SAUF-CONDUIT DONNÉ AUX PROTESTANTS
Le saint concile de Trente, œcuménique et général^ légitimement assemblé sous la conduite du Saint-Esprit^ le même légat et les mêmes nonces du saint Siège apostolique y présidant ; suivant les termes du sauf-conduit accordé dans la pénultième session , et iamplijiant encore en la forme et teneur qu'il ensuit : déclare et certifie qu'il a donné et accordé, dûnne et accorde par ces présentes, assurance publique, et pleine, et entière liberté, qu'on appelle communément sauf-conduit, à tous et chacun, prêtres, électeurs, princes, ducs, marquis , comtes, barons, nobles, gens de guerre, gens du peuple, et à tous autres, de quelque élat, condition et qualité qu'ils soient, du pays et nalion d'Allemagne ; comme aussi aux villes et autres lieux en dépendant ; et à toutes autres pcr-^
[Trois.)
LE s. CONCILE DE TRENTE.
tonnes ecclésiastiques et Séculières, parnculi^^^t de
la confession d'Auqsbourg, qui viendront avec eux a ce
concTaTnéral d! Trente on y seront envoyées ;qm se
ZmoJ en chemin pour s^y rendre, on qmjusqu a pre-
Tetl^ZnTdéjàarriJes.^^^^^^^^^
Pire comprises : de venir librement dans celte nue ae
f renie Truster, ^ et séjourner ; comme aussi
i novlser dé^^^^^ ^'''""r T'
lloZu n^me toutes sortes d^affaires; y représenter
et vZe en avant en toute liberté, soit par écrit m de vlZvoix, toutes les choses, et tels articles quiUeur Zira; les expliquer, soutenir et défendre par les ^sa les ttcrilures.et par les paroles,^ les passages et les 'a sons des sainte Pères; et même, ^i besoin est, repondatx objections du concile général ; disputer e conférer charitablement avec ceux qui auront^ ele chosis vmr cela par le concile, sans aucun empêchement et K reproches, injures, ni invectives ; entendant pour cet e%t,suriouieschoses,queles matières qui sont en conloverse se traitent dans le dit présent concile de Trente suivant l'Ecriture sainte et les traditions des apôtres, les conciles approuvés, la croyance unanime de Eglise catholique et les autorités des saints Pères : et aputant ceci nommément, que les susmentionnés ne puissent être punis en aucune manière, sous prétexte deielinion ou de délits commis déjà ou qui pourraient elre commis à ce sujet ; comme aussi que pour leur présence, m dans le chemin, ni en aucun lieu, soil en venant , sFjournant ou ,V« retournant, ni dans la ville même de 1 rente, onninlerrompe en quelque manière que ce soit le service divin. Et arrivant qu'après la conclusion des affaires, ou même avant au'eUes (ussenl terminées, ils eussent volonté, ou quelqu un d'eux de se retirer, de leur propre mouvement, ou pur fordre et de l'agrément de leurs supérieurs; consent le dit concile qu'ils puissent incontinent /en retourner librement et sûrement, selon leur bon plaisir sansqu on leur fasse naître obstacle, incident, ni relardement quelconque; et ce, tant à leur égard , que de ceux de leur suite, et de tout ce qui pourra leur appartenir, sans qu a l'honneur, ni aux personnes respectivement, il soit fait aucun préjudice. Bien entendu toutefois qu ils feront savoir leur départ à ceux qui seront députés par le concile, afin que sans délai, sans fraude ni mauvaise foi, il soit pourvu à leur sûreié. Veut et entend aussi ledit saint concile, que toutes les clauses généralement quelconques, nécessaires et essentielles à une pleine, entière et suffisante sûreté, tant pour aller et séjourner, que pour s en retourner, soient comprises et renfermées, et tenues pour comprises, dans ta présente assurance publique et saufconduit. Déclare de plus expressément , pour plus grande sûreté, et pour le bien de la paix et de la réunion générale, qu'advenant, ce qu'à Dieu ne plaise! qu'aucun ou aucuns d'entre eux, soit sur le chemin, en venant en celte ville de Trente, soit pendant le séjour ou dans le retour, vinssent à faire ou commettre quelque chose d'énorme, en conséquence de quoi la grâce de cette liberté et assurance publique à eux octroyée pût être révoquée et annulée ; il veut et consent, que les coupables surpris en tel crime soient punis sans délai par eux-mêmes seulement, et non par autres, d'une punition convenable et