‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 144 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT GCXXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT GCXXXIII

les pensées que ce grand événement fait naître dans mon esprit et les intentions pour lesquelles nous devons prier.

Il a été dit et redit par ceux qui voudraient voir se réaliser leurs paroles que dans les temps passés Tindiction d'un Concile général agitait le monde entier, mais que de nos jours elle était reçue avec une indifférence complète. S'il en est ainsi, alors le besoin d'un Concile général est prouvé, et le motif de sa convocation est évident. Si le monde chrétien est dans cet état d'engourdissement, il est temps que les médecins se consultent. Mais est-il vrai que le prochain Concile soit ignoré? Quel événement a, depuis deux ans, plus excité l'attention? Dans quel pays du monde chrétien a-t-il été passé sous silence? Quel gouvernement ne s'en est pas occupé? Il y a eu des interpellations dans les parlements, des circulaires diplomatiques, des centaines d'articles dans des milliers de journaux dans tous les pays de l'Europe, des discours dans les assemblées, des livres, des pamphlets et des lettres dans les journaux. C'est, delà part des invités et des non-invités, une émotion et une agitation universelles, non pas dans l'unité de l'Église catholique, oii tout est calme dans la force de la tranquillité et de la confiance, mais en dehors, dans le monde politique et religieux.

Le diagnostic du cas est donc assez mal présenté. Le malade n'est pas insensible, mais très impressionnable; léthargique, parfois, peut-être, et n'ayant pas conscience de l'état de sa maladie^ mais parfaitement attentif à ce qui se passe autour de lui et à ce qui l'attend dans l'avenir. Il est vrai, en effet, que la convocation du Concile de Trente tomba sur la conscience de l'Europe chrétienne pendant qu'elle était encore visiblement unie au Saint-Siège. Les erreurs de la soi-disant Réformation étaient déjà à l'œuvre, et les esprits profondément agités par beaucoup de passions. Les puissances civiles de TEurope étaient alors toutes catholiques et eurent, par suite, une grande participation au Concile. Aujourd'hui tout est changé. La moitié de V Allemagne, la Norvège, la Suède, le Danemark, l'Angleterre et rÊcosse ont cessé d'être catholiques. Les pouvoirs civils des pays dans lesquels les populations restent entièrement ou presque

entiërementcatholiques, ne le sont plus. Onne doit pas s*attendre à ce qu'ils soient affectés de sentiments d'espoir ou de crainte, de bonne ou de mauvaise volonté à Tégard d'un Concile sur lequel ils ont abdiqué leur droit. Néanmoins, même parmi eux, le prochain Concile exerce déjà, soit en public, soit en particulier, une influence qui augmente toujours en force et en signification.

Ceci est tellement vrai que la question de savoir qui a été pu n'a pas été invité, ou qui a ou qui n'a pas le droit de siéger au Concile a été soulevée par beaucoup de personnes n'appartenant pas à l'unité de l'Église catholique. Nous aurions cru que cette question se résoudrait d'elle-même. La convocation du parlement n'est adressée qu'à ses membres, et ses membres sont seulement ceux qui, sujets de la couronne, sont dûment investis du droit d'y siéger. La convocation du Concile est adressée aux Evêques de l'unité catholique, soumis à l'autorité de rÉglise et membres de son empire qui s'étend sur le monde entier. Par la bulle d'indiction, tous les Ëvêques sont, non pas invités, mais obligés de se rendre. Ce n'est pas une invitation, c'est une sommation. Us ne peuvent être relevés de l'obligation de comparaître que par l'autorité suprême qui l'a imposée. On a supposé par erreur que les deux lettres apostoliques adressées, la première aux Evêques schismatiques de l'Orient et la seconde àtouslesproteslants et auxautres non-catholiques, ontété émises pour donner un caractère œcuménique au Concile. Mais c'est là une erreur évidente. Le Concile, contenant, soit numériquement, soit moralement, les pasteurs de tout le troupeau répandu dans le monde et sujet du Siège apostolique, est ipso facto œcuménique.

Ces deux lettres ont donc été adressées par charité paternelle à ceux qui appartenaient autrefois et qui malheureusement n'appartiennent plus aujourd'hui à l'unité catholique. On n^a pas besoin de leur présence pour rendre le Concile œcuménique. [Is sont exhortés à profiter du moment de réconciliation et de paix offert par la réunion du Concile, et tous à une seule et même condition, qui est l'hommage et la soumission à l'autorité divine de l'Église catholique romaine en vertu de laquelle

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