‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 148 sur 151 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

La session (quatorzième) eutlieu le 25 novembre 1551. Il ne s'y passa rien d'important. Les décrets dogmatiques (Pénitence et Extrême-Onction) furent votés d'emblée ; les arrêtés de discipline donnèrent lieu de répéter qu'on ne s'en contentait qu'en attendant , et qu'il y avait encore beaucoup à faire. On sut, le lendemain, que le légat avait défendu d'imprimer les actes de cette session ; mais il arriva ce qu'il aurait dû prévoir, c'està-dire qu'on en envoya partout des copies, et qu'ils furent imprimés, lus, critiqués, avec plus d'empressement que jamais.

Peu de jours avant la séance, les envoyés du duc de Wurtemberg étaient arrivés à Trente. L'usage voulait qu'avant l'audience officielle, tout ambassadeur fît part de ses instructions au président du concile. Ceux de l'électeur de Brandebourg s'y étaient soumis ; mais ceux du duc avaient ordre de n'accepter ni en droit ni en fait la présidence du pape ou de ses représentants. Ce fut le cardinal Madrucci, évéque de Trente, qui servit d'intennédiaire entre eux et l'assemblée. Ils reprirent d'a^ bord l'affaire du sauf-conduit. Qu'on en donne un plus explicite, ou leurs théologiens ne viendront pas. Or, rien ne pouvait être plus agréable au légat et à la presque totalité du concile que de trouver ainsi, dans une question de forme, les empêchements qu'on n'osait plus soulever sur le fond. Le légat et les nonces répondirent donc qu'il n'était pas de la dignité du coiicile de redon-

llOU HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE

ner un sauf-conduit; que ce serait avouer l'insuffisance du premier, et la mauvaise foi qu'on les accusait d'y avoir mise. Les mêmes difficultés se présentèrent à l'arrivée des députés de Strasbourg et d'autres villes protestantes, que l'empereur forçait, comme les princes, de se faire représenter à Trente ; et lorsqu'ils se réunirent pour demander que , conformément aux promesses de Charles-Quint , on leur permît au moins de présenter au concile une exposition de leur foi , le légat déclara que ni lui, pi ses collègues, ni l'assemblée, ni le pape, n'y consentiraient jamais.

Pnfin arrivèrent les envoyés de l'électeur de Saxe ; et comme leur maître, de jour en jour plus puissant , se montrait peu disposé à souffrir qu'on ne les accueillît pas, il fallut bien en trouver le moyen. On décida que les ambassadeurs protestants seraient reçus tous le même jour, mais non pourtant en séance publique. Ce serait donc en congrégation générale et dans le palais du légat.

Sur cette séance même, autres questions à résoudre. Quelle, place donner aux ambassadeurs? En leur qualité d'hérétiques, leur place était h genoux, ou tout au plus debout et tête nue, ce qu'on ne pouvait songer à leur demander, encore moins à leur imposer. On décida donc qu'ils seraient assis, et même à des places d'honneur, mais « par charité et par compassion, » disait le procèsverbal, et sans dérogation aucune aux droits de l'assemblée. Les pourparlers avaient duré deux mois.

Cette séance eut enfin lieu le 24 janvier. L'ambassadeur de Saxe, Léonard Badehorn, salua les évêques du titre de Très-révérends pères et seigneurs. Sa harangue fut calme, ses demandes exorbitantes ; mais il était clair

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