‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 19 sur 151 · LIVRE PREMIER ft · texte numérisé non relu

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en soi^ que plaire au pape; mais cette autorité suprême^ dont il s'était partiellement dessaisi par la convocation d'un concile général, la lui rendrait-on intacte? La diète future pouvait, à la voix de l'empereur, agir en héritière des droits du concile mort-né. L'aifaire d'Her» mann pouvait aussi appeler une explication sur les limites respectives des deux pouvoirs, et l'empereur paraissait peu disposé à n'avoir pour tout droit que celui d'envoyer l'archevêque au pape. Il valait donc mieux pour le pape que l'explication n'eût pas lieu^ et, pour cela) il fallait laisser subsister la perspective du concile^ dût-il rester indéfiniment en perspective.

Au fond, qui avait tort ? — Nous ne pouvons nier que ce ne fût l'empereur. Quelle que fût son opinion dans l'éternelle querelle de la supériorité des conciles sur les papes ou des papes sur les conciles, il ne pouvait sérieusement se croire en droit de prononcer sur l'orthodoxie d'un archevêque^ Le pape, en protestant^ n'aurait fait que son devoir» Ses conseillers l'y poussaient ; son silence était appelé trahison. Ce n'est pas à nous de le blâmer pour y avoir persisté ; mais comme nous tenons à recueillir en passant tout ce qui peut jeter du jour sur ce qu'on a eu intérêt à laisser dans l'ombre, nous ferons observer encore ici combien l'autorité de l'Église et de son chef était peu définie, peu claire, peu comprise. C'était plutôt un fait qu'un droit. Comme fait, les forts s'en jouaient ; comme droit, depuis que ce n'était plus un droit absolu sur tout et sur tous, personne ne savait au juste où on en était. Au lieu de principes, des hommes. Un pape fort empiétait sur le temporel ; un prince fort, sur le spirituel. A Rome, un pape ôtait les royaumes; à Cologne, un prince parlait d'ôter un archevêché. Et au

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milieu de tout cela, ce concile que Rome nous représente aujourd'hui comme une citadelle bâtie sur le roc, — toutes les histoires du temps, même les plus catholiques, nous le montrent cent fois tenant à un fil, à un cheveu, à un rien, aux plus incroyables misères de la politique et des passions. Si ce n'est là, pour quelquesuns qu'une preuve de plus de l'intervention divine, seule capable, disent-ils, d'avoir levé tant d'obstacles, — ne sommes-nous pas plus respectueux envers Dieu quand nous disons, cette histoire à la main, qu'il serait indigne de lui d'avoir caché sous un pareil tissu l'auguste action du Saint-Esprit?

Bientôt surgit une difficulté nouvelle.

Le royaume de Naples comptait environ cent évêques, la plupart dévoués au pape et prêts à se rendre au concile dès qu'il leur témoignerait le désir de les y voir. Le vice-roi < leur ayant proposé de n'en envoyer que quatre, chargés des procurations de tous, ils refusèrent. On en référa au pape, et il leur donna raison.

Au point de vue romain et en regard d'un concile, l'idée du vice-roi était absurde. Voter par procureur là où il s'agit de soi, de ses intérêts, de ses droits, rien de plus légitime et de plus simple ; mais concourir de la même manière à des décisions dogmatiques, à des décrets réputés d'avance infaillibles, qui pouvait raisonna-

* Pierre de Tolède. ^

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