LIVRE PREMIER
Gampeggi lève alors le masque. L'fempereur * étant en Espagne, l'archiduc Ferdinand, son frère, le représentait dans les diètes, et exerçait en son nom une partie des fonctions impériales. Le légat lui persuada de convoquer à Ratisbonne une espèce de contre-diète, où Ton tâcherait d'amender les décrets de celle qui venait de se dissoudre. L'assemblée eut lieu, mais sans un seul électeur. Les uns avaient refusé nettement ; les autres, à demi. Bref, pas un ne vint. Il ne s'y trouva que deux ducs, un archevêque, deux évêques et les députés de neuf autres. Le plus sage eût été de se dissoudre sans bruit ; mais le cardinal insista. Le 6 juillet, on décrète que l'ancien édit de Worms, contre les luthériens, sera remis en vigueur ; le 7, on adopte le projet de réformation repoussé par la diète comme insignifiant et dérisoire.
Charles-Quint ne pouvait donner ouvertement «a sanction à des arrêtés pris en dehors des formes légales ; mais comme il lui importait, à cause de ses démêlés avec la Ffance, de rester autant que possible en bonne intelligence avec le pape, il blâma le ton péremptoire du décret de Nurenberg. C'était à lui, disait-il, et à lui seul, de demander un concile. La diète pouvait le prier d'a^ gir auprès du pape ; mais, quant à agir elle-même, elle n'en avait pas le» droit. Et comme elle avait encore décrété de se réunir à Spire dans les derniers mois de la même année, pour voir où en serait l'affaire, et, au besoin, pour la hâter, l'empereur le lui défendit.
Il allait bientôt changer de langage. Vainqueur à Pa- 1 Charles-Quint.
ià HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE
vîè <, inaîtfe du feort de François î", sa victoire l'avait rendu Tat-bitre de l'Italie. Il ti'avait pltis besoin du pape; ce II* était plus pour lui qu'un des petits souverains qtli se partageaient le pays. En juin 1526, la diète Siégeant k Spire, il envoya Itii-même l'ordfe de délibérer sur les affaires de l'Église. On décida, corifonnéinent à ses vues, qu'il serait supplié de travailler au plus tôt à réunit etl Allemagne ou un concile général, otl, k défaut de celuilà, un concile national.
C'était un nouveau pas, et un grand pas. Si là cour de fiome a tant peur d'un concile ouvert à tous ses amis et à toutes ses influencés, que sera-ce d'un concile tout allemand?
Poussé à bout, le pape n'attend pas que la demahdë lui arrive. Certains décrets impériaul, plus ou moins hostiles, sur quelques points, aux droits où aul prétentions de l'Église, vôiit lui fournir une occasion d'éclater. Le 23 juiil, il écrit un bref Violent ; le 25, un bref beaucoup plus doux, plein de flatteries, de promesses, et dans lequel 11 n'est pas question de l'autre. Charles en fait autant. Dans une première lettre , calquée sur le premier bref, il récrimine hardiment ; il va en appeler, dit-il, comme les luthériens, à un concile universel et libf e. Dans une seconde, éci-ite aussi deux jours aprèsj il ri'â pas Tait de se rappeler la première ; il proteste de soft respect pour le pape, de son âmour pdur la paiXj de ses vœux pôUt* Turilon fraternelle deS deux pouvoirs. Dans une troisième, enfin, c'est aux cardinaux qu'il s'adresse. A eux , dit-il , de convoquer le concile, si Clément persiste à e'y refuser.
