‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 146 sur 151 · LIVR£ TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVR£ TROISIÈME

briaDd \ a ouvert à ce juste les portes du monde ; un sacrement va les clore... Le sacrement libérateur rompt peu à peu les attaches du fidèle... Déjà il entend les concerts des séraphins... Déjà il est prêt à s'envoler vers les régions où l'invite cette espérance divine, fille de la vertu et de la mort... Il meurt enfin, et l'on n'a point entendu son dernier soupir... tant ce chrétien a passé avec douceur. » —-Mais quoi! ce chrétien, «ce juste » si plein de résignation et d'espérance, il aurait donc (( passé » moins tranquillement s'il n'eût reçu l'onction, si vous lui aviez répété, non pas cinq fois la même formule, mais une seule de ces admirables exhortations dont l'Évangile est plein 7 Allez, poète, allez ! Les plus touchants tableaux du monde ne sauraient tenir lieu de la plus petite raison.

L'Extrême-Onction est souvent dangereuse, avonsnous dit en second lieu. C'est d'abord parce qu'on se laisse très facilement aller à lui attribuer des vertus qu'elle n'a pas et qu'elle ne peut avoir. Dans un moment aussi solennel que l'agonie, l'esprit n'est guère en état de calculer la vraie portée d'un acte dont la signification est si peu nette, même dans les décrets et les traités où on prétend l'éclaircir. Au lieu d'aller au sens, on s'en tient au signe. On en fait une espèce de talisman ; le vulgaire ne demande plus si un homme est mort en chrétien, mais s'il a reçu l'Extrême-Onction *. Et ce qui contribue encore à entretenir ces fausses idées,

* Génie du Chris tianismet !'• partie.

2 C'est pour éviter ce danger que quelques Églises protestantes s'interdisent de donner la communion aux mourants. Précaution peut-être exagérée, mais qui part d'un principe qu'on ne saurait trop rappeler.

liOO HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE

c'est qu'elle s'administre tous les jours à des malades plus ou moins incapables de penser, de voir, même de sentir. Dans tous les cas de ce genre, à moins de la regarder comme inutile, on est forcé de lui reconnaître une action entièrement indépendante des sentiments de celui qui la reçoit. Le corps est presque un cadavre, et voilà quelques gouttes d'huile qui, épanchées sur ces membres promis aux vers, vont influer sur le sort éternel de Fâme !

Au premier siècle, chez des homifies dont la vie n'était qu'une longue et laborieuse préparation à la mort, nous comprenons qu'on eût moins cette erreur à craindre ; mais puisque F Extrême-Onction n'a été ni instituée par Jésus-Christ, ni recommandée après lui comme il eût été naturel que le fût un sacrement institué à tout jamais, — elle a pu et dû disparaître chez ceux qui y ont vu plus de dangers que de bons résultats.

Tandis que l'une des congrégations du concile élaborait les décrets dogmatiques, l'autre avait repris en détail quelques points relatifs à la juridiction épiscopale.

A chaque nouveau point surgissaient de nouveaux griefs, la plupart d'une légitimité si évidente, qu'il n'y avait nul moyen de ne rien céder. Ainsi , des évêques s' étant plaints qu'un prêtre suspendu ou interdit, même pour cause de mœurs et scandale notoire, eût la faculté de se faire réhabiliter par le pape, le légat permit de décider que ces réhabilitations n'auraient plus lieu ; il

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