d'un châtiment proportionné, dont le concile ail juste sujet d'être content et satisfait de sa part ; sans que cela porte aucune conséquence corilre le présent sauf-conduit, lequel demeurera en son entier, selon sa forme et teneur. Veut et entend aussi réciproquement le présent concile, qu arrivant qiCaucun ou aucuns de t assemblée, soitsw le chemin, pendant le séjour ou dans le retour, vinssent à faire ou commettre , ce qu'à Dieu ne plaise! quelque chose d'énorme qui allât à blesser ou violer en quelque manière que ce fût la liberté accordée par la présente assurance publique, les coupables surpris dans un tel crime soient punis sans délai par le concile seulement et non autres, d'une punition convenable et d'un châtiment proportionné, dont mestieurs les Allemands de la confession d'Augsbonrg , qui seront lors ici présents, aient juste sujet de demeurer contents et satisfaits de leur part; sans que cela porte
aucune conséquence contre le présent sauf-conduit, lequel demeurera en son entier, selon sa forme et teneur. Veut de plus le présent concile, qu'il soit permis à tous et chacun les ambassadeurs, toutes fois et quanles quil sera nécessaire, ou que bon leur semblera, de sortir de cette ville de Trente pour prendre l'air, et d'y revenir ; même d'envoyer ou dépêcher en toute liberté leur courrier ou leurs courriers , selon la nécessité de leurs affaires, en quelques lieux que ce soit ; aussi bien que de recevoir celui ou ceux qui leur seront envoyés et dépêchés toutes fois et quantes qu'ils le trouveront à propos ; en sorte néanmoins qu'ils se fassent accompagner de quelqu'un ou quelques-uns de la part du concile, qui pourvoie ou pourvoient à leur sûreté. Durera et aura lieu le présent sauf-conduit et assurance, depuis et pendant tout le temps qu'ils auront été reçus en la charge et sauvegarde du dit concile et des siens, jusqu'à ce qu'ils soient conduits à Trente, et tout le temps qu'ils y demeureront. Et quand après avoir eu une suffisante audience, et demeuré préalablement vingt jours, ils demanderont à s' en retourner; ou quand le concile, après les avoir entendus, leur aura fait signifier de se retirer : il les fera reconduire, Dieu aidant, depuis Trente jusqu'au lieu de sûreté que iÂacun 'aura choisi ; le tout sans fraude ni surprise autf.ne. Toutes lesquelles choses il promet devoir être tenues et accomplies inviolablement ; et en répond de bonne foi, au nom de tous et chacun les fidèles chrétiens, de tous les princes, et de toutes personnes, tant ecclésiastiques que séculières, de quelque état et condition qu'elles soient, et sous quelque nom qu'elles soient comprises. , ,
Déclare au surplus le saint concile, et promet sincèrement de bonne foi , sans fraude ni surprise , qu'il ne clierchera, directement ni indireclemept, aucune occasion, ni ne se prévaudra, ou permellra que permine SQ prévale, d'aucune aulorité, puissance, droit, statut, ni privilège de quelques lois, canons, ni conciles que ce soit, nommément de ceux de Constance et de Sienne, sous quelques termes précis qu'ils puissent être conçus, au préjudice de celle fui publique, pleine assurance et libre audience que le concile leur accorde, dérogeant pour cet égard, et pour celte fois , à toutes les choses susdites. 'Que si le saint concile, ou aucun de ceux qui le composent, ou. des leurs, de quelque état, condition et dignité qu'il pût être, venait à violer, de quoi le Tout- Puissant nous veuille toutefois bien garder ! la présente assurance et sauf-conduit en la forme et teneur qu'il est conçu, ou en quelqu'une de ses clauses et conditions, et qu'il n'en fût pas fait un prompt châtiment, à la salisfaction juste et raisonnable des intéressés : qu'ils tiennent et qu'il leur soit permis de tenir le présent concile pour avoir encouru toutes les peines que de droit divin et humain, ou par la coutume , peuvent encourir ceux qui violent la bonne foi de tels sauf-conduits, sans qu'aucune excuse ni allégation contraire puisse être recevable à cet égard.
XVr SESSION, Qui est la sixième et dernière tenue sous Jules III, souverain pontife, le 28 d'avril 1552.
Décret pour la suspension du concile.
