CONSTANTINOPLE
Le quatrième concile œcuménique de Gonstantinople fut présidé par les légats du pape Adi'ien,qiii avaient étéenvoyés àce dessein(3). L'Empereur y députa dos patriciens, mais en qualité d'auditeurs et de magistrats, et non pas en qualité de membres du synode (4). Avant de signer les actes, les légats du saint-siégejes
gistrats et tous les patriciens présents furent ensuite interrogés, et déclarèrent les uns après les autres recevoir le concile, et anathématiser tous ceux qu'il anathémalisait (1).
285. Charles Dumoulin et Gentillet, l'un et l'autre jurisconsultes habiles, ne pouvaient pas prendre le change sur la nature des faits que nous venons de citer. Expliquez-nous, je vous prie, d'où a pu provenir leur erreur.
286. Nous pensons que c'est à dessein de pallier la fausseté trop évidente de leurs assertions que Heidegger, et les autres théologiens ou canonistes prolestants qui sont venus depuis, ont distingué deux espèces de présidence ; l'une de cause, pour me servir de l'expression de Heidegger, et l'autre d'ordre : ou bien l'une d'honneur, selon Vargas, et l'autre d'autorité, distinction adroite que quelques théologiens jansénistes ont adoptée, mais qui n'est nullement fondée, les actes des premiers conciles et la déclaration très-explicite de l'empereur Théodose annon-
cent présenter Sabord à la signature dcTEm- çant clairement que l'action des officiers laïpercur, qui répondit par humilité ne vouloir ques était complètement étrangère au consigner qu'après tous les évéques. 11 signa cile, et que le président ecclésiastique était néanmoins après les patriarches (5). Les ma- président de nom et d'effet.
287. L'Empereur avait son trône ou son (1) c In nomine Domini et dominatoris Jesu Christi siège dans l'endroit le plus honorable
veri Dei nostri, imperio piissimnruin et amicorum Christi dominorum noslrorum Consianliiii et Irenes nialris ejus, oetavo anno consulatus eorum, oclavo kalcndasoclobrias, indictionexi.
< Conveniente sancla et universali syuodo, aux per divinam gratiam et piam sanclioncni corumdein Deo confirmaîoruui imperatoriiui congregata est m Nicensium clara metropoli, Bilhyniensium provincial, id est, Pelro reverendissimo archipresbytero sauctissinue roniana? ecclesia», scilicel aposloii Pétri, et Pelro reverendissimo presbylern, monacho et abbale venerabilis monasterii sancti Sabbae, Romœ sili, retinentibus locum apostoiicae sedis almi et sanctissimi archiepiscopi senioris Romoc Adriani, etc. » (Deuxième conc. de Nicée, session lre.)
(2) < Post lias acclamationes, palriarcha offert imperaloribus lectum deunilionis lomnm, poslulaviiqne eu m uoiversa synodo, ul consignaretur et communirelur piis eorum subscriptionibus. i (Session huitième et dernière.)
(3) Volumus ergo per vestra>. pieialis industriam, illic numerosum celebrari concilium, cui nosti i quoque missi prœsidentes, et culparum pcrsonaniuu|ue dillerenlias liquido cognoscenles, juxla quod in mandats acceperunl, singulorum libère discrétions exerceant. » ( Quatrième conc. de Constant. Le pape Hadrien à l'empereur Basile. )
(4) lu nomine Patris et Filii et Spirilus sancti.
Amen Convenientibus aulem Donatoet Stepliano,
Deo amabilissimis episcopis, et Marino, venerabili diacono, locum lenenlibus II adriani sanctissimi ac beatissimi arebiepiscopi senioris Roma:. et Ignatio lionorabillissimo archiepiscopo magni nominis Consianlinopoleos, novae Roma?, et sanetissimis vicariisOrienlis, Thoma videlicet sanclissimo melropolila Tyri, locum lenenle sedis Anliochia?, eo quod eadi'm viduala essel ecclesia ; et Elia Dei cul tore presbytero , et Syncello locum tenente Theodosii sanctissimi archiepiscopi sedis llierosolymorum. Deinde secundum jussioncm amicorum Christi et piissmiorum inagnorqm imperatorum noslrorum Basilii ci Consiaulini, présentions cl audienlibus laudabilissimis palriciis videlicet, etc. >
(5) t Sanctissimi vicarii senioris Roma? dixerunt : Quoniam providentia Dei in prosperum linein omnia
du concile/lorsqu'il y assistait; c'est en ce sens seulement que doit être expliqué le verbe prœsidere, que le droit canon emploie en parlant de l'assistance de Constantin au concile de Nicée, et qu'on trouve dans la lettre synodiqne du concile de Chalcédoino au pape Léon. Il faut en dire autant du verbe prœessi*, employé pour exprimer l'assistance de Cou stanlin Pogonat au sixième concile œcuménique, et celle de l'impératrice Irène et de son fils.
