‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 148 sur 170 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

nous avons nommés. Après avoir reçu Tavis et rautorisaiiou de son suzerain , le duc de Savoie \ aîusi que le conseote^ inem de sa mère An loin eue de Salins, dame d'Aulrey, le comte Anloioe, chevalier % assigna k 5â sœur, h litre de dot et pour sa pari de la succession palernelle ei maternelle, ainsi que de lliéritage de ses frères et sœurs déjà dccédés ', la somme de sept mille florins d'or de Savoie* Moyennant cette somme, Guillemette renonça, comme avaient fait ses deux sœurs Jeanne et Catherine ^ aus biens patrimoniaux et aux droits qui en dépendaient, sauf le cas où elle serait légalement appelée k la succession du comté.

Son mariage fut stérile. Louis de Poitiers, toujours résolu de se venger de la violence que le seigneur de Saint- Vallier avait exercée envers lui, fit^ le 22 juin 1419, un testament par lequel, en dérogeant au dernier traité^ il instituait son héritier universel le dauphin Charles, fils du roi Charles VI, à la charge de payer ses dettes et d'accomplir ses legs; en cas de refus, il lui substituait le duc de Savoie. Celui-ci prit en eiïet, dans la suite, te titre de comte de Valentinois et de Diois \ Le comte Louis mourut le 4 juillet 1419, au château de Baix, Guillemette de Grujère fut veuve an bout d'un an el demi de mariage.

* « de f oiiiniate , mniàXio el oonsenju — domiDÎ nosLri Âmedei dacia

f^al>au(li6p CbahLapiî el Augusie fiHncipis, marcbioms in Ytbalia t comitis Pedemontiora el Gebeonlensis}* » Le duc de Savoie ii*éUU plus gotivertieur du œmte Ântome » celui-ci ayant aUetot Tâg^e plein ou partait d^ 35 ans.

* Nous pensons qu'Antoine» comte de Gruyère, Tut créé chevalier, avec beaucoup d' au tresi seigneurs* à roccasioa de féreciioii ducomié de Savoie en duf^bé.

' Voir à la p. 406, noie 3.

* « ÀTftedeus dux Sabaudie — (omet Vaimiinenfm/ el DyenfmJ, • dani une cbarte du 17 mar^ 1495.

456 H18T0IRB DB LA GRDYÈRB.

Il paraîtrait qu'en 1 i23 Guillemette aurait rendo à son frère 5000 florins de sa dot, et donné le restant, soit 2000 0., k sa sœur Jeanne'.

Quoique le comte Antoine fût seul seigneur des terra acquises par ses devanciers , cependant ses recettes, dont une bonne partie était engagée, ne suffisaient pas à ses besoins. S'il avait recueilli toute la successioo de ses pères, il avait aussi hérité de leurs dettes. Celles-ci, déjà considérables, s'étaient apparemment accrues d'emprunts faits pendant la minorité d'Antoine. Ce comte avait souvent des embarras financiers: pour se procurer de Taisent, il vendit des droits, des rentes foncières, etc. Voici quelques faits à l'appui de cette assertion.

Il y avait un siècle que dame Binfaz, codame d'Aubonne, avait assigné au couvent de Bonmont, en aumône perpétuelle, pour elle et ses héritiers, une rente de soixante-dix soos, provenant de legs pieux faits par Jordane , sœur de feu Jaques d'Aubonne, Marguerite, femme du dit Jaques, et feu Jeao, mari de Binfaz. Il était stipulé que Tobligalion de cette rente serait rachetable au prix de 70 L. * Le comte Antoine, devenu coseigneur d'Aubonne ', au lieu de racheter la dite obligation, vendit à dom Etienne de Divonne, abbé de Bonmont, et à son couvent, le droit de rachat, au prix de 24 écus d'or au coin du roi de France. L'acte de cession fut passé ï Aubonne, dans le jardin du comte Antoine, en présence de Jean Marchand, son châtelain, et de Michel Magnyns, bourgeois de Nyon, et scellé par l'official de la cour de

^ Geschichtforseher, l. XIII , p. 269 , qui cite Dachesne, Histoire de ia maison de Vergy, Preuves, p. 326.

' Ch du mois d'août 1316.

' « condominus Âlbone. »

Page 1