, folio 102 verso; séance du 12 fév. 1720.

* Colbcrt de Terron écrivait, de Brouage, a son cousin, le 19 octobre 1C6I, » qu'il faisoit venir des chanvres de Hannebon et Saint-Malo, pour estre employez en cables et autres manœuvres,» etc. (Colb. 106, Mél., folio 511 recto et verso); et, le 23 mars 1662, il faisait remarquer au grand minisire qu'il y avait des marchandises considérables a espérer de Riga, comme le chanvre. {Ibid.. folio I2."i recto.) Pai'mi les minutes do Coiithures, on trouve, à la date du 13 juin 1C63, un acte relatif a la saisie, au préjudice d'un marchand de la paroisse Sainte-Croix, de 62 quintaux de chanvre chargés sur un « vaisseau; » mais il n'est dit ni d'où venait ni oii allait ce navire.

tité qu'on en transporte clajis cette ville va ordinairement à douze mille quintaux, qui font, le quintal apprécié sur le pied d'année commune, à 18 livres, la somme de 216,000 livres. »

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