288. Heidegger n'est pas plus heureux dans ses raisonnements que dans ses citations. Nous convenons avec lui que le droit ecclésiastique ordinaire est fondé sur la loi divine ou sur la loi ecclésiastique, que i'Egliscde Rome est une église particulière, que les
Ecclcsiac devenerunl negolia, oportet nos ut in scriptis manu propria hnec roborare, sceundum syuodieam consequenliam. Unde volumus ut subscribant prîmilus Christi amatores impera tores, etdeiude secundum ordinem sancla bxc synodus. Basilius piissimus etClirisii amicus imperator dixil : Tranquillis-minin imperium nostruin seculum précédentes et justissi' mosimperatores, Constantinum videlicet Magnum et Tbeodosium et Marcianum ac eaeleros, vult su!)scri bere post subscriptionem omnium Deo amnbiliuni episcoporuni. Sed quoniam postulat prœfcrri nos Sanclitas Vestra,subscribam post subscriptionem on>niuni sanclissimorum vicariorum ; edocti en ira su mus a Cbrislo vero Deo nosiro babere exailanteni liumilitatem. > ( Conc. Const. quarto. )
(1) i Post bx'c inlerrogali magistri et omnes patri • cii, quid de sancla et universali synodo exislimarent, vel quomodo eam subscriberent, Theodorus magni ficentissimus proconsul et magisler dixil ita : Oinnki quai facta sunla Photio contra sanciissimuin palriar cham nostruin Ignalium et contra beatissimum p» pani Nicolaum, anaihemalizans , et banc sancian et universalem synodum suscipiens, recipio quos re cipit el analbcmalizo quos anailieuializat... simili Cliristophorus, etc. *
SECTION Y. DES FORMALITES JURIDIQUES
affaires de police extérieure appartiennent à l'autorité civile, et la discussion des questions agitées dans le concile aux pasteurs, aux docteurs et autres personnes légitimement convoquées; niais nous sommes bien loin d'admettre, comme conséquence directe et nécessaire de ces principes, que l'évêque de Rome n'a pas le droit de présider aux conciles œcuméniques.
289. La prééminence de son siège est nonseulement établie sur les lois ecclésiastiques, mais encore sur la volonté de Jésus-Christ, qui dans la personne de Pierre l'a choisi pour être le fondement de son Eglise, comme dans la personne des autres apôtres il a choisi les évoques pour en être les docteurs. 11 est de droit à la tète des pasteurs lorsqu'ils sont dispersés. Il faudrait nous dire pour quelle raison il doit cesser de lé présider lorsqu'ils sont réunis en concile. Sans d>u e l'église de Rome est une église particulière, et son pasteur serait au même rang que ceux des autres églises, si la prééminence sur eux ne lui avait pas été accordée; mais dès l'instant où il est prouvé que celle prééminence lui a été accordée, il se trouve, quoique pasteur d'église particulière, le premier des pasteurs, et personne dans la chrétienté ne peut lui contester raisonnablement celte prérogative. Les Pères d'un concile légitimement convoqué n'ont pas le pouvoir de changer les principes constitutifs de la société chrétienne, encore moins celui de défaire ce que Jésus-Christ ou ses apôtres ont fait dès le commencement. L'autorité civile, dont l'acceptation est indispensable lorsqu'on veut que les décrets du concile deviennent loi de l'Etat, dont l'action est utile et quelquefois nécessaire pour empêcher que des personnes malveillantes ou intéressées à faire du désordre ne viennent troubler les délibérations des Pères, dont l'intervention serait requise si le concile, se formant en cour judiciaire, voulait prononcer une sentence emportant peine afflictive et civile, l'autorité civile n'est pas compétente pour le reste. Elle peui assister au concile œcuménique, mais elle ne peut pas prendre part à ses délibérations; la présidence ne la regarde donc aucunement.
