PREMIÈRE SESSION
.Tenue le \y jour de décembre de Cannée 1545.
Déchet pour iouverture du concile.
Le vremier des légats s'adressanl aux Pères, commença de la soi-te: .....
A l'honneur cl à la gloire de la sainle et mdividue Trinité le Père, et le Fils, et le Saml-Espril; pour raccroissemenl cl Texallalion de la^ fo. el religion chrétienne . pour l'extirpation des hérésies, la pa x et l'union de l'Eglise , la réformalion du cierge et du peuple chrétien, et pour l'humiliation et 1 exlinc .on des ennemis du nom chrétien, trojivez-vous bon d'ordonner que le saint concile gênerai de Tiente soit commencé, et de déclarer que l'ouverture en est laite? lU répondirent: Nous le trouvons bon. Indiction de la prochaine session.
Et comme la solennité de la Naissance deNotre-Seigneur Jésus-Christ est proche, el qu'il se rencontre plusieurs autres fêtes de suite dans les derniers jours de l'année qui finit, el les premiers de celle (pu commence, trouvez vous bon que la première session j)rochaiDe se tienne le jeudi d'après lEpiphamc, qui
sera le septième jour de janvier de Tannée i546? Ih répondirent :No\}S le trouvons bon.
ir SESSION , Tenue le V jour de janvier de l'année 154C. Décret de la manière de vivre, et des autres choses qui se doivent observer pendant le concile.
Le sainl concile de Trente légitimement assemblé, sous la conduite du Saint- Espnt, les trois légats du Siège apostolique y présidant , reconnaissant avec l'apôtre saint Jac(iues(l, 17), que tout bien excellent et tout don parfait vient d'en-haut el descend du Père des lumières, qui départ la sagesse avec abondance et sans reproche à tous ceux qui la lui demandent ; el sachant aussi que la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse {\^sa\. HO, 10), a résolu d'abord et jugé à propos d'exhorter, comme il fait aujourd'hui , tous et chacun les fidèles chrétiens qui se trouvent à présent dans cette ville de Trente, de se corriger des vices el des péchés qu'ils peuvent avoir commis jusque ici , pour vivre dorénavant dans la crainte de Dieu , et s'abstenir des désirs de la chaïf (Galat. 3, 10) ; de s'applicpier à la pnère , de fre<]uenicr les sacrements de pénitence et d'Eucharistie , de
SESSION ÏV,
visilor souvenl les églises ; ol (pic clincun enfin s'efforce de tout son pouvoir 'J'acconiplir les commandements du Seigneur, et f:isse tous les jours quelques prières particulières pour la paix entre les princes chrétiens, et pour l'union de l'Eglise.
Quant nux évoques , et tous hes autres de l'ordre sacerdotal, (]ui composent dans celle ville le concile général, ou qui y assistent, qu'ils s'appliquent assidûment à bénir Dieu , el à lui présenter continuellement l'ofFrande de leurs prières cl de leurs louanges i't qu'au m;)ins clia pie dimanche (Act. % 5, 17), qui est le jour auquel Dieu a créé la lunnère, et auquel Noire Seigneur est ressuscité, et a répandu le Saint- Esprit siu' ses disciples, ils aient soin d'olTrir le sacrifice de la messe; faisant, comme le même Saint- Esprit l'ordoime p:irrAp6lre(l Tim. 2, i), des sup^ plicalious, des prières , des demandes- et des actions de ffrâces, pour noire saint père le pape, pourl'empereur, polir les rois,( t pour Ions ceux qui sont élevés en dignité , et gé:iéralenient pour tous les hommes , afin que nous menions une vie paisible et tranquille , que nous jouissions de la paix, et que nous puissions voir l'accruissemuul de la foi.
Le s lint concile les exhorte, de plu«;, de jeûner au moins tous les vendredis , en mémoire de la passion de Noire-Seigneur, et de faire des aumônes aux pauvres; que dans Féglise cathédrale, on dise lous les jeudis la messe du Saint-Esprit, avec les litanies, et les autres prières ordonnées à ce dessein ; et que, d'ms les autres églises, on dise le même jour au moins les lilanies et Ks prières; et que surtout , pendant qu'on célébrera les sacrés mystères, on s'abstienne de loutes sortes d'euirelieus el de discours frivoles; qu'on y soit ailenlif, et qu'on y réponde aussi bien de l'esprit que de la b;)iiche.