Le saint concile de Trente, œcuménique et général, légitimement assemblé sous la conduite du Sainl- Esprit, les révérendissimes seigneurs Sébastien , archevêque de Siponie, et Aioise, évéque de \érone, nonces apostoliques, y présidant, tant en leur propre nom que de révérendissime et illustrissime seigneur Marcel Crescentio, cardinal de la sainte Eglise romaine, du titre de Saint-Marcel, légal, absent à cause d'une très-grande et très-griève maladie , ne douic point qu'il ne soit connu de tous les chrétiens que ce concile œcuménique de Trente aurait été premièrement convoqué et assemblé par Paul d'heureuse mémoire; et qu'ensuite, à l'instance du très-auguste empereur Charles-Quint, if aurait été repris par notre très-saint Père Jules 111, à dessein principalement de rétablir en son premier état la religion, misérablement
SESSION XYI.
partagée en diverses opinions dans plusieurs endroits du monde , et parliculièrement en Allemagne ; et de remédier aux abus et aux mœurs toutes corrompues des chrétiens. Mais comme grand nombre de Pères , sans égard à tous les travaux ni à tous les dangers qu'il leur aurait fallu essuyer, se seraient transportés avec joie de divers pays pour ce grand ouvrage; que les affaires commençaient à s'avancer heureusement et à giaiids pas, avec un merveilleux concours des fidèles; qu'il y avait bonne espérance que les Allemands, qui avaient excité ces nouveauiés, viendraient au concile en si boime disposiiion, qu'ils se rendraient unanimement aux véritables raisons de l'Eglise, et qu'il semblait enfin que les choses s'éclaircissaient lout-à-fait, et que la république chrétienne, si fort abattue et si fort affligée auparavant, commençait à relever la tête : il se serait allumé tout à coup dans la chrétienté de si grandes guerres et de si grands désordres, par la malignité de l'ennemi du genre humain, que le concile, fort à contre-temps, aurait été comme conlraini de demeurer en suspens et d'interrompre son cours , et aurait perdu tome espérance de pouvoir passer outre en cette conjoncture, puisque tant s'en faut que l'assemblée du saint concile remédiât aux mau\ et aux désordres de la chrétienté, que même plusieurs esprits, contre sa pensée et son attente, en paraissaient plutôt irrités qu'apaisés : corisidérant donc que les armes et la discorde auraient porté le feu partout, particulièrement dans l'Allemagne ; que presque tous les évéques allemands, principalement les princes électeurs, se seraient retirés de l'assemblée pour donner ordre à leurs églises ; le saint concile aurait résolu de ne st pas opiniàtrer contre une nécessité si pressante, mais de remettre les choses à des temps plus favorables ; afin que les Pères, qui ne peuveni rien faire ici présentement, puissent retournera leurs éghses, et s'appliquer au soin de leurs brebis, sans se consumer jdas longtemps inutilement et sans action de pari ni d'autre. C'est poursjuoi , puisque l'état des choses l'a aifisi permis, il ordonne que la poursuite du présent concile général de Trente sera suspendue pendant deux ans, comme par le présent décret il le suspend : à condition toutefois que si les atïaires se calment plus tôt , et que la tranquillité revienne comme auparavant; ce qu'il espère voir dans peu, moyennant la grâce de Dieu , tout bon et tout-puissant; le concile soit repris et poursuivi au même temps, et soit estimé avoir toute sa même force, puissance et autorité. Mais si, ce qu'à Dieu ne plaise ! après les deux ans, les empêchements légitimes qui sont aujourd'hui ne sont pas cessés, qu'aussitôt qu'ils le seront, la présente suspension, dès là même, soit tenue pour levée , la même force et autorité soient rendues au concile, et soient tenues pour lui être en effet rendues, sans autre nouvelle convocation du concile; le consentement et l'autorité du saint décret.
Siège
apostolique intervenant a ce
Cependant le saint concile exhorte tous les princes chrétiens et tous les prélats d'observer et de faire observer respectivement, autant qu'il leur appartient, dans leurs royaumes, leurs états et leurs églises, toutes et chacunes les choses qui jusqu'à présent ont été ordonnées et établies par le saint concile œcuménique.
BULLE
POUR LA CÉLÉBRATION DU GONCILE DE TRENTE, SOUS PIE ly, SOUVERAIN PONTIFE.