290. Si du fait de la présidence nous revenons à celui de la convocation, nous ne rencontrerons rien dans le même auteur pour établir positivement que la convocation du concile œcuménique faite par le pape soit illégale.
291. 11 nous parle encore des lois divines et des lois ecclésiastiques; mais le pouvoir ûe convoquer les membres d'une société appartient naturellement à celui qui est établi c chef de cette société. 11 nous dit que chez es Juifs les assemblées étaient convoquées •ar l autorité civile, et non par l'aulorilé reigicuse; mais chi'z les Juifs les assemblées Paient mixtes et plutôt civiles que religieuies. Il dit que c'est à l'autorité civile à fourtir le lien du concile, à régler sa forme et i faire les Irais de sa con vocal ion, etc. Sans iccorder à l'autorité civile le droit de régler
la forme du concile, nous lui reconnaissons celui de refuser sa coopération. Tout ce qu'on peut conclure de là, c'est qu'il faut prudemment s'entendre avec elle, afin d'aplanir les difficultés et de prévenir les oppositions qu'elle pourrait mettre à la convocation, à la tenue, aux délibérations du concile, et à l'exécution de ses décrets.
292. Quelquefois , continue-til, le» conciles sont convoqués pour apaiser des troubles que les ecclésiastiques eux-mêmes ont suscités. Quelle conclusion allons- nous tirer de ce fait? Faudra-t-il reconnaître à l'autorité ecclésiastique le droit de convoquer 1 s assemblées civiles , parce qu'elles ont quelquefois pour but d'apaiser des troubles que les citoyens eux-mêmes ont occasionnés? Nous accordons à Heidegger que ce n'était ni à Luther , ni à Zuingie à convoqu r le concile de Trente. S'ensuil-il de là que le pape n'avait pas le droit de le convoquer? Le pape , ajoute-l-il , peut se trouver en prévention et dans le cas d'être jugé par le concile. En ce cas , répondrons-nous , l'Eglise ferait sans doute ce qu'elle a déjà fait.
293. Les raisonnements d'Heidegger sont assurément pitoyables. Cependant il s'en faut de beaucoup qu'ils le soient autant que celuici : « Les Allemands, dirent les princes protestants au légat du sainl-siégc , ne relèvent que de l'Empereur, c'est leur prince , c'est leur chef, c'est l'arbitre de tous les différends qui s'élèvent dans la chrétienté , et c'est à lui seifl qu'appartient le droit d'assembler des conciles légitimes. » (17e du cardinal Commenrfoti .)
29V. Les Allemands relevaient de l'Empereur au lemporel,ot quand même ils auraientrelevé de lui au spirituel , aurail-ce été une raison pour lui accorder le droit exclusif d'assembler les conciles œcuméniques, lui donnant ainsi la suzeraineté ou la suprématie sur tous les royaumes chrétiens? Charles-Quint, qui rêvait , dit-on, la monarchie univers Ile, aurait pu désirer que les choses fussent ainsi. Mais il eut la sagesse de ne point élever celte prétention, qui, seule et indépendamment des autres conditions imposées par les protestants, aurait suffi pour rendre impossible la convocation et la tenue du concile de Trente.
§ 2. Composition du comité.
295. Se sont élevés contre la composition du concile : 1° Luther; 2° Calvin ; 3° les Etals protestants d'Allemagne; V° Gentillet, 5° Dumoulin^0 Ranchin, 7° Heidegger, 8" Spanheim, 9J Vargas.
