SOI
ian8 un codicille du 5 Dovembre 1565^ lecomiê leao déclara que, dan^ le cas où son deuxième neveu, qui portait comme lui le nom de Jeau, u'aurail pas ou ne percevrait pas uoe égale portion et légilime ëcheUe', daus la succession dn comté de Gruyère, de Théniage paternel *, et de toutes les choses apparlenaotes h son frère Pierre, coraie et seigneur de Gruyère- Rodolphe (Tainé des neveux) sérail privé de toute chose h lui laissée par legs, par héritage ou par fidéicommis, dans le testament du mois d'avril 1565 ^ Le comte Jean voulut que ses deux neveui fussent traités comme il ravait été lui-même avec son frère par leur oncte Pierre lU*
L'année suivante \ Jean, comte de Gruyère, seigneur de Montsalvens, chevalier, fit un nouvel acte, par lequel il appelait Il sa succession, comme il Tavait fait auparavant, ses deux ûÊveux Rodolphe et Jean, pour le câsoù il mourrait sans postérité. Mais cet acte, que nous n^avons pas retrouvé, contenait encore d'autres dispositions, qui nous sont révéla par une charte de confirmation. Celle-ci nous enseigne que Jean, comte de Gruyère et seigneur de Montsalvens, féal du comte de Savoie ^ avait cédé, par donatioo perpé-
Jean de Gruyère, ei ii Jean d*Oron . seigneur d'àital eus ; de tansamie, 19 avril, quant à l'év^ue Àimon de Co^otiay el k frère Gtrard de Griniltes, qui ^-4éclareat se charger de rexécutioo des volootéa du lesuteur ^K ^ f Excke^ta, » échelle , échèle ou écbeute , se disail au Ire rois d'une ^Bnccesslon, d'uit Legs ou de tout ce qui échoit par héritage.
^V ■ « equatem portiouem et légitima m eichejlSTn in comitalu Gruerie el bereftitaie ac amuïbus buaJ» quecuuque siQl domlni Peirî camsiml fraris Dosirj. »
* €b. dufifgHfm^^^eaium pro domino Rodolpho comité el do- ^luo Gr Le 191
HISTOIItE DE LA GftUTÈHE.
laeîle ei irrévocable faite entre vifs, h ses neveux Rodolphe, comte et seigneur de Gruyère, elJeau, frère de Rodolphe, ses chàleaux de Monisalvens, d'OËï^ ei la maison forte de Broc, avec leurs vassaux, hommages, droits, justices et autres appartenances, pour le cas ob il décéderait sans lignée, réservant T usufruit et les conditions ou conveotions faites entre eus. Les deux frères Rodolphe et Jean, féaux du comte de Savoie, suppliêrêDl leur suzerain de confirmer la dona* tioD faite en leur favetir, Je les investir des dits ehàteaur et des droits y attachés, comme étant de sa mouvance « et d'agir gracieusement à leur égard s'ils avaient négligé quelque devoir envers leur oncle, le comte ieao, et à regard des biens qu'il leur cédait. Le comte de Savoie accueillît favorablement la demande des deux frères. Il les investit de la succession qui leur était échue, sous réserve de rhommage et des services qui lui étaient dus à raison des châteaux susdits et de leurs dépendances, et il ordonna i ses baillis de Vaud, du Chablais et du Genevois, ainsi qu^a ses châtelains et autres olfjciers, d'observer la teneur da présent acte de confirmation. En retour de Tinvesiiiure accordée aux jeunes comtes de Gruyère, Amédée VI reçut d*eux la somme de cinq cents florins, par rentremise de son commissaire Chaoïpion. — Cet acte, daté de Morg^, est du 4 février 1367,
Cependant il y avait eu querelle entre le comte Jean de Gruyère ei Jean, comte et seigneur de Valengin, neveu et héritier de dame Isabelle de Valengin, jadis femme du dit comte Jean, seigneur de Montsalvens, laquelle était morte sans laisser d'enfants. Le sire de Val 600 livres de Lausanne, qui avaient c^
CBAPfTRS flEITVlÈaiE.