Pie, évequc, serviteur des serviteurs de Dieu; pour mémoire à la postérité. Aussitôt que nous aurions été appelé au gouvernement de l'Eglise, par la pure iuiséricorde de Dieu, quoi(iue avec des forces peu proportionnées à un si pesant fardeau; portant incontinent
les yeux sur toutes les parties de la chrétienté, et voyant avec une horreur extrême combien la contagion du schisme et des hérésies se serait répandue de tous côtés, et combien les mœurs des chrétiens auraient besoin de correction : nous aurions d'abord commencé, selon l'engagement et l'obligation de notre ministère, d'appliquer nos soins et nos pensées aux moyens d'extirper ces hérésies, d'éteindre un schisme si pernicieux et si étendu, et de remédier à une si grande corruption et dépravation de mœurs. Et comme nous aurions connu que le remède le plus convenable pour guérir tous ces maux, et dont le saint Siège se serait déjà souvent servi, était l'assemblée d'un concile œcuménique et généra! : nous aurions pris résolution de le convoquer et célébrer, moyennant l'assistance de Dieu. 11 est vrai qu'il aurait été déjà ci-devant assemblé par Paul III, et Jules III, son successeur d'heureuse mémoire, nos prédécesseurs; mais ayant été souvent arrêté et interrompu pour diverses causes, il n'aurait pu être achevé. Car Paul, l'ayant premièrement assigné dans la ville de Mantoue, et puis dans celle de Vicence, après l'avoir suspendu pour certaines causes portées dans ses lettres, l'aurait enlin transféré à Trente, où le temps de sa célébration ayant encore été diff'éré pour certaines raisons, enfin, toute suspension levée, il aurait été commencé dans la dite ville de Trente. Mais ensuite de quelques sessions tenues, et de quelques décrets rendus, il aurait été transféré à Bologne, pour certaines clauses, -et du consentement et autorité du saint Siège apostolique. Jules, par après qui lui succéda, l'aurait rappelé dans la dite ville de Trente, où il se serait fait encore pour lors qm.'lques autres décrets : mais s'étant élevé de nouveaux troubles dans les lieux voisins en Allemagne, et une sanglante guerre s'étant allumée en Italie et en France, le concile aurait été derechef suspendu et différé ; l'ennemi du genre humain employant ainsi tous ses efforts, et faisant naître successivement diverses difficultés et divers embarras les uns sur les autres, afin qu'une chose si avantageuse à l'Eglise, et qu'il ne pouvait tout-à-fait empêcher, fût au njoins retardée le plus qu'il lui serait possible. Combien cependant les hérésies se sont étendues et multipliées ! combien le i-chisme a pris de force et d'accroissement! C'est une chose à laquelle nous ne saurions penser, et dont nous ne saurions parler sans une extrême douleur. Mais enlin noire Dieu, iout bon et tout miséricordieux , qui ne porte jamais sa colère jusqu'au point de s'oublier tout-à-fait de sa miséri corde, a daigné redonner la paix , et rétablir la concorde et l'union entre les rois et les princes chrétiens; et dans une si favorable conjoncture , nous aurions conçu une très-grande espérance, nous appuyant toujours sur la même miséricorde de Dieu, de voir aussi linir, par le même moyen de la convocation d'un concile, tous les maux qui affligent l'Eglise. C'est pourquoi nous aurions jugé n'en devoir pas retarder plus longtemps la célébration , tant pour détruire le schisme et les hérésies, et pour réformer et corriger les mœurs, que pour affermir la paix entre les princes chrétiens. Et ayant donc mûrement délibéré avec nos vénérables frères, les cardinaux de la sainte Eglise romaine , et ayant donné part de notre dessein à nos très-chers fils en Jésus-Christ, Ferdinand , empereur élu des Romains , et aux autres rois et princes , que nous aurions trouvés trèsdisposés à aider et favoriser la célébration du concile, ainsi que nous nous l'étions bien promis de leur haute piété et de leur sagesse : nous, à l'honneur et à la gloire de Dieu tout-puissant, et pour le bien et utilité de l'Eglise universelle, de l'avis et du consentement de nos susdits frères, fondé et appuyé sur l'autorité de Dieu même et des apôtres saint Pierre et saint Paul, dont nous sommes revêtu dans la fonction que nous exerçons sur la terre : assignons le saint concile œcuménique et général dans la ville de Trente au prochain Jour de la très-sainte Résurrection de
LE S. CONCILE DE TKENTE
