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L'histoire du commerce du Levant au moyen-dge a ètdtmité'e dans les deux grands ouvrages de Depping et de Heyd ', mais personne ne l'a encore étudiée dans les temps modernes*. Sans doute ce commerce perdit alors beaucoup de son importance ; la Méditerranée n'était plus le centre du commerce du monde; les grandes découvertes maritimes avaient fait prendre aux marchandises des Indes orientales de nouvelles voies, et les échelles de Syrie et d'Egypte, au lieu d'être les entrepôts des marchandises de tout l'Orient, n'offraient plus au trafic des Occidentaux que les marchandises du Levant proprement dit. Cependant la décadence fut moins rapide et moins profonde qu'on ne le croit communément : ce n'est qu'au milieu du XVII* siècle que les marchandises des Indes cessèrent complètement d'arriver A Alep ou au Caire, et les échelles de
(i) Voir pages ix cl x.
(J) JetLiASV, dans son Essai sur U Commerce dt Marseille, ne consacre qu'une partie (lu premier volume à l'histoire du commerce et fait surioui un tableau du commerce et des industries de Marseille à la An du xvni' siècle et vers 1850. — De plus, faute d'avoir suffisamment étudie' les documents et par suite d'un tnwail hJtif, la partie historique de cet ouvmgc renfemie des erreurs grossières, — Les autres ouvrages sur le commerce de Marseille (Fouqui- : Histoire raiioi'iér du commère* lit Marseille, 2 vol. in-S", Paris, Roret, 1845. — Salvador, Hisloire commetciale, politiijue et diplomatique des échelles du Liant, Paris, Amiot, 18^6, in-S») répondent encore moins à leur titre.
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Smyrnc et d'AIcp restèrent encore les débouchés d'une grande partie du commerce de la Perse, beaucoup plus riche alors qu'aujourd'hui.
Pour la France surtout, le commerce du Levant resta longtemps le plus important. Tandis que les Espagnols s'étaient rendus les maîtres du trafic des Indes occidentales, que les Hollandais et les Anglais succédaient aux Portugais dans les Indes orientales, les Français qui, malgré les efforts de François I", de Coligny et d'Henri IV, n'avaient pas réussi à prendre place à. côté d'eux, avaient profité de leur alliance avec les Turcs pour s'emparer, aux dépens des Vénitiens et des Oitalans, d'une grande partie du commerce du Levant. Mc'me au milieu du xvii"-" siècle, au moment où les tentatives coloniales de Richelieu et de Colbert et les essais de grandes compagnies attirent surtout l'attention, le commerce du Levant restait le plus considérable du royaume, ainsi que l'écrivait Colbert lui-même ;\ l'intendant de Provence, Morant, le 26 janvier 1682 : « Comme le commerce du Levant est assurément le plus important du royaume, il est aussi dune grande conséquence que vous soyiez sûrement informé par ces moyens de l'état auquel il est'. »
Ce n'est pas seulement i cause de son importance dans l'histoire économique de la France que l'étude de ce commerce est intéressante, mais aussi à cause des conditions particulières dans lesquelles il était fait et des vicissitudes au.xqucls il fut exposé. Le xvir siècle fut le moment décisif de son évolution dans les temps modernes ; auparavant la Méditerranée
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n'était encore sillonnée que par les navires des puissances méditerranéennes; au début de ce siècle, les Anglais et les Hollandais y parurent et s'établirent dans le Levant ; en présence de ces concurrents entreprenants, les Français allaientils pouvoir conserver la prépondérance qu'ils avaient su acquérir au xvi"-' siècle ? Leurs rivaux furent fiworisés par une série de circonstances, et le xvii'-' siècle fut pour les Français une époque de crise redoutable pendant laquelle ils furent menacés de voir la ruine entière de leur commerce. C'est cette crise qu'il m'a paru intéressant d'étudier.
Qju'il me soit permis en terminant ce travail de témoigner ma profonde reconnaissance à mes anciens et vénérés maîtres, M. Denis, professeur d'histoire moderne à la Sorbonne, et M. Pingaud, professeur d'histoire moderne A la Faculté des lettres de Besançon, qui ont bien voulu m'encourageri\ l'entreprendre et m'ont ensuite aidé de leurs précieux conseils pour le mener à bien. — Je tiens aussi à remercier M. Mathieu, secrétaire archiviste de la Chambre de Commerce de Marseille, de la libéralité avec laquelle il m'a ouvert les riches archives confiées à sa garde, et M. Barré, bibliothécaire-adjoint de la ville de Marseille, qui s'est toujours mis avec empressement à ma disposition pour faciliter mes recherches.