‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 13 sur 138 · LIVRE PRBMIËR · texte numérisé non relu

LIVRE PRBMIËR

IBits du concile : il y a donc une question de droit que nous ne pouvons laisser omettre. Or, pas de milieu : ouun concile œcuménique est infaillible par lui-même, mais il ne Test alors que s'il est véritablement oecuménique, universel ; ou il le devient par rassentiment de l'Église, et alors, jusqu'à cet assentimeift constaté, ses décrets ne sont que des préavis.

Cette dernière concession, devant laquelle tant de catholiques reculent, les ultramontains, au contraire, la font avec empressement. Ils la regardent, avec assez de raison, comme conduisant droit à la supériorité du pape sur les conciles, et, par suite, à son infaillibilité. Mais comme cette partie de la question a été débattue à Trente même, nous y reviendrons en temps et lieu.

A la question du nombre des évêques se joindrait, s'il fallait tout dire, celle de leur prétendu droit à siéger seuls dans les conciles.

Une société quelconque ne peut logiquement avoir pour ses représentants que des hommes élus par elle. Les évêques sont-ils élus par l'Église? Voilà au moins douze cents ans que les peuples n'ont rien à voir dans l'élection de leurs premiers pasteurs. En fût-il autrement , ce ne serait encore qu'une affaire ecclésiastique et humaine. Prouvez l'infaillibilité de l'Église : vous, n'aurez pas prouvé que les évêques en soient seuls les organes. Prouvez l'infaillibilité des conciles généraux : restera toujours à montrer si, comme on le prétend à

Rome, « il est de droit divin que les conciles soient cora» posés d'évêques*. »

Il y a de quoi être confondu, h ce sujet, de voir avec quelle assurance on a quelquefois tiré d'une phrase, d'un mot, les dogmes les plus importants et les théories les plus formeltes, tandis qu'on s'obstine à ne rien conclure des faits les plus clairs, des détails les plus circonstanciés. L'humble assemblée tenue h Jérusalem par les apôtres , vous voulez l'appeler concile et l'assimiler aux conciles postérieurs^? Soit. Cette assemblée ayant dit : (( Il a paru bon au Saint-Esprit et à nous, )> — voilà, selon vous, l'intervention du Saint-Esprit dans les décrets de tous les conciles légitimes. La parité n'est pas très-rigoureuse, puisque les Apôtres étaient individuellement inspirés, et que les évêques, de voire aveu, ne le sont pas. Mais enfin, soit encore. Prenez les mots, si vous voulez ; mais alors, au moins, prenez-les tous. « Les Apôtres, les anciens et toute l'Eglise, est-il dit, trouvèrent bon de choisir... etc. » D'où rc^sulte assez nettement, ce semble, l'intervention des ministres inférieurs, des laïques même. Pallavicini se moque beaucoup de ceux qui prétendraient que l'Église, toute l'Église, c'est-à-dire plusieurs milliers de personnes, aient pris part à la délibération ; il demande où donc on aurait trouvé, à Jérusalem, un local qui pût contenir tout cela. « Il n'y avait évidemment, conclut-il, qu'un certain nombre, un petit nombre de laïques. » Qu'importe? Un petit nombre, ici, est-il moins embarrassant qu'un grand? L'auteur est forcé d'ajouter, pour s'en

* Le P. Biner.

) Livre des Actes, xr.

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