Notro-Sei'^neur , ordonnons et arrêtons que, louie S?spe..sfôf levée, il y soit tenu et célébré. C'est pourquoi ÙL avertissons et cxh.rloi.s .nsinmment au nom de Noire -Seigneur, nos vénérables Ircresde loues n^ons, les pairiarches, archevéqncs, eveques e m^ cl ers ils les abbés, et tous auires qui de droit c^inm, par privilège, ou de coutume ancienne, ont Sce et voix délibérative dans les conciles généraux, et leur enjoiguons el commandons aussi tres-expressément, en vertu de la sainte obéissance et du serriient qu'il ont prêté, el sous les peines qu ils savent être uinléos par les r^aints canons contre ceux qui négligent de se trouver aux conciles généraux : qu i s aient à se rendre dans ledit jour nomme, en la ville de Tronie, pour assister au concile qui y doitelre lenu, s'ils n'ont (luebiue empêchement légitnne dont ils seront pourl;lnt tenus de justifier à l'assemblée, par des «rocureurs légitimes qu'ils y enverront. Averlissons en outre tous et un chacmi de ceux qui y ont ou pourront avoir intérèi, qu'ils ne manquent pas de se irouver audit concile. El quand a nos tres-chers ils en Jésus-Christ, l'empereur élu des Uomains et les autres rois et princes, il serait a la vente fort a souliaiter qn'ils y pussent assister en personne; mais sis ne le peuvent pas, nous les exhortons et prions qu ils V envoient au moins leurs ambassadeurs pour y assister en leur nom, et qu'ils choisissent pour cet em- Dloi des personnages prudents, sages et verlueux; et surtout qu ils lassent en sorte par leur zèle, chacun dans ses royaumes el éials, que les prelais se niellent en devoir, sans excuse et sans retaidemeni, de rendre leurs services à Dieu et à l'Eglise dans un temps si nécessaire; ne doutant pas d'ailleurs qu ils ne donnent tous les ordres nécessaires a la liberté du Dassa«e et à la sûreté des chemins par leurs royaiiines (Tléiats, pour les prélats, ceux de leur comp;»gnie et de leur suite, et pour tous ceux généralement qui pourront aller au concile et en revenir, et qu'ils ne pourvoient à ce qu'ils soient partout reçus et traites avec honneur et amitié; comme de notre côie nous en aurons soin en ce qui nous regarde , ayant résolu de ne rien omeiire de tout ce qui sera en notre pouvoir dans la place que nous tenons, pour l'achevément d'une œuvre si sainte et si salutaire. Car Dieu sait si nous cherchons et si nous nous proposons autre chose dans la célébration de ce concile, que sa propre gloire, la réduction des brebis écartées, et le salut, le repos et la tranquillité perpétuelle de la chrétienté. Ahn donc que les présentes leitres, et le conlenu en icelles puisse venir à la connaissance de tous ceux à qui il appartient, et que personne ne puisse alléguer pcmr excuse qu'il les a ignorées ; d'autant plus que les passages ne sont peut-être pas libres ni sûrs, pour en avenir tous ceux qui le devraient être : voulons et ordonnons qu'elles soient lues el publiées à haute voix par les huissiers de noire cour, ou par quelques notaires publics , dans l'église du prince des apôtres au Vatican, et dans celle de Sainl-Jean-dc- Latran, au temps que le peuple a coutume de s'y assembler pour assister à la grand'messe , et qu'après que lecture en aura été faite, elles soient alïichées aux portes des dites églises, à celles de la chancellerie apostolique, et au lieu ordinaire du Champ-de-Flore, auxquels lieux elles seront laissées quekjues temps, afin qu'elles puissent être lues et sues de tous; et quand elles en seront ôtées, qu'il en soit lais?-é des copies aflichées aux mêmes lieux ; voulant et entendant qu'en vertu des susdites lectures, publications et affiches, tous et chacun de ceux qui sont compris dans les dites leitres, après deux mois du jourde.vdlites publications et afiiches, soient tenus pour suflisamment avertis et obligés, tout ainsi et de même que si elles leur avaient éié lues et signifiées en personne. Enjoignons el ordonnons aussi qu'aux Copies d'icelles écrites ou signées de la main de quelque notaire public et auioi isées du sceau et de la signature de quelque personne constituée en dignité ecclé&iasiique, il soit
ajouté foi sans aucune difficulté. Qu'aucun donc ne soit assez osé pour enfreindre ces présentes leitres d'indicti(m, d'ordonnance, de décret, de commandement, d'avis et d'exhorlaiion, ni d'y contrevenir par une entreprise téméraire : et si quelqu'un était assez hardi pour l'entreprendre, qu'il sache qu'il encourra l'indignaiion de Dieu tout-puissant et de ses bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul. Donnée à Rome dans Saint-Pierre, le premier jour de décembre, Tan de l'incarnation de Notre-Seigneur mil cinq cent soixante, le premier de notre pontificat.
Antoine Florebel.
Barenge.
XVll" SESSION
Du saint concile de Trente , œcuménique el général , qui
est la première tenue sous Pie 1 V, souverain pontife,
le tS janvier 1562.
Décret pour la célébration du concile.
