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Toutefois, à prendre la chose en général et en dehors des abus qui s'y sont mêlés, nous ne saurions reprocher au concile de n'avoir pas défendu l'acceptation de toute offrande. A une époque où le clergé n'avait nulle part un salaire fixe, il y avait beaucoup d'églises qui, sans le casuel, n'auraient pu être desservies. Là, tout ce qu'on pouvait raisonnablement exiger des prêtres , c'était qu'ils ne refusassent pas les sacrements à ceux qui les voudraient gratis. Même dans les églises riches, l'acceptation d'offrandes volontaires n'avait , en soi, rien de contraire au bon ordre, à l'esprit du christianisme, à la dignité de la religion et de ses ministres.
Le mal, mal inévitable, c'est que les offrandes de ce genre finissent promptement par n'être plus ni volontaires ni libres. Avez-vous un enfant à présenter au Baptême? on ne vous fera pas, il est vrai, payer d'avance, et, vous sût-on hors d'état de payer, on baptisera votre enfant ; mais pour peu que vous ne soyez pas entièrement et absolument incapable de rien donner, vous donnerez ; vous vous soumettrez, fût-ce en murmurant, fût-ce en maudissant le prêtre et peut-être la religion, à ce malheureux tarif où tout ce qu'il y a de plus saint au monde est coté en francs et centimes. Votre père, votre fils est mort. Bon catholique, vous voudriez bien faire dire une messe pour le repos de son âme ; mais le tarif est là, et vous n'avez pas d'argent. Eh bien, il est très possible que le prêtre à qui vous vous adresserez consente à dire pour rien la messe que vous ne pouvez payer ; mais il est très possible aussi qu'il vous la refuse ; il est très possible, surtout, que vous n'osiez pas la lui demander. Qu'il refuse ou qu'il accorde, il n'en sera pas moins reçu, reconnu, universellement admis dans l'É
^k HISTOIRS 9U COHCII'S D£ TRENTE
glise romaipe que, pi Yoïk y^ni une messe, il faut la pay^; et pli^ yûm$ s^rez co^vaiocu 4^ V^fficacité des ine^sesf pour tirer d|Bs gammes 4u purgatoire uuq 4i»e qui vous est chère, plus ^1 sera poonstr^ux ^ vois yeuiL que riuégaUté du pai^vr^ et du fiche, 4éjà ^ triste çt si déplorable eu ce monde, se p^pétue ^u-delà du tombeau.
yoill^ pour les inconvénients naturels de ce dange-r reu^ état de çUosas. Or, npi^s avons jusqu'ici supposé les prêtres l^lssi a^Qompdod^ts et ^ussi charitables que possible, aiussi désireux qu'on Ao\l Vèiv^ 4'(^l^oin^rir pfu* des concessions }e 91^ que ee|te /organisation peut l'aire. En est^il généralôQieat ainsi? l^ plus dévoué champion de J'bouneur catholique n'oserait Taifirmer. Partout où le catholicisme if^ pas été obligé do modérer, sous l'œil de |a Réforme ou l'active surveillancjB de la presse, les trafics éhoptés qu'on lui reprochai!, — combien voiton de prêtres ayant sev)leipent l'air de se douter qu'il puisse y avoir le moindre m^l, la moindre inconvenance, à faire onvfrlement argent d^ tQut? W, il est vrai, le peuple n'en est pas plus sç^ndajlisé que les prêtres n'en rougissent ; n]^is çe^ i^i^cord entre Tabrutissement des uns et la. cupidité des autres, ce silence des peuples eni présence de tels abus , cette ^sence de tout soupçon que ce ne soit pas là l'état normal , •<— ce n'est qu'un plaidoyer de pl^s, et un plaidoyer permiçineut, contre lia religion qui leur a ôté ii ce point 9 &ui^ uns comme aux autres, le sentiment des plus vulgaires convenances. Ailleurs, du reste, avec un peu plus de pudeur dans les foimes, c'est toujours le même système. En France, par exemple, pour peu qu'on écarts un pli du voile, il n'y a pas de jour que l'on ne découvre encore d^ choses