Et parce qu'il faut que les évoques se montrent irréprochables , sobres, chastes et intelligents en la conduite de leur propre famille (1 Tini. 5, 2) , le saint concile les exhorte, premièrement, que chacun à sa table observe une telle frugalité, qu'il n'y ail aucun excès ni supernuilé dans les mets. Et conmie c'est là d'ordinaire qii'oii se laisse le plus aller à des discours vains el inutiles, qu'ils fassent faire pendant leur repas quelque lecture de l'Ecriture sainte. Ensuite, à l'égard des domestiques, que chacun ail soin de les instruire et de les avenir de n'être point qiierolleurs, ivrognes, débauchés, intéressés, arrogai>is blasphémateurs, ni déréglés dans leurs mœurs ; mais <|u'ils évitent toute sorte de vices ; q^i'iis s'alfeclionncnl à la veitu; el que, dans toutes leurs actions, leurs habits el leur manière extérieure, ils fassent von- una modestie et une honnêteté dignes des serviteurs et domestiques des ministres de Dieu.
Au surplus, le soin, l'allention el le dessein principal du sîiint concile étant de dissiper les ténèbres des hérésies qui depuis tant d'années ont couvert toute la face de la terre, en l'éformant loiil ce qui se trouvera avoir bcsoii! de réforme , el faisant paraître en son jour la pureié, Téclal, et la lumière de la vente de la religion catholique , à la laveur et par la proleclioM de Jésiis-Chrisl, qui e^t véritable lumière (Joan. i) ; il ex!ior:e lous les catholiques qui se trouvent ICI assemblés, ou (jui s'y trouveront dans la suite particulièrement ceux (jui sont versés dans les saintes Lellres, de s'appliquer chacun avec une sérieuse attention a la recherche el à la découverte des moyens par lesquels une si sainte intention puisse être remplie, el heureusement conduite à sa fin. De manière que par les voies les plus promptes, les plus prudentes el les plus convenables, ov parvienne à condamner ce qui se trouvera condamnable, el à approuver ceqm sera digue d'approbalioi-; et qu'ainsî par toute la terre, tous les hommes puissent d'une même bouc!ie, cl par une même profession de foi, bénir el elr,nlier Dieu, Père de Notre- Seigneur Jésus-Christ.
Au reste, dans les suffrages, conformément au sta- Uit du concile de Tolède, lorsque les prêtres du Sei-
gueur tiendronl leurs séances dans le lieu de bénédiction, aucun ne doit s'emporter jusqu'à troubler l'assemblée par des bruits et des tuniulles indiscrets ou par des cris et des paroles inconsidérées , ni par des contestations vaines , opiniâtres el mal Tondées ; mais chacun tâchera d'adoucir tout ce qu'il aura à dire , par des termes si affables et des expressions si honnêtes, que ceux qui les enlc-idrant n'en soiert point offensés, et ({ue la droiture du iugcment ne sjît point altérée par le trouble de l'esprit. ^ Enfin, le saint concile a ordonné et déclaré que s il arrive par hasard que quelques-uns n'aient pas séance en la place qui leur est due, et soient obliiés de donner leur avis même par le mot de placet, c'esta-dire je le trouve bon, et d'assister aux assemblées ou avoir part à quelque autre acte que ce puis,c être pendant le concile, personne dans la suite n'en souffre pour cela préjudice, ni personne aussi n'en puisse prétendre l acquisition d'un nouveau droit.
Enmile de ce décret , la session prochaine fut assignée au jeudi quatrième de février suivant.
Iir SESSION,
Tenue le A' jour de février 1540.
Décret du Symbole de la foi.
Au nom de la sainte et individue Trinité le Pè-ecl le Fils, et le Saint-Esprit.