Trouvez-vous bon qu'à l'honneur et à la gloire de l» sainie et individue Trinité, le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit, pour l'accroissement et rexaltation de la foi et religion chrétienne, le saint concile de Trente, œcuméni(|ue et général, légitimement assemblé sous la conduile du Saint-Esprit, toute suspension levée, soit tenu et célébré depuis ce jour dix-huitième de janvier de l'année mil cinq cent soixante -deux de la naissance de Notre-Seigneur, consacré à la mémoire de la chaire du prince des apôtres saint Pierre à Rome, selon la forme et teneur des lettres de notre très-saint père Pie IV, souverain pontife ; et qu'en gardant l'ordre qui se doit observer, il y soit traité, les légats y présidant, et proposant les choses, de ce qui paraîtra audit concile propre et convenable pour adoucir les malheurs des temps, apaiser les controverses touchant la religion, réprimer les langues malignes et trompeuses, corriger les abus et la dépravation des mœurs, et établir dans l'Eglise une paix véritable et chrétienne? Ils répondirent : Nous le trouvons bon. Indiclion de la prochaine session.
Trouvez-vous bon que la prochaine session se tienne et se célèbre le jeudi d'après le second dimanche de carême, qui sera le vingt- sixième de février? Ils ré" pondirent : Nous le trouvons bon.
XVIir SESSION,
Qui est la seconde tenue sous Pie 1 V, souveratn pontife^ le 26 février \ 562.
Décret pour le choix des livres^ el pour l invitation au concile^ avec offre d'une assurance publique. Le saint concile de Trente, œcuménique et général, légitimement assemblé sous la conduile du Saint- Esprit, les mêmes légats du Siège apostolique y présidant, ne mettant point sa confiance dans les forces humaines, mais an secours et en l'assistance de Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui a promis de donner à son Eglise la parole et la sagesse ( Luc. 21 ), a pour but principal de rétablir enfin dans son éclat et dans sa pureté la doctrine de la foi catholique obscurcie et corrompue en plusieurs endroits, par un grand nombre d'opinions diverses et contraires entre elles, de ramener à une plus exacte discipline les mœurs qui se sont écartées de l'ancien usage, et de léunir les cœurs des pères avec les enfants et les cœurs des e ifanls avec les pères. Ayant donc tout premièrement remar(jué qu'eu ce temps le nombre des livrer suspects et dangereux s'est extraoïdinairement multiplié, et que par ce moyen la mauvaise doctrine dont ils sont remplis s'est répandue au loin et de tous côtés ; ce qui a donné lieu à diverses censures qui en ont été publiées, par un pieux zèle, en divers pays, et particulièrement dans la sainte ville de Home, sans que pourtant aucun remède ait de rien servi ni profilé contre un mal si grand el si pernicieux ; le saint con*
SUSSIOiN XVlIf.
cile â élé d'avis qu'il soit choisi et nommé des Pères, pour examiner avec soin ce qui sera à propos qu'on fasse des livres et des censures, et pour faire le rapport de leurs senlimenls en son temps au dit concile, aCm qu'il puisse par après séparer plus aisément les doctrines étrangères et diverses, comme l'ivraie du froment de la vérité chrétienne, pour ensuite en délibérer plus commodément, et ordonner ce qui lui semblera le plus convenable pour tirer du scrupule plusieurs esprits, et ôter divers sujets de plaintes. Or, comme il veut que toutes ces choses viennent à la connaissance de tout le monde , il a élé bien aise de les marquer dans le présent décret, afin que si quelqu'un croit qu'il y ait quelque chose qui le regarde dans ce qui a élé dit sur l'affaire des livres et des censures , ou dans les autres choses dont il a élé dit que l'on traiterait dans ce concile général, il ne puisse douler qu'il n'y soit béuignement écoulé. Et d'auiant que le même saint concile n'a rien plus à cœur , ei ne demande rien à Dieu plus instammeni, que la p,»ix et la réunion de l'Eglise, afin que tous reconnaissant sur terre leur mère commune , qui de son côié ne peut oublier ceux qu'elle a enfantés, nous glorifiions d'un même cœur et d'une même bouche, Dieu , le Père de Noire-Seigneur Jésus-Christ, il invile et exhorie par les enlrailles de la miséricorde du même Dieu, et de notre même Seigneur, tous ceux qui ne sont pas de noue communion, à la concorde et à la réconciliation ; et à venir à ce saint concile dans un esprit de charité, qui est le lien de la perfection, et dans une disposition à la paix de Jésus-Christ, à laquelle ils ont été appelés, pour ne faire qu'un même corps, et qui mettra leur cœur dans la véritable joie. Qu'ils n'endurcissent donc point leurs cœurs , en entendant cette voix, qui n'est pas la voix des hommes , mais celle du Saint- Esprit ; et qu'au lieu de marcher selon leur propre sens, et de se complaire en eux-mêmes, ils se laissent toucher à cet averiissement si charitable et si salutaire de leur mère; et qu'ils se convertissent : car le saint concile les recevra, et embrassera avec les mêmes témoignages d'affection et de charité (|u'il les invite.