sa tante, et servi, disait*!!, à faire racquisilioD de la Tour de lUarsens au Désaley et de ses dépendances. Il eiigeail, de plus, les iDléréls de celte dot^ tes meubles et les joyaux de sa taole; bref, il préieudail k la somme de 2000 Uorius* Jean de Grujère soutenait, au cou Irai re, que s'étaot marié suivant la coutume de Moral, il n'était point tenii h la restitution de iâdot de sa femme; que, d'ailleurs, il avait acheté la Tour de Marsens de ses propres deniers. Oa eut recours k d'amiables compositeurs pour terminer le différead. Les arbitres fureut Jeau Mileti, curé de Morat, et Jordan de Dallieos, doniel, choisis par le sire de Valengin, Jean de la Roche, chanoine et chantre de Téglise de Genève et chanoine de celle de Lausanne, el Jaque Albi, de Vevey, jurisconsulte, choisis par le sire deMontsalvens, Les parties prirent en commun pour médiateurs Philippe de Rovoyrie, chantre de Téglise de Lausanne, et Jaques de Châtel, doDzeL La charte qui établissait que la dot apportée par Isabelle de Valengin a son mari était de 600 livres, cet acte dont Mermet de Corbiëres, donzel, bourgeois de Moral, était dépositaire, fut produit el confié à Tabbé de Fon^ laine-André, dite de Marsens, qui ne devait le remettre à Jean de Valengin qu*aprës la mort de Jean de Gruyère. Le premier ne devait point inquiéter le second k ce sujet. Il fut décidé que Jean de Gruyère jouirait^ sans conteste, moyennant 300 florins d*or, bon poids, à payer au sire de Valengin, de tous les droits qu'Isabelle avait eus h la Tour de Marsens, ainsi que des meubles, joyaui et ustensiles qui ^ appartenu h cette dame ^
ilû»
publiée fiir M. Ifaiile, dans • p. est, tt'Ba.
304 HISTOIRE DE LA GRUYàRE.
Jean, comte de Grqyère, seigneur de Montsalvens, nV vait pas exprimé dans les actes de 1565 et 1366 ses dernières et irrévocables volontés. Il fit encore un testament le 29 avril 1368. Dans ce nouvel acte, il déclara d*abord que voulant récompenser ses neveux Rodolphe, seigneur et comte de Gruyère, et Jean, frère de Rodolphe, tous deux fils de feu son frère Pierre, seigneur et comte de Gruyère, des services qu'ils lui avaient rendus, il confirmait la donation qu'il avait faite en leur faveur, comprenant les châteaux et ch&tellenies de Montsalvens, d'OEx, et la maison forte de Broc, avec toutes leurs dépendances ^, pour le cas où il n*aurait point d'enfant légitime. Il promit de n'en rien distraire, si ce n'est 50 livrées de terre de Lausanne, dont il disposait en faveur des chapelles qu'il avait fondées ou qu'il fonderait. Il se réservait aussi de pouvoir disposer k son gré de ses bieos meubles jusqu'à la valeur de 800 florins d'or de Florence; bien entendu que si le produit de ses meublés n'égalait pas cette somme, ses neveux suppléeraient le reste, et cela dans l'année qui suivrait son décès. Toutes les lettres de donation qu'il avait faites en faveur de qui ce fût, depuis la dernière fêle de l'Assomption *, seraient nulles et non avenues ", parce que ses dits neveux Rodolphe et Jean , ainsi
^ Jean de Gruyère confirmait le testament du 19 septembre 1366*
* Depuis le 15 août 1867.
