CUIVRE E\ FEUILLES
Le cuivre en feuilles, qui est travaillé, venait également de Suède ; il servait à toute espèce d'ouvrages de chaudronnerie et à faire du verdetà Montpellier'. Hambourg enlevait la plus grande partie de ce produit, et en alimentait la plupart des places de l'Europe, notamment Bordeaux. Cette ville en recevait habituellement 800 quintaux, représentant, à 135 hvres le quintal, 108,000 livres tournois. Quant au prix ordinaire du cuivre en feuilles, à Bordeaux, il était de 145 livres le quintal.
COIPEROSE DE SCÈDE.
Nous devons maintenant dire quelques mots de la couperose, qui nous venait de Suède. Une affaire soumise au Conseil de commerce montre que ce pays nous en expédiait de fortes parties. Le directeur des fermes à Bordeaux avait saisi quatre-vingt-onze pièces ou barriques de couperose verte, chargées sur la Canne-de- Vin,
* En 1708, des banquiers, les frères (laldy, avaient demandé la permission de faiie venir a Bordeaux, parnn navire de Ilainliourtt, dix barriques de cuivre ouvré de Suéde, pour ce dernier usage; ils éprouvèient un refus. (Registre du Cimseil de fommerecF. 12. r),"), folio fi voi'so; séanec du il novembre 1709.)
ET DE LA NAVIGATION A BORDEAUX. iTi
de Stockholm, pour le compte des sieurs Nairac, Tistas et Luneman, sous prétexte que ce sulfate venait d'Angleterre et non de Suède : il fut exposé au Conseil que le premier de ces deux pays n'avait que de la couperose verte, parce qu'il ne possédait que des mines de fer, et qu'au contraire la Suède, riche en mines de fer et de cuivre, produisait de la couperose de toutes les couleurs; que, d'après le témoignage du sieur Jude, appréciateur depuis vingt-cinq ans au bureau des fermes de Bordeaux, la question s'était plusieurs fois présentée sur la qualité de la couperose venue dans des navires suédois et danois; bref, qu'en 1707 on en avait saisi une forte partie appartenant à divers négociants de Bordeaux, qui avaient plus tard obtenu mainlevée de cette saisie ^ Comme le cuivre, la couperose nous venait de Hambourg. En 171 1 , un sieur Brunaud, négociant de notre ville, demandait un passeport pour faire venir de Hambourg une forte partie de ce sulfate ; on ne dit pas si ce devait être du vert, du blanc ou du bleu-. Il convient de citer aussi un arrivage de couperose d'Amsterdam, d'autant plus qu'il donna lieu à un débat sur la quotité des droits d'entrée imposés sur cet article"^.