‹ Histoire du commerce et de la navigation a Bordeaux, principalement sous l'administration anglaise (volume 5)Chapitre 42 sur 126 · Tome I, p. 1:21, noie · texte numérisé non relu

Tome I, p. 1:21, noie

Les minutes de Douzeau renferment, à la date du 12 mars 1550, une reconnaissance par Christophe Godwin, marchand d'Ipswich, à trois marchands de Bordeaux, de 550 écus d'or sol, à raison de la vente de cinq cents tonneaux de vin qui devaient être fastes et goûtés par George Jobson et William Estople, marchands de Hull.

Toiiie I, i>, 157, ligne i.

La pièce suivante, transcrite par M. Célestin Port, sur une copie authentique de 1546, conservée aux archives de la préfecture de Maine-et-Loire (série E. 2954, famille Kerentrec), offre un nouvel exemple de l'exercice

du droit de représailles sur les corsaires bretons pendant le cours de la guerre de Cent ans :

« A tous ceiilx qui ces présentes lettres verront et orront, Bertran de Roede, marchant de Bourdeaux, salut en nostre Seigneur. Sachent tous, comme je, ledit Bertran, Pierres Faure, Durant d'Anglars et plusieurs autres niarchans de la principaulté d'Acquictaine, çay en arreres, par la seureté des irieves qui esloient pour le temps ou duché de Bretaigne, nous fussions allez et porter vins, draps et autres denrées et marchandises pour marchander es dictes parties de Bretaigne, et nonobstant lesd. irieves aucuns des subgiectz de très-noble et très-puissant seigneur Monsf Charles de Bloys nous pristrent, pillèrent et desroberent do noz biens et marchandises, detenuz aucuns de nous en prison, ranczonnez et faict plusieurs autres dommaiges, et eussions requis led. Mons'' Charles que sur ce nous fust pourveu de remède; et siu' ce, je, led. Bertran de Roede, tant pour moy que pour lesd. Pierre Faure, Durant d'Anglars el autres niarchans, eusse pryé et supplyé h noble el puissant seigneur iMr Hues de Karantraict, chevalier, seneschal et lieutenant du viconle de Lymoges, pour led. Mons"^ Charles, qu'il luy pleust se traire par devers la court dud. Mons^ Charles, et faire tant et poursuyr que nous feussons desdommaigez de nostred. perte, cl cmprès laq. chose, led. Mons^ Hues ayt tant faict et procuré par devers led. Monsr Charles, que led. Mons"" Charles a voulu, octroyé el ordonné que l'on puisse lever el prendre io deniers par livre de et sur toutes les denrées et marchandises que les subgectz dud. Mons^ Charles, du duché de Bretaigne, porteront, chargeront et deschargeront en la principaulté de Guyenne, jusques à troys ans prouchains ensuyvans amprès la my-aousl dernièrement passée, pour estre converliz lesd. deniers, baillez et livrez à desdommaiger moy et les autres niarchans de ce que sera trouvé que nous aurons eu de dommaige... pour laq. poursuyte faire led. Mons"" Hues, tant par luy que par les siens, a très-grandement travaillé et niys et frayé du sien propre jusques à la montance de mil francs d'or du coing du roy de France, el de plus, si comme je eu suis diligemment et bien acerlainé et informé... lesq. mil francs d'or... je, led. Bertran de Roede, tant pour moy que pour lesd... autres niarchans, ay promis, promect el suis tenu specianinient, soubz l'obligation expresse de moy el de tous mes biens... rendre, payer et bailler aud. Monsr Hues de Karanlret, chevalier, ou à honnorable homme, discrect cl saige, Mons^ Hamon Robert, preslrc, procureur dud. Mons^ Hues...

ioS ADDITIONS lîT CUUiiECTIO.NS.

c'est assavoir 500 francs d"or dedans la feste de S'.-Marliii d'yver... et les autres 500 francs d'or dedans la Teste de Pasqiies... en tout ce que dessus est dit et devisé tenir, yarder et accomplir... ay promis et juré aux sainctz Euvangilles nostre Seigneur, corporaument louché le livre, et en tesmoing de ce, je en ay donné aud. Mons^ Hues de Karantret, chevalier, ces présentes lettres scellées, à ma supplication et requeste, du scel eslably es contraclz en la Rochelle.... Ce fut faict le xxi« jour d'aoust, l'an mil ccc soixante et quatre. »

A la suite de cette pièce, nous croyons devoir en rapporter une autre, datée également de la Rochelle, et qui n'éclaire pas moins l'histoire du commerce de Bordeaux pendant la guerre de Cent ans :

(( A mes tréfi-honnonrez seigneurs messeigneurs les gens des comptes du roy, nostre Siir, à Paris.