De plus , le saint concile a ordonné qu'on pouvait, dans une congrégation générale, accorder une assurance publique, et (|u'elle aura même force, et sera de même poids et autorité, que si elle avait élé accordée et ordonnée dans une session publique. Jndklion de la prochaine session.
Le même saint concile de Trente, légitimement assemblé sous la conduite du Saint-Esprit , les mêmes légats du Siège apostolique y présidant, a résolu et ordonné que la prochaine session se tiendra et célébrera le jeudi d'après la très-sainte fête de l'Ascension de Notre-Seigneur , qui sera le quatorzième de mai.
SAUF CONDUIT ACCORDÉ A LA NATION ALLEMANDE , DANS LA CONGRÉGATION GÉNÉRALE , TENUE LE 4- MARS
Le saint concile de Trente, œcuménique et général, lêgiiimenient assemblé sous la conduite du Saint-Esprit, les mêmes légats du saint Siège apostolique tj présidant, déclare et certifie qu'il a donné et accordé , donne et accorde par ces présentes, assurance publique et pleine et entière liberté, qu'on appelle communément saufconduit, à tous et chacun , prêtres , électeurs , princes , ducs, marquis, comtes, barons, nobles, gens de guerre, gens du peuple ^ et à tous autres , de quelque état , condition et qualité qu'ils soient , du pays et nation d'Allemagne; comme aussi aux villes et autres lieux en dépendant; et à toutes autres personnes ecclésiastiques et séculières, particulièrement de la confession d Augsbourg , qui viendront avec eux à ce concile général de Trente , ou y seront envoyées ; qui se mettront en chemin pour s'i/ rendre, ou qui jusqu'à présent y sont déjà arrivées ; sous quelque nom qu'elles puissent être comprises ;de voiir librement dans cette ville de Trente , y rester , demeurer et séjourner ; comme aussi y proposer, déduire, traiter ,
examiner et discuter, avec le concile même, toutes sortes d'affaires ; y représenter et mettre en avant en toute ftberlé , soit par écrit ou de vive voix , toutes les choses et tels articles qu'il leur plaira ; les expliquer , soutenil et défendre par les saintes Ecritures, et par les paroles, les passages et les raisons des saints Pères ; et même , si besoin est, répondre aux objections du concile général ; disputer et conférer charitablement avec ceux qui auront été choisis pour cela par le concile, sans aucun empêchement , et sans reproches , injures ni invectives; entendant pour cet effet, sur toutes choses, que les matières qui sont en controverse se traitent dans le dit présent concile de Trente suivant l'Ecriture sainte et les traditions des apôtres, les conciles approuvés, la croyance unanime de l'Eglise catholique et les autorités des saints Pères. Et ajoutant ceci nommément, que les susmentionnés ne puissent être punis en aucune manière, sous prétexte de religion, ou de délits commis déjà ou qui pourraient être commis à ce sujet. Comme aussi que pour leur présence, ni dans le chemin, ni en aucun lieu, soit en venant, séjournant ou s'en retournant , ni dans la ville même de Trente , on n'interrompe en quelque manière que ce soit le service divin. Et arrivant qu'après la conclusion des affaires, ou même avant qu'elles fussent terminées , ils eussent volonté, ou quelqu'un d'eux de se retirer de leur propre mouvement , ou par ordre et de l'agrément de leurs supérieurs; consent le dit concile qu'ils puissent, incontinent s'en retourner librement et sûrement , selon leur bon plaisir , sans qu'on leur fasse naître obstacle , incident ni retardement quelconque; et ce, tant à leur égard , que de ceux de leur suite et de tout ce qui pourra leur appartenir ; sans qu'à l' honneur , ni aux personnes respectivement il soit fait aucun préjudice. Bien entendu toutefois qu'ils feront savoir leur départ à ceux qui seront députés par le concile, afin que, sans délai, sans fraude ni mauvaise foi , il soit pourvu à leur sûreté. Veut et entend aussi le dit concile, que toutes les clauses généralement quelconques , nécessaires et essentielles à une pleine , entière et suffisante sûreté , tant pour aller et séjourner que pour s'en retourner, soient comprises et reu' fermées, et tenues pour comprises, dans la présente assurance publique et sauf-conduit. Déclare de plus expressé-, ment , pour plus grande sûreté et pour le bien de la paix et de la réunion générale , qu'avenant, ce qu'à Dieu ne plaise! qu'aucun ou aucuns d'entre