II say^t k Çui il parlait. Pu parti puissant, softte»u et e»cour,agé par lui, travaillait depuis quelque tejpp^, dans Ro0)p ffîêpie, à rabaissement du pape. Ûq eardiu^l Pompée Colonna, chef de la maison de pe nom, vep^t de se déclarer pour l'empereur. C'était U dpstinép de sa famille, di?ait-il, 4'être haïe des mpv^is p^pes, lïjîiis aussi à'm débî^rrasser l'Église. (( Si ses aocétreç av^jpijt fait trembler un Boniface VHI, il saurait bien, lui^metfr^ h la raison un Clément yil. » Çt ce n'était p^ seulement par des violences qu'il pouvait tourmenter \& i^alheureux p^piBf L'élection de Clémeut avait été eut^phép, à ce qu'il paraît, de plus d'un fe|t peu l]pporal)|p. )) y ,^y^it eu des cabales, des promesse^ d'^irge^t, de places i toutps choses peu rares, eu général, daus Jes élections du temps, rn^is sévèrement défendues p^r Jes canons 4p l'Église, pt p^r cpn^équeut sufljsaut^s, l'empereur at jjant, ppi|r (aire déposer uu pape comme illégifiwô ^ iatrus. Ajoutez à cela une illégitimité d'up ^u^pe geure, pelle de sa naissance. Fils d'uïie dps maîtresses de JuH^p de Médicis, il n'ay^it jamais pu prouver que sou pèpe l'eût épousée. En le créant cardinal, L^ou X îiivait fait rendre un arrêt ou s^ légitimité était repopnue-; m^is ce U'ét^it qu'uue preuve de plus qu'elle ^vait été jusque-}^ au moips douteuse, et ou avait continué ^ douter. Qr, les^npieps canons d^feudaient aussi d'élever, même k]^ prêtrise, pelui dout 1» naissappe Q'fMir^t p^ été légitW# gU régulièremi^ut légitimée. *
^es orages s'ampncel^nt ; mais le pape, de sou 014^ U'^vait point perdu de temps. Avant de ronapre ^<^ l'empereur, il s'ét^t as$uf.é l'appui de h FfW^* "^Pli^ les sermeuts ^ le prisppoj^r fie Pavi^ f^^^it 4^ (ifffff dans sa prison dg 4fl#id} Vm ^^^f9^^m 9^ )ihe4^ li
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pape l'en ayait secrètement relevé. Secrètement ligués, sous ses auspices, contre les envahissements de l'empereur, les princes d'Italie étaienUprêts à ge soulever au premier signal.
L'insurrection éclate. Le pape envoie en Lombardie toutes les troupes dont il peut disposer ; mais à peine la ville est-elle sans défense, que les Colonna s'en approchent -avec tout ce qu'ils ont pu ramasser de soldats et de bandits. Ils entrent. Le pape veut les attendre sur son trône, la tiare sur là tête et la crosse eu main, comme jadis Boniface. a Nous verrons, dit-il, s'ils oseront porter la main sur le successeur de saint Pierre ! » Pierre lui-même se serait peu reconnu, à vrai dire, sous ce costume et dans cet entourage. Pourtant, soyons justes : le p&pe avait là un beau mouvement. Mais ses amis s'effraient ; on lui conseille de ne pas s'y fier. Les Colonna ne sont plus hommes à tomber à genoux. Ils ont vu la papauté de trop près ; ils savent ce qu'il y a de sapin sous le velours de son trône, et de carton sous les pierreries de ^a tiare. Clément court au château Saint- Ange ; les Colonna piUent le Vatican. Repoussés par le peuple, 'ils vont camper aux portes de la ville, et le .vice-roi de Naples, soit de son chief, soit sur l'ordre de l'empereur,» leur envoie journellement des renforts. Le pape capitule. Il rappellera ses troupes; les Colonna s'éloigneront. Mais à peine ses troupes sont-elles de retour, qu'il excommunie les Cojonna , leurs adhérents , leuns amis, quiconque etofin leur po^t^ ou leur portera secours. C'était excommuniert'empereur. Réfugié auprès du vicejoi, Pompée Colonna çn appelle a au ftitur concile, )> et r2Ç)pel se trouve naystérieusement affiçié, un matin, à" la porte de toutes les églises de Rom^