* Cette disposition annulait, paratt-il , entre autres, la donation que le comte Jean avait faite le 18 mars 1368 en faveur du couvent d'HumilimoDt, laquelle comprenait une maison située, en Désaley, devant la Tour de Marsens («ante turrim de Dasaleu et de Marsens»), avec un chesal sis auprès, un morcel de vigne situé au territoire du Désaley, au lieu dit au mas, un morcel de vigne près de la voie publique . un autre près de la Tour susdite, il est à remarquer que le comte Jean de Gruyère avait acheté en 1861 (vendredi après rEpiphtnie), de Jean de Grange-neuve, de la ptroisae
CHAPiTaB ifBunkifB. 305
qoe leur frère Pierre, prîeor de RoogemoDl, avaient demandé la réYOcation de lonies les dispoailions testamentaires 00 antres, faites dans cet intenralle. Tontes les antres lettres de donation, antérienres k Tépoqoe désignée ci-dessns, resteraient en vigueur. Les frères Rodolphe et Jean, touchant le livre des saints Evangiles, le missel et les reliques posées sur Pantel de St-Denis de Ch&tel, promirent pour eux d'observer et d'exécuter les volontés exprimées dans le présent acte par leur oncle. Leur frère Pierre fit la même promesse, par parole de prêtre. Le testateur, considérant sa singulière dévotion aux ^lises et autres lieux nommés ci-après, désirant le salut de son âme et le repos de ses ancêtres, distribua les 800 florins mentionnés cidessus, comme il suit II légua 150 florins au vénérable chapitre de Notre-Dame de Lausanne , 60 aux clercs du chœur de cette ^lise, 100 aux Frères mineurs de Lausanne, 100 aux Frères prêcheurs de la même ville, 25 k Thospice de la bienheureuse Vierge Marie de Lausanne, 30 au couvent de Téla, soit de Monteron, 10 à réalise des chartreux de la vallée de Sl-Hugues, 10 à Tabbaye des prémontrés du Lac de Joux, 10 à Tabbaye de Fonuine- André, 25 à la grande Chartreuse, 10 aux ermites de St-Augustin de Fribourg, 20 aux chapelains desservant Tautel de St- Maurice construit dans la grande église de Lausanne, 250 à noble dame Philippa, fille de noble André Renoyrie, chevalier, et femme actuelle du testateur. Chacune des sommes léguées que les héritiers universels du comte
de Sl-Saphorien , au prix de 17 li?res de Lausanne , la susdite figue située en Désaley, près de la Toar de Marsens.
hIh. et docdh. X* 20
Jeao De pourraient pas acquitter, produirait un intérêt, déterminé dans l'acte, en faveur des légataires, jusqu'à complet acquittement de la somme capitale. A ce testament furent apposés les sceaux du comte Jean et de l'official de Lausanne ^
Le 11 juin 1369, le comte Jean, seigneur de Hontsalvens, fit encore un legs pieux, pour le salut de son âme, et pour rame de ses femmes et de ses ancêtres. Il donna à Tautel de la sainte Croix, fondé dans Téglise d'Humiiimont, ainsi qu'à Tabbé et au couvent, une maison qu'il possédait au Désaley, avec un pressoir, et d'autres fonds \ En retour de ce don , les moines s'obligèrent, par acte du même jour, à célébrer chaque semaine trois messes pour Fàme du donateur, de ses femmes et de ses parents. L'abbé Jean, chef du couvent d^Humilimont, et Louis (de Senarclens), abbé du Lac de Joux, supérieur de l'ordre des prémontrés, apposèrent leur scel à cet acte. .
La donation que l'on vient de rapporter est le dernier acte connu du comte Jean , seigneur de Montsalvens ; dès lors, ce pieux baron ne reparait plus dans l'bistoire. On voit par une charte du 28 janvier 1371 qu'à cette époque il avait quitté la vie ".
^ On fil U>ois expéditions de cet acte. Elles existent encore. Deux, fort endommagées, sont aux archives de l'Etat de Berne. Elles nous ont servi à recomposer ce document. La troisième, aux archives de l'Etat de Vaud , est répétée dans un Revitit de l'official de Lausanne, da 7 féTrier 1371, Indiction I, c'est-à-dire 7 février 1372, nouveau style.
* Cette donation est le renouvellement de celle du 18 mars 1368. Voy. p. 304 , note 3.
* On lit dans le Nécrologe d'Humilimont :
«XVII kl. februarij. Commemoratio dni Jobannis comilis tiruerie et dni