‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 300 sur 373 · ABBÉS · texte numérisé non relu

ABBÉS

Louis de Baissey, abbé de Cîteaux, général de tout l'ordre, moine de Prâto, ex-abbé de Maceria, élu le 6 janvier 1560. Il obtint rîe Pie IV un privilège contre un commandeur, lequel privilège fut confirmé et même augmente par Grégoire XIII. il gouverna quatre ans. quinze jours ; il mourut dans le monastère des religieuses de Poigliolu, connu sous le nom d'ordre de Ciieaux , diocèse de Montréal, en retournant du concile, le 19 juin 1561. On grava sur son tombeau une magnifique inscription donl la co| ie fut transmise à Giustiniani par Louis Giusliuiaui, procureurgénéral de la congrégation de Sainl-Rernard. Pour ce qui le concerne, consultez la Chronique de Ciieaux de Gaspard Jean Angelini.

Jérôme Souchier, Français, abbé de Clairvaux , ensuite abbé général , enlin cardinal du litre de Saint-Matthieu, malgré sa résistance , contraint par un ordre formel donné parle bienheureux Pie V, souverain pontife (lequel exemple fut renouvelé dans la personne de Vincent-Marie Orsini, de l'ordre des Frères Prêcheurs, qui fut aussi forcé d'obéir à Notre Saint-Père le pape Clément X, qui le nomma cardinal du titre de Saint-Sixte), homme célèbre par sa science, par sa piété et par son humilité. Il mourut à Rome le 23 octobre 1571 : il est enterré dans l'église de la Sainte-Croix, de Jérusalem.

llichard Olzerengo de Verceil, de la congrégation des chanoines réguliers de Latran, abbé du monastère de la Sainte-Vierge de Prevallo. Non-seulement il assista au concile à la quatrième réunion qui eut lieu ; mais, s'il faut ajouter foi aux assertions de Pallavicin, il obtint la préséance sur les abbés du Mont-Cassin, ce qui est évidemment prouvé pjr les raisons que firent valoir les deux or dres, et qu'on a publiées a Crémone en 1567; car une dispute s'étant élevée dans le concile au sujet de la préséance entre les abbés de l'ordre de Saint-Augustin de la congrégation des chanoines réguliers de Latran , et les abbés de l'ordre de Saint-Benott, religieux du Mont-î/îfv

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APERÇU BIOGRAPHIQUE

6in, les cardinaux légats décidèrent le 9 mai 1562, en vertu des lettres de saint Cliarles Borromée, cardinal, neveu de Pie IV, qui leur furent adressées sous sou nom le

6 avril de la même année, que, sans prétendre juger en dernier ressort dans la dispute en question, mais seulement provisoirement, les abbés des deux ordres, dans toutes les congrégations et sessions du concile.sans aucune distinction entre eux, devaient s'asseoir, s'avancer, donner leurs voix eu égard à l'ancienneté de la promotion, a la véritable dignité d'abbé, de la même manière que cet ordre s observait entre les évêques, et que le susdit Richard de Verceil ayant été promu le premier au liire d'abbé, et étant par conséquent le plus ancien des abbés du Mont- C.assin, dans toutes les congrégations et sessions dudit eoncile, il devïil avoir la préséance sur les susdits abbés du Mont-Cassin, et donner sa voix le premier; de plus, le même souverain pontife ayant entendu l'avis des cardinaux (Jean-Baptiste Cicada, Jean-Michel Saraceni et Bernardin Scoli), déclara que partout les abbés, les prélats, les chanoines de Latran susnommés , comme aussi les clercs, quittant l'habit de grande cérémonie, le pallium ou la chape, seraient revêtus du surplis et de l'habit clérical dans les processions et dans l'exercice des autres fonctions publiques ou privées, et qu'ils précéderaient lesdits abbés, prélats, religieux du Monl-Cass'm et les abbés de Latran des monastères du Piémont. Mais l'éloge qui l'emporta sur tous Ips autres fut celui du cardinal Hercule Gonzague, premier président du concile et protecteur des chanoines de Latran, dans les lettres adressées à Louis Majorani de Gravina, chanoine de Latran à Trente, le

