‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 79 sur 368 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De institution du saint sacrifice de la messe. Parce que sous l'ancien Testament, selon le témoignage de l'apôtre saint Paul, il n'y avait rien de parfait ni d'accompli à cause de la faiblesse et de l'impuissance du sacerdoce lévitique , il a fallu. Dieu le Père des miséricordes l'ordonnant ainsi , qu'il se soit levé un autre prêtre selon l'ordre de Melchisédech, savoir Notre-Seigneur Jésus-Christ, lequel pût rendre accomplis et conduire à une parfaite justice tous ceux qui devaient êire sanctifiés. Or, quoique Noire*Seigneur Dieu dût une fois s'offrir lui-même à Dieu son Père , en mourant sur l'autel de la croix pour y opérer la rédemption éternelle, néanmoins, parce que son sacerdoce ne devait pas être éteint par la mort, pour laisser à l'Eglise, sa chère épouse, un sacrilice visible tel que la nature des hommes le re(|uérait, par lequel ce sacrifice sanglant, qui devait s'accomplir une fois en la croix , fût représenté , la mémoire en fût conservée jusqu'à la fin des siècles, et la vertu si salutaire en fût appliciuée pour la rémission des péchés que nous connnetlons tous les jours; dans la dernière cène, la nuit même qu'il fut livré, se déclarant prêtre établi pour rélerniié selon l'ordre de Melchisédech, il offrit à Dieu le Père son corps et son sang, sous les espèces du pain et du vin, et sous les symboles des mêmes choses, les donna à prendre à ses apôtres, qu'il établissait lors prêtres du nouveau Testament ; et par ces paroles ; Faites ceci en mémoire de moi^ leu.

ordonna, à eux et à leurs successeurs dans Je sacerdoce, de les offrir, ainsi que TEglise catholique Ta toujours entendu el enseigné. Car nprès avoir célébré l'ancienne pâqne, que l'assemblée des enfants d'Israël immolait en mémoire de la sortie d'Egypte, il établit la pâque nouvelle, se laissant lui-même pour être immolé par les prêtres au nom de l'Eglise, sous d^s signes visibles, en mémoire de son passage de le monde à son Père, lorsqu'il nous racheta par l'effusion de son sang , nous arracha de la puissance des ténèbres, et nous transféra dans son royaume. C'est celte offrande pure, qui ne peut être souillée par l'indignité ni par la malice de ceux qui l'offrent , que le Seigneur a prédit par Malachie (cap. 1) devoir être en tout, lieu offerte toute pure à son nom^ qui devait être grand parmi les nations. C'est la même que l'apôtre saint Paul, écrivant aux Corinthiens, a marquée assez clairement, quand il a dit (Epist. 1 , c. 10) que ceux qui sont souillés par la participation de la table des démons , ne peuvent être participants de la table du Seigneur; entendant en l'un et en l'autre lieu l'autel par le nom de table. C'est elle enfin qui, au temp> de la nature et de la loi, était figurée et représeniée par diverses sortes de sacrifices , comme renfermant tous les biens qui n'étaient que signifiés par les autres, dont elle était la perfection et raccomplissement.

Chapitre II. Que le sacrifice visible de la messe est propitiatoire pour les vivants et pour les morts.

Et parce que le même Jésus-Christ qui s'est offert une fois lui-même sur l'autel de la croix avec effusion de son sang, est contenu et immolé sans effusion de sang dans ce divin sacrifice , qui s'accomplit a la inesse : dit et déclare le saint concile que ce sacrifice est véritablement propitiatoire , et que par lui nous obtenons miséricorde et trouvons grâce et secours au besoin , si nous approchons de Dieu , contrits et pénitents, avec un cœur sincère, une foi droite, et dans un esprit de crainte et de respect. Car nolie Seigneur, apaisé par celte offrande , et accordant la grâce et le don de pénitence, remet les crimes et les péchés, même les plus grands, puisque c'est la même et l'unique iiostie , ei que c'est le même qui s'offrit autrefois sur la croix qui s'offre encore à présent par le ministère des prêires , n'y ayant de différence qu'en la manière d'offrir ; et c'est même par le moyen de celte oblalion non sanglante que l'on reçoit avec abondance le fruit de celle qui s'est faite avec effusion de sang; tant s'en faut que par elle on déroge en aucune façon à la première. C'est pourquoi , conformément à la tradition des apôtres , elle est offerte , non seulement pour les péchés , les peines , les salisfactions et les autres nécessités des fidèles qui sont encore vivants , mais aussi pour ceux qui sont morts en Jésus-Christ , et qui ne sont pas encore entièrement purifiés.

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