ALLEGATIONS
296. 1° Lutheh, — «Praeterca sequilur in papa? Paululi brevi ad imperatorem Carolum. Et te non lalcat, tuarum non esse partium,deligere, qui in concilie fuluri sint, sed nostraî illud est auctoritalis (lj. Progredere
(1) Luther a eu tort de ne pas développer celle proposition. Toujours esi-il. pour ce qui regarde le souverain poulife, que sa bulle de convocation est adressée à tous ceux qui ont droit d'assister au con-
DISCUSSION DES OBJECTIONS CONTRE LE CONCILE
caute, care mi Paulule , mi asine , ne subsilias. Abl mi Papaselle, ne subsilias. Carissime mi asellule, ne facias, ne forte labaris, et libiam frangas , nam glacies hoc anno ex ventorum tranquillitate valde piano levore coiit,et si forte inter cadendum tuam podicis animam amitteres, tum loti mundo te ridendum propinares, diceretque , vah diabolo, ut papasinus se totum fœdavit, et hoc tamen esset magnum crimen laesœmajestatis, ad versus sanctam sedem Roma3, quod nullae litterse indulgentiales,nullap!enitudo majestatis remittere poterie Papœ hœc res esset discriminis plena, quapropter, mi sceleste, cœlestis, inquam paler, prius tecum diligen-
personnes qui assistèrent au concile , ne faut passersoussilence les deuxarchevesquesque pape Paul y envoya pour parade. L'un s'appelloit Olaus le Grand, Suédois : et s'inlituloit archevesque de Upsalem en Gothie,pays qui ne reconnut jamais le pape ni l'Eglise romaine. L'autre se nommoil Robert-Venant, et s'intituloit archevesque d'Armacane , en Hibernie, pays fort septentrional, situé presque sous le pôle arctique. Pape Paul desia auparavant le commencement de ce concile avoit entretenu à Rome ces deux pauvres archevesques en blanc, ausquelz il avoit donné les susdits archeveschez, tout de mesme qu'il donne auxévesquesportalifsles évcschezd'E-
ter perpendas quam grandi periculo te ex- phèse, Alexandrie, Anlioche,Thessalonique,
ponas » (Foy.n. 242, OEuvresimp. à Willem- Corinthe et autres villes qui esloyent jadis
berg. t. VII, fol. 452). chrestiennes et qui maintenant sont, ou du
297. 2° Calvin. — «Concilium errare non tout rasées et péiies ou sous la domination
posse ideoconlendunt:quia reprœsentet Ec- du Grand Turc ou du sophi de Perse. Tels
clesiam: quid aulem , si hoc poslerius nege- estoyentees deux pauvres arebevesques Olaus
tur verum esse?Alqui ut de eo statuatur, vi- le Grand et Robert- Venantarchevesques,sans
dendum, opinor, quibus hominibus constet. Adsunt forte quadraginlaautcirciterepiscopi; ncque enim numerum teneo, neque enim admodum euro, quia parum ad rem pertinet. Respondeant mihi bona fide patroni conciliorum. Si quis ordine ipsos omnes recenseat, quotumquemque ex illis non contemnet?... Proinde si removeas concilii nomen, nihil nisi quisquilias fuisse, quicquid illie episcoporum fuit, totus papatus fatebitur... Gallos tantum meos rogabo ut quam ipsi conlulerunt , porlionem justo pretio aîsti— ment... illinc duo adfuerunt episcopi Nannetensis et Claromontanus, ambo aeque indocti
arebevesché, sans église, sans clergé, sans diocèse et sans revenu. Mais pape Pauldonnoit pension àOlaus de quinze écus par mois, qui estoit bien peu pour entretenir train d'archevesque et pour répondre à ce surnom de grand. Il donnoit aussi quelque entretenu menlà l'autre prétendu archevesque d'Armacane qui estoit homme remarquable en deux choses, en ce qu'il savoit bien chanter messe et aussi courir la poste, tout aveugle qu'il estoit : ces deuxarchevesquesdonques furent envoyés par Paul au concile trentain , comme un spectacle admirable, de voir deux prélats venus de si loingtains pays (ainsi
ac stupidi. Hic etiam posterior , non ita pri- qu'on laisoit courir le bruit) pour recognois-
dem tam ridiculus habitus quam moriones et tam libidinosus ut instar canis venatici, impudicas omnes domos odorari solitus esset, donec in disciplinam Sosiae cujusdam famosœ apud Parisios mulieris, se tradidit... nam Aquensem archiepiscopum inter Gallos vix numéro (Préface pour Y Antidote).
298. 3° Etats protestants d'Allemagne. — « Certum autem est pontifleem romanum nulla alia de causa status, qui Augustanœ confessionis sunt, a suo illo concilio excludere, ne ulla in parte ejus prsejudiciis quidquam decedat aut prœjudicetur. » (Voy. la section IL)
299. 4° Gentillet. — «Quae vetustis illis temporibus, ordinandorum conciliorum gratia, ratio servabalur , longe ab hodierno more discrepabat. Episcopi , presbyleri alque alii eruditi viri, tum clerici, tum laici ad ea admittebantur. Quemadmodum cxemplo concilii Nicaeni manifestum est, in quo laicus quidam et vulgaris adolescens subliliores
tre la grandeur et autorité du pape.» (Le Bureau, L. I", sess. Ire.)