eux, soit sur le chemin, en venant en cette ville de Trente, soit pendant le séjour ou dans le retour, vinssent à faire ou commettre quelque chose d'énorme , en conséquence de quoi la grâce de cette liberté et assnnmce publique à eux octroyée , pût être révoquée et annulée : il veut et consent que les coupables surpris en tel crime soient pmûs sans délai par eux-mêmes seulement, et non par autres, d'une punition convenable, et d'un châtiment proportionné, dont le concile ait juste sujet d'être content et satisfait de sa part , sans que cela porte aucune conséquence contre le présent sauf-conduit, lequel demeurera en son entier, selon sa forme et teneur. Veut et entend aussi réciproquement le présent concile, qu'arrivant qu'aucun ou aucuns de l'assemblée, soit sur le cliemi)i, pendant le séjour, ou dans le retour, vinssent à faire ou commettre , ce qu'à Dieu ne plaise ! quelque chose d'énor}ne , qui allât à blesser ou violer en quelque manière que ce fût la liberté accordée par la présente assurance publique , les coupables surpris dans un tel crime soient punis sans délai par le concile seulement, et non autres, d'une punition convenable et d'un châtiment proportionné , dont messieurs les Allemands de la confession d' Augsbourg qui seront alors ici présents aient juste sujet de demeurer contents et satisfaits de leur part ; sans que cela porte aucune conséquence contre le présent sauf- conduit , lequel demeurera 'en son entier selon sa forme et teneur. Veut de plus le présent coU' cile, qu'il soit permis à tous et chacun les ambassadeurs, toutefois et quantes qu'il sera nécessaire ou que bon leur sem-> blera, de sortir de cette ville de Trente, pour prendre l'air, et d'y revenir; même d'envoyer et dépêcher en toute liberté leur courrier ou leurs courriers, selon la nécessité de leurs affaires, en quelque lieu que ce soit aussi bien que
de recevoir celui ou ceux qui leur seront envoyés et dépêchés.toutefoisetqmntesqu^ilsletrmiveronta^^^^^^^^ sorte néanmoîns qu'ils se fassent accompcmei de quel- \Zioude quelques-uns de la part du conal^ ^pou^ Lie ou pourvoient à leur sûrele. Durera elanmlten le vrésent sauf-conduit et assurance , depuis et pendant oit le temps qu'ils auront été reçus en la charge et sauve^ Zdedu dit concile et des siens, et jusqifà ce qu^ils soient Zutuils à Trente, et tout le temps qrCils y demeiu'eront Et anand après avoir été suffisamment entendus , et fivoir séjourné préalablement vlnql jours, Us demanderonf à s'en retourner ; ou quand le concile , après les avoir entendus, leur aura fait si q ni fier de se retv-er ,^ il les fera conduire , Dieu aidant, depuis Trente jusquau lieu de sûreté que chacun aura choisi : le tout sans fraude ni surprise aucune. Toutes lesquelles choses il promet devoir être tenues et accomplies inviolablement et en répond de bonne foi, au nom de tous et chacun les fidèles chrétiens , de tous les princes et de toutes personnes tant ecclésiastiques que séculières, de quelque état et condilion qu'elles soient, et sous quelque nom quelles soient
comprises. ., , . • „a
Déclare au surplus le saint concde, et promet stnce-rement et de bonne foi, sans fraude m surprise, quil ne recherchera directement ni indirectement aucune occasion, ni ne se prévaudra, ou permettra que personne se prévale, d'aucune autorité, puissance, droit, statut m privilège, de quelques lois, canons, m conciles que ce son , nommément de ceux de Constance et de tienne, sous quelques termes précis qu'Us puissent être conçus, au préjudice de cette foi publique , pleine assurance et libre audience, que le concile leur accorde; dérogeant pour cet égard et pour cette fois à toutes les choses susdites. Que si le saint concile, ou aucun de ceux qui le composent, ou des leurs, de quelque étal, conduwn et dignité qu'il put être, venait à violer, de quoi le Tout -Puissant nous veuille toutefois bien garder ! la présente assurance et sauf conduit, en la forme et teneur quH est conçu, ou en quelqu'une de ses clauses et conditions , et qu'il n'en fût pas fait un prompt châtiment à la srt/îS-
le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et l'auteur de la paix , qu'il sanctifie tous nos cœurs , afin que par son secours le saint concile puisse maintenant et toujours projeter et accomplir ce qui sera pour sa gloire et pour son honneur.