LIVRE in, DOCUMENT CCXI
les chefs de l'Église catholique. La presse nous a fait connaître cet événement.
Nous estimions que les libres penseurs n'avaient rien de mieux à faire, en face de cette représentation surannée d'un autre âge, que de s'y montrer indifférents. Cette conduite nous semblait, du reste, tracée par le bon sens du peuple qui/par son peu d'enthousiasme, semblait dire :
« Laissez-les faire à leur tête. »
Un citoyen, animé des meilleures intentions, nous a fait changer d'avis, en convoquant, de son initiative privée, dans une autre ville de l'Italie, une assemblée pour l'opposer à celle de Rome. Ceux d'entre nos frères qui ont l'intention de s'y rendre feront bien de veiller tout particulièrement à ce que cette réunion, où doit régner le plus bel accord, ne devienne pas une mystification, comme nous le font malheureusement craindre le passage suivant d'une circulaire imprimée par les soins des organisateurs de Vanticoncile de Naples :
« Nous écarterons toute discussion théologique, nous contentant de présenter la formule suivante aux hommes droits et raisonnables de tous les pays et de toutes les religions :
« S'abstenir du mal. — Faire le bien. — S'aimer les uns les autres dans Fintérêt commun.
« Naples, 22 septembre 4869. »
La franc-maçonnerie, en tant que corporation, reste en dehors de tout débat religieux. Elle ne serait plus à la hauteur de sa mission si elle se laissait aller à l'esprit de parti et s'inquiétait des décisions prises par tel ou tel chef de secte, de concert avec ses fidèles.
D'ailleurs, notre association est cosmopolite ; dans une question qui est internationale, elle ne peut ni ne doit, suivant nous, agir par groupes isolés. Dès qu'on aura reconnu l'utilité d'un convent général des délégués de la franc-maçonnerie universelle, celle-ci saura bien trouver à se réunir chez elle. Le temple des francs-maçons est assez vaste pour contenir toutes les idées de progrès et leur permettre de prendre tout leur développement.
Une nouvelle circulaire ne tardera pas à inviter les francsmaçons de ritalie à une action positive et sérieuse. Veuillez, en attendant, vénérables frères, communiquer à chaque membre de vos ateliers le contenu de cette lettre et faire comprendre aux loges Tattitude pleine de réserve qui leur est imposée par la force 'même des choses et pour le bien de l'ordre; mais, en même temps, que notre devise, en face du Concile papal, soit : Malheur à qui iioiis touche!
Je vous prie, chers frères, de m'accuser réception de la présente circulaire, et daignez agréer le cordial salut maçonnique.
De votre très aiïectueux frère,