301. «Entreceste session et la subséquente, il advint une chose plaisante et bien inventée, pour persuader que la triple couronne du pape regarde bien loin. Le conte est tel. Le cardinal Amulius, qui se tenoit à Rome auprès du pape, écrivit des lettres aux légats du concile, le vingl-neufièmed'aoust, audit an 1562, par lesquelles il les adverlissoit d'un grand cas,asçavoir qu'un Abdisu, patriarche des Assyriens orientaux, esleu du clergé, par le consentement des peuples qui habitent au long du fleuve Tigris (lieux sujets à l'em-j pire des Turcs et des Perses) estoit arrivé l'année précédente à Rome, accompagné de prestres et d'un diacre, pour eslre confirmé! par le pape en sa charge et dignité de pa-| triarche. Et que le pape en plein consistoirel des cardinaux ses frères, et par leur advis,| déclara le bon prélat Abdisu, vrai pasteur el| patriarche des ces peuples-là, après toulesfois
quosdam sophistas et disceptatores in ortho- qu>n eut fait confession de sa foy, et juré qu<
doxam opinionem suam traxit. Quo etiam jamajs n ne se départiroit des décrets et or-
pertinet boni cujusdam quanquam imperili donnances du siège apostolique. Et qu'il pri;
senis exemplum , qui quorunidam philoso- a son départ de grande affection, qu'on lu
phorum, vana garrulitate et fucatis argutus envoyast les décrets du concile de Trente
tumentium, petulantiam paucis verbis corn- après qu'j[ seroit acj,eve ct qu'il observeroil
pescuit. » (Liv. I, sess. V). tou^ ce qUj y seroit ordonné, et feroit qu
300. « Mais, revenant a nostre propos des tous les chrestiens de son patriarchat l'obser
cite œcuménique, et leur fait à ions sans exception veroyent aussi: que de ce il avoit laissé pre
un devoir de se rendre à celui de Trente. messe escrite en charactères chaldaïques, <l
SECT. V. DES FORMALITES JURIDIQUES
depuis translatée en latin, qu'estant le pâli iaichcinterroguésur les poincts de la sainte Ecrit are, il faisoit des rosponses graves et admirables. Disoit qu'il avoit tous les livres lu Vieil et Nouveau Testament, voiro mesme c eux que les Juifs et les hérétiques n'approu-
créanee à une bourde si grossière. C'est un semblable traiet que le conte des vénérables archevesquesd'Cpsalem et d'Armacane, dont nous avons parlé ci-devant. » (Le Bureau du conc. de Trente, liv. IV, sess. XXI.) 303. 5° Dumoulin. - - « Quoyque les prin-
u( point ; qu'il avait aussi tous les anciens cipaux mesraes des canonistes combien qu'ils
docteurs grecs et latins, traduits en langage chaldaïque, siriaque et arabique; que en la cité de Caracymict, sujette aux Turcs se sont trouvez des livres écrits, environ le temps des Aposlres,qni sont maintenant gardez en une certaine bibliothèque ; que par les pays orientaux, la docl ri nochres tienne fut preschée et semée par saint Thomas et saint Thadée; que lui et les siens usent des mesmes sacrements, confession auriculaire, prières pour les morts, et de mesme canon et consécration en la messe, et de mesme vénération des images des saincls, comme l'on en use en l'Eglise romaine. Et qu'il y avoit plus de deux cents mille hommes chrestiensau ressort deson patriarchat. Après ce beau milhique discours , le cardinal Amulius conclud, que cela est bien suffisant pour réfuter la vanité dos hérétiques ; car, puisque la doctrine (dit-il) et la dignitéde l'Eglisea esléconservée telleque nous l'avons, dequis quinze cents ans en ça, tau milieu de la barbarie, en une si grande
soient du tout affectés au pape, toutesfois ils ont esté contraints de dire que es choses concernant la foy, l'opinion d'un seul privé et particulier pour luy doit estre préférée à celle du pape et du concile, s'il est fondé de meilleures raisons du Nouveau et Vieil Testament que le pape et le concile. C'est la décision de l'abbé-archevesque de Panorme sur le ch. Signifîcasti, col. penult., ext. de Elect. ; et c'est pourquoy es conciles tous gens doctes doivent estre admis jusques aux gens lays, comme il est notoire avoir esté faict par les anciens conciles. » (Art. 28.)