Le saint et sacré concile de Trente œcuménique et gênerai, legitimemenl assemblé sous la conduite du i5ainl-Es|)rit les trois mêmes légats du Siège apostoique y présidant; considérant la grandeur et l'imporlance des choses qu'il a à traiter, et principalement ces deux pmnts capitaux de l'extirpation des hérésies et de la reformalion des mœurs, qui ont parliculièrcnient donne heu à cette assemblée; el reconnaissant avec 1 Apolre (Ephes. 6, 12), qu'il n'a pas à combaiire contre la chair m le sang, mais contre des esprits de malice, (jm nous attaquent dans le spirituel; il exh .rie avec le même Apôtre, tous el chacun en particulier avant toutes choses, qu'ils mellenl leur force el leur conhance au Seigneur, et en la puissance de sa vertu prenant en mam, en toutes occasions , le bouclier de ta foi pour pouvoir amortir et éteindre tous les traits enflammes du malin esprit (ibid., v. 16); el qu'ils s'arment eticore du casque de l'espérance du salut, avec le glaive spmtuel, qui est la parole de Dieu. Dans cet esprit donc, el afin que son pieux travail soit accompagne dans son commencement et dans la suite de la grâce et de la bénédiction de Dieu , il a résolu et pro"nonce, pour première ordonnance, qu'il faut d'abord commencer par la profession de foi, suivant en cela les exemples des Pères, qui, dans les plus saints conciles, ont accoutumé d'opposer ce bouclier contre toutes les hérésies au commencement de leurs actions
t5ymbole de la loi dont se sert la sainte Eglise romaine el que le concile a jugé à propos de rapporter en ce lieu, comme étant le principe dans lequel conviennent nécessairement tous ceux qui font profession de la loi de Jesus-Chrisl, el comme le fondement terme et unique contre lequel les portes d'enfer ne prévaudront janiais pimh. 16, 18). Le voici mol à mot, tel qu il se lu dans loutes les églises •
Je crois en un seul Dieu le Père tout-puissant, créa^ teur du ciel el de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles :et en un seul Seigneur JésusXhrisl , Fils unique de Dieu , et né du Père avant tous les siècles ; Dieu de Dieu; lumière de lumière; vrai Dieu du vra^ Dieu; engendré et non fait; consubslantiel au Père par lequel toutes choses ont été faites; qui pour l'amour de nous hommes et pour notre salut est descendu des deux et^ a pris chair de la vierge Marie par la vertu du Saini- Lsprit, et s'est fait homme; qui a été aussi crucifié pour nous sous Ponce Pilote; a souffert , el a été ensevc'i' qui est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures; ci
sa
est monté au ciel ; est assis à la droUe du ^^'•^;/' j;^»; dra une seconde {ois avec gloire juger les ^'««f /^^ J^f 'mort», duquel le règne n'aura vptnl de^n: ^^ «^J^;;«f- Esprit, Seigneur et vivifiant, qui proccde du Pcreeldu Fils; qui avec le Père et le Fils est conjovUemmlado^e et qlorifté;qui a parlé par les prophètes: et l hglise, une, sainte, catliolique et apostolique. Je recomms un baptême pour la rémission des péchés et j attends la résurrection des morts et la vie du siècle a temr. Ainsi
i oit-il. , .
Indiction de la prochaine session.
Le iTîêmc saint concile de Trenie, o&cnmeTjique et céi.frnl, léî^iiimemcnl assemblé fous la conduite du SalMt-Esprir, les irois mêmes légats du Siège aposloiflue Y piésklant, étant averti que plusieurs prélats de divers endroits sont prêts à partir, et que quelquesuns soiit déjà même en cUcmin pour se rendre ici; et considérant que toutes les choses qui doivent être décidées par le saint concile pourront paraître a tout le monde d'autant plus dignes d'estime et de respect, qu'elles auront été délinies cl autorisée par une assemblée de pères plus nombreuse et plus complète, a ordonné et réï^olu que la première session, après la présente , se tiendra le jeudi d'après le pr(>cliai» dimanche La-'fare; et que cependant on ne laissera pas de travailler à la discussion et a 1 examen des choses que le concile jugera à propos de discuter et
d'examiner.