LIVRE m, DOCUMENT GCXX
capitale, de ne s'occuper des questions préparées dans la dernière conférence qu'après avoir étudié les matières qui seraient traitées par le prochain Concile. La motion fut accueillie favorablement, et on résolut d'examiner à un double point de vue, sur les bases d'un mémoire qui serait présenté à cet effet, la définition dogmatique de Tinfaillibilité du Pape parlant ex cathedra, Yoici donc ce qui fut convenu :
1** Les preuves tirées de la Tradition devraient être exposées de manière à satisfaire aux exigences de la critique scientifique et les opposants auraient pleine liberté de faire entendre leur voix.
2"" La doctrine de l'infaillibilité du Chef suprême de l'Église serait présentée dans son ensemble et son détail comme aussi daDs sa connexion avec le magistère infaillible de l'Église.
£n conséquence, on exprima le désir qu'une lettre pastorale collective fût adressée aux catholiques de l'Allemagne pour signaler les dangers qui menaçaient la religion et les moyens de les conjurer, pour calmer en même temps les passions incontestablement surexcitées, et enfin pour offrir à un grand nombre de catholiques qui avaient besoin d'être guidés une règle sûre touchant la question de l'infaillibilité du Pape.
D'un côté, on fit observer que ce serait introduire de la confusion et manquer à la charité comme à la vérité, de vouloir traiter le présent sujet au seul point de vue théologique. Il fallait plutôt l'envisager dans toute son étendue objective, et arriver, en employant les meilleurs arguments dont on pourrait disposer pour une définition éventuelle, à une solution propre à satisfaire complètement la critique scientifique sans que la thèse contraire portât un préjudice notable à la foi des fidèles. On devrait, par conséquent, reconnaître l'importance de joindre à cette question la suivante :
3^ L'opportunité de la définition.
On considérerait comme absolument indépendante de ces discussions la nécessité d'une lettre pastorale collective.
On représenta, d'un autre côté, que la première et la seconde question étaient d'une nature essentiellement œcuménique^ et
qu^il ne serait pas sans inconvénient de les discuter : elles no pouvaient être introduites dans la conférence présente, dont les discussions préliminaires ne devraient influencer en rien la liberté et Tindépendance des Évèques, dans leurs études et leurs décisions.
Considérant donc que, dans le cas oii la troisième question ne serait pas résolue affirmativement, la première et la deuxième tomberaient nécessairement d'elles-mêmes, on résolut d*attendre qu'un membre de la conférence, chargé expressément de présenter un rapport sur l'opportunité de la définition éventuelle indiquée plus haut, eût achevé son travail. En attendant, à la conférence de Taprès-midi, on réunirait les matières qui feront l'objet des discussions conciliaires.
Enfin, on recommanda vivement l'ouvrage de philosophie du professeur docteur Stôckl, et l'on prit confidentiellement connaissance d'une adresse de plusieurs catholiques, à propos des travaux présumés du prochain Concile.
La séance fut levée à midi.