7 mars 1562. Accepi, dit-il, Hueras titus idibus februarii Romœ liatns simulque orationeni tmim pulribus , qui in sanclo tridenlino convenlii nobiscum sunt, missam quant nonmltis doctissitnis leqendam dedi; prœserlim uuteni Ricatrdo nostro Vercellensi veterano Ecclesiœ calliolicœ milili cl summo, ut tu es leslis, theologo. Richard mourut presque septuagénaire à Trente, au commencement de l'année 1563, au rapport de Rossini.

Sixte Duizioli de Renis, de Crémone, abbé de Sainl- Banliélemy de Pisloie , chanoine régulier de Latran , théologien et excellent prédicateur de la parole de Dieu, Icélèbre par sou habileté dans la littérature sacrée , abbé visiteur en 1570, et peu après évêque de Carinola , promu à ce siège par le bienheureux souverain pontife Pie V, le 2 août 1570; il gouverna cette église honorablement jusqu'en 1579, époque de sa mort; il repose dans la cathédrale , d'après Ughelli. Il est prouvé , par les écrits de Sébastien Ponnoili, de Rosini et de Joseph Bresciani , dans les Roses el les Violettes de Crémone , que Sixte assista au concile ; néanmoins, Giustiniani ignorait la place qu'il occupa dans e concile, e.ù d lit un discours sur la Tête solennelle delà Toussaint, et le 5 décembre 156i, pendant le jubilé,comme l'assure Rosini.

Paul Pelazi, deLodi . chanoine régulier , un des trois abbés appelés au concile de Trente par son ordre. Il se montra boa théologien et excellent prédicateur , particulièrement ii Milan, a Pavie , à Corne , à Tortone et à Plaitance ; il déendit avec courage les droits de sa congrégasion ; il lut abbé visiteur, ensuite général, d'après Rosini , qui parle de ses ouvrages dans le lycée de Latran , mais qui ne dit rien sur la place qui lui fut destinée dans le concile.

Joachim, abbé de 1 Hermilage de la Sainte-Vierge , monastère suisse, et prince de l'Empire, de l'ordre de Saint- Benoît, représentant des prélats et de tout le clergé suisses. On trouve encore , au rapport de Christophe Hermann, dans les annales du même monastère, un Joachim né dans le château du village de Turgovie, de parents peu illustres, mais très-probes. Formé, dès sa première jeunesse , sous la discipline de Louis, son prédécesseur dans la solitude, et élevé par ses soins, il se comporta de telle manière, qu'il illustra pour ainsi dire ses aïeux et tout l'ordre de Saint- Benoît par sa vertu ; il s'occupa particulièrement de la discipline. Il fut des premiers à rétablir la clôture du monastère, négligée depuis si longtemps , et il exigea avec la plus grande sévérité qu'elle fût rigoureusement observée, et il travailla beaucoup à faire rentrer dans leur antique régularité , non-seulement les autres monastères de la Suisse, mais même ceux de la Suède. On voyait plusieurs maisons qu'il avait fondées. Cet abbé travailla avec tant de succès à recouvrer les biens ou les possessions des monastères, qui étaient hypothéqués ou aliénés , à rétablir la discipline religieuse , à construire de nouvelles maisons, qu'il fut regardé à juste titre , pour ainsi dire , comme un second fondateur. Il obtint pour son ordre divers privilèges de Pie IV et de l'empereur Ferdinand. Il assista au concile avec l'ambassadeur des Suisses , et au nom du clergé de ce même royaume ; ii mourut en 1569, le 13 juin, après

avoir rendu son nom célèbre et s'être rendu très-utile à la religion, comme le raconte tout au long Christophore, dans sa Vie, comme l'assure aussi Pallavicin. C'est pourquoi Giustiniani s'étonne que son nom ne figure pas sur le catalogue les Pères de cette quatrième ouverture du concile, puisque Pallavicin soutient qu'il y fut présent et qu'il y souscrivit.