« Mes très-honnourez seigneurs, je me recommaude à vous tant humblement comme je puis. Et vous plaise savoir, mes très-honnourez seigneurs, que diemenche dernier arriva en la chenau de la Rochelle, liors la chaure, une barche appelée la barche Saincte-Marie de la Teillaye, qui venoit de Bourdeaux chargée de xj. fardeaux de draps d'Angleterre et de vj. Angloys. Et tantosl après vindrent par devers raoy les maire et eschevins de ladicte ville, et me prièrent que je donnasse congié ausdiz Anglois de entrer en ladicte ville avec leurdicte barche et marchandises. Ausquels je respondi que non feroie jusques à ce que j'eusse parlé aux gens du roy. Et pour ce que lesdiz maire et eschevins se doubtoient bien que je ne leur donneroie point ledit congié, actendu que lesdiz Anglois sont ennemis du roy, et que les trêves estoient faillies, et aussi alin que cauteleusement me amusassent durant qu'ilz me faisoient leur requeste, ilz firent entrer dedenz ladicte ville lesdiz Anglois, leur barche et marchandises. El incontinent qu'ilz furent descenduz, ledict maire misl lesdiz Anglois es prisons de l'eschevinnage de ladicte ville, saisit ladicte barche et print lesdiz draps et autres denrrées, et encore les détient. El après ce que je sceu lesdiz cas, fcys commandement ausdiz maire et eschevins, sur tout quanque ilz se pouoient mesfere envers le l'oy, que incontinent ilz me rendissent ez prisons du roy lesdiz Angloys avec toutes leurs dictes mai'chnndises; laquelle chose ilz ne voulurent fere, ains s'opposèrent, ])roleslans d'appellcr. Et dient les gens de cou-

ADDITIONS ET COKRECTIONS. 459

seil de par cle(.;à qu'ilz ont confisqué leurs privilèges et jurisdiction. El ne fust seulement que pour avoir fait entrer lesdiz ennemis dedens la ville du roy après la trêve et sanz mon congié. Et après sont venuz par devers moy lesdiz maire et eschevins, et m'ont requis que je les receusse à opposicion ; et pour ce que je leur ay respondu que je ne les y l'ecevroie point jusques à ce que je vous en eusse escript et eu response de vous, ont appelle, et se fondent sur certaines lettres que depuis ont receues... qui ne faict riens h leur fait, considéré qu'il n'estoit nouvelles de trieve quant lesdiz Angloys entrèrent. Et pour ce, mes très-honnourez seigneurs, que ce fait est gros et poysant tant pour ladicte prise, qui puet valoir ij™ livres et plus, comme pour la conséquence du temps à venir, et aussi qu'en nulles confiscations vacans ne espaves tant de biens d'ennemis du royaume que autrement, de leurs bourgois ne d'autres ilz n'ont aucun devoir ne congnoissance, ains est le vray domaine du roy, et en oultre que en ce il n'y a nul des gens du roy de par deçà qui me vueillent aidier, ne secourir, ne qui s'en vueille entremectre, ne le poursuir, se n'est le receveur, pour ce qu'ilz sont touz du conseil et collège de ladicte ville, j'envoie présentement pour ceste cause ce cbevaucheur par devers vous, afin que vous soyez avisez pour quelque cause que ce soit de non laissier aler ce droit, et que lesdiz maire et eschevins qui envoient devers le roy se tiennent certains de impetrer telles lettres du roy comme il leur plaira, no viengnent à leur enlencion dudicl fait, et que sur ce m'envoiez leclres du roy et de vous nécessaires pour la conservation de son domaine, ou autrement la plus belle branche de son dict domaine yra à perdicion, sanz ce que jamais on l'y puisse ramenner... Si vous suppli, mes très-honnourez seigneurs, que, sur ce, vous plaise m'envoyer telles et si bonnes lectres que le droit du roy et son demaine y soit gardé.... Escript à la Rochelle, le xv^ jour de novembre [1410].

« Le tout vostre, Pierre de Villennes, gouverneur de la Rochelle. »

(Bibliothèque impériale, collection Gaignieres, États de Normandie, 557, 2e pièce.)

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