304. 6° Du Ranchin. — « On se plainct aussi de ce que tous ceux qui doivent avoir entrée aux conciles et voix ou consultative ou délibéralive en iceux n'y ont pas esté appelles. Paul III, par sa bulle du mois de may 1542, et Pie IV, par la sienne du mois de novembre 1560, n'appellent à ce concile, pour y porter opinion, que les cardinaux, patriarches, archevesques, evesques, abbés
'mutation de rognes et roys, n'est-ce pas une et généraux d'ordres... De la on relève deux honte, que maintenant les nations qui nous griefs : l'un que les protestans eccclésiaslireont voisines, l'osent impugner? ques n'y pouvant avoir voix délibéralive,
302. « Avec ladite lettre missive, ledit car- n'avoyent que faire d'y aller; l'autre que dînai envoya la promesse sus-mentionnée dudit vénérable patriarche, contenant qu'il promelloil et juroit, qu'il croyoit de cœur et
les gens laies de l'une et l'autre religion ont
tonfessoit débouche, qu'il approuvoit tout ce que l'Eglise romaine approuvoit, couiamnoit ce qu'elle condamnoit, et spécialcnent promeltoit et juroil qu'il croyoit en tous les décrets et canons du saint concile de Ironie, tant faicts qu'à faire, ne doutant nulement de la légitime convocation d'iceluy , aujuel aussi il se soumettait. El qu'il enseigneoitses irères archevesques métropolitains, et evesques diocésains, sujets de son patriar- ■liat, de croire tout de mesme que lui, et se •oussigne à la dite promesse. Et afin qu'on ie préiumasl pas que cela fust peu de chose, 'e dit patriarche spécifie les archeveschez et iyeschez qui lui sont submises ; disant qu'il ;i sept archeveschez métropolitains et treize •\e-clicz, sous l'obéissance du Grand Turc. :A sous celle du Sophi de Perse, cinq a r cherchez métropolitains, et treizeéveschez. Et -ous les Portugois en Indie, trois archeveshez el un éveschez. Après cela, pour mieux aire foy de ce conle, il nomme lesdits archeeschez et éveschez par des noms du tout faouches et barbares, comme Si rau a, Hancaua, 'leschiara.Chiaruchia, Cuchia, Durra, Goa, •alamas,Baumar, Schiabalhan, Vastan, Caiculh, Macchazzin, Carangol et autres semdaldes noms ressemblants aux mots effroyatles des enchanteurs. Ces lettres et promescs d'Abdisu csians divulguées parmija ville le Trente , chacun en faisoit tel jugement |ue bon lui sembloit. Mais c'est de mervciles comment on pouvoit penser de donner
occasioq de s'en plaindre, estant exclus de ce jugement... » (L. Ier, c. 8.)
305. « Du discours précédent nous colli— geons que, dans ce concile, autres n'ont opiné que ceux qui avoyenl serment au pape : d'où nous pouvons faire maintenant celte illation, qu'il ne s'y est donequos rien fatet que ce qu'il lui a pieu. » (L, I", c. 9.)
306. 7" Heidegger. — « Amplior fuit potestas sacerdotum Vcteris, quam minislrorum Novi Testament}, neque tamen illi tain arrogantes fnerunt, ut a rerum ecclesiasticarom gubernatione submoverent magistratus, uti patet exemplo Mosis, Davidis, Salomonis, Ezechiae. Multo minus potostas ejusmodi compelit ministris Novi Teslamenli.
307. « Ecclesiae chrislianae promissum est, fore ut gentibus ostium Ecclesia? ingrossis reges sint nulritii, reginœ nulrices. Atqui nutritios suos quo jure ab ejusmodi gubernatione arcebit Ecclesia?» (P. 39.)
308. « Nos statuimus, in concilio suffiragari posse, quoiquot dono et vocationc sunt instrucli : dono , qui pii, probi, docti ; vocationc, qui aut ordinarie ad docendum vocali et missi sunt, qualos pastores aut doclorcs ; vel extraordinarie ab Ecclesia delogati, qualos seniores, presbyteri.et quilibet plebeii,ab Ecclesia missi... in synodo Hierosolymilana. omnium conciliorum norma, suffragali sunt non episcopi, archiepiscopi, cardinales, ab baies, sed apostoli , presbyteri et Ecclesia. Act. XV, 2, 16, 22 ; unde Paulus, Act. XVI, k