Simpluîien, abbé de Saint-Sauveur- de-Vuttellina, à Pavie, de la congrégation du Mont-Cassin, auparavant abbé de Sainte-Marie de Florence , de l'année 1558 jusqu'en 1562 , ensuite de Sainte-Marie de Prétulée depuis 1566 jusqu'en 1568, de Saint-Georges de Venise en 1569 , président de la congrégation du Mont-Cassin, deSaint-Piorred'Ingliviata de Milan en 1568 , de Saint-Sauveur de Pavie en 1561, d'après le témoignage de Corneille Margarini , abbé du Mont-Cassin , ami de Giustiniani, daus la relation qu'il fit à ce dernier.

Etienne Catanzi, de Novara, abbé de Sainte-Marie des- Grâces, diocèse de Plaisance, de la congrégation du Mont- Cassin, fut abbé de Saint-Benoît de Padolirone , de 1555 à 1557, également depuis l'an 1565 jusqu'en 1566 , abbé de Saint-Pierre à Modène depuis 1555 , de Sainte-Marie de Prolalia, depuis l'an 1538 jusqu'en 1541 , de Sainte-Marie à Florence, depuis J542 jusqu'en 1545, de Saiut-Viial à Ravenne en 1565, de Sainte-Justine de Padoue en 1554 , de Saint-Jean-1'Evangéliste à Parme , depuis 157'. jusqu'en 1576, et auparavant, depuis 1570 jusqu'en 1572, de Sainte- Marie-des-Grâces en 1560, de Saint-Faustin a Brescia, depuis 1544 jusqu'en 1545 , deSaint-Procal à Bologne en 1508, en 1570, 1571, visiteur de Saint-Georges à Venise1 depuis 1551 jusqu'en 1558, de Saint-Sixte a Tlaisance en 1579. Ce fut un homme savant , et un prélat plein de prudence. Il mourut à Plaisance, el fut inhumé dans l'église de Saint-Sixte , dans laquelle il avait autrefois pris l'habit religieux ; il a été très-Ioué par Joseph Costalta, abbé du même couvent, dans les lettres écrites à Ange Noce, alors abbé d'Anvers, et devenu ensuite archevêque de Rossano, et dans celles qui furent adressées à l'auteur le 17 novembre, en 1670.

Augustin Loschi, Espagnol, abbé de Saint-Benott a Ferrare, de l'ordre du Mont-Cassin ; il était recommandable par sa bonté et la connaissance parfaite qu'il avait acquit de quatre langues ; il tut excellent professeur de philosophie et de théologie ; Benoit Guidi a pleuré sa mort dans ses vers ; il fil un discours le jour de Saint-Grégoire , ci présence des Pères, en 1562-

Eutychius de Cordes , d'Anvers , de la congrégation dt Mont-Cassin, abbé de Saint-Fortuné à Bassano, ensuite dt Saint-Bénigne à Gênes en 1568; il mourut au mois de septembre 1582, et fut enterré dans l'église de Sainte- Justine | à Padoue.

Claude Sanictes,Français, abbé de Lunéville, auparavan | chanoine régulier de Saint- Augustin, de l'académie de Pa ris, ensuite évêque d'Evreux le 29 mars 1575, légal célèbre il écrivit les actes du concile de Rouen , auquel il assista il a laissé des ouvrages qui prouvent son érudition et vaste étendue de son savoir ; il mourut dans le château d« Crève-Cœur, en 1591.

Côme-Damien Ortolan , Espagnol , abbé de Villeber I trand, communément appelé Ortola, de Perpignan , élevu ensuite a Girone ; il devint très-habile dans les lettre | grecques, latines et hébraïques et dans les arts libéraux il fut bon mathématicien et bon théologien; il donna ail public des paraphrases, des commentaires sur le Cantiqu\ des Cantiques. 11 mourut en 1566 ; il a été loué par Scof par Possevin et par Nicolas Antoine , qui a longuemcnl parlé de lui.

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