A(bvue des Évéques de Fw/tfci, 6 sept
310 Llîl CONCILE DU VATICAN.
et par les Conciles le Privilegium Pétri ou la Prdsrogativa Sedis Petriy a été fait en lui à ses successeurs ;
3° Que le successeur de Pierre confirme encore ses frères par la possession etTexercice du droit divin et du privilège divin, non seulement de les consulter et de les convoquer, mais d'attester, d'enseigner et de juger par une assistance divine toute spéciale qui le préserve d'erreur, en sa qualité de docteur uni* vcrsel en matière de foi et de morale.
L'office de Pierre n'a pas été d'être confirmé par ses frères, mais de les confirmer; Voffice de son successeur est le même, en dehors même de la convocation et de la consultation de l'Épiscopat comme corps, que ce corps soit dispersé ou réuni.
D'après les témoignages que j'ai cités, il est évident que, en vertu d'une assistance divine, les jugements dogmatiques ex cathedra du Pontife ne doivent pas recevoir du corps épiscopal, mais do7iner à l'Église universelle une infaillible déclaration de la vérité.
Je vousr prie de vous rappeler la preuve que j'ai donnée de rinfaillibilité, dont la promesse se trouve exprimée ou sousentendue dans ces paroles du Seigneur : «J'ai prié pour toi » etc., et du privilège de la solidité dans la foi assignée à ses successeurs comme un héritage de son Siège.
Mgr Maret demande : « Contestons-nous l'autorité des jugements ex cathedra, quand nous affirmons, avec les grands maîtres de la théologie, qu'il n'y a certainement des jugements de cette sorte que quand le Pape a employé le moyen le plus certain que Dieu lui donne pour ne pas se tromper, c'est-à-dire le concours des Évêques * ? »
Si je comprends ces paroles, cela signifie :
1° Qu'aucun jugement n'est certainement ex cathedra^ excepté lorsque le Pontife agit avec le concours des Évêques ;
2'^ Que le Pontife est obligé d'employer les moyens qui sont les plus certains pour écarter l'erreur, c'est-à-dire le concours des Évêques.
{ . Bu Concile général et de la Paix religieuse, loc. cit.
s'accorder avec cette théorie. L'opinion ultramonlaine est simplement celle-ci : Que le Pontife parlant ex caMet/ro, en matière de foi et de mœurs, est infaillible. Il n'y a pas là d'obscurité ou de moyen terme possible; c'est oui ou non. Or, l'opinion qne aousexaminoas afiirme que le Pontife est seulement infaillible lorsque le corps épiscopal concourt à ses jugements. Mais si le corps épiscopal n'a pas jugé ni même examiné la question en litige, comme, par exemple, dans le cas du péché philosophique, ou des propositions jansénistes, ou, des questions De AuxUiis, je demande s'ils sont alors oui ou non ex cathedra, et s'ils sont ex cathedra, s'ils ne sont pas infaillibles.
Je ne vois pas moyen de concilier cette opinion avec celle des ullramonlains les plus modérés. Ce sont des choses frontibm adcersis pugnanlia. De tout mon cœur, je voudrais trouver UQ mode de conciliation, non une via média, un entre-deus qui n'est essentiellement que la méthode du mensonge, mais quelque analyse intellectuelle, quelque conception mtjntalo, précise, qui pAt satisfaire l'esprit de Mgr Maret au sujet de l'infaillibilité du
sont, c'est trahir la vérité. Traiter les choses certaioeB comme les choses incertaines est, en malhémattque, manquer à l'ordro intellectuel; en matière de vérité révélée, c'est de l'incrédulité. La seule modération possible dans les matières de certitude théologique consiste àproclamerla vérité avec charité, t^lniSsûttvèv âyanii; diminuer la précision de vérités qui sont certaines, ou souffrir qu'on les regarde comme douteuses, ou les dég-uîser par une fausse appréhension, ou les modilier pour ménager les préjugés et l'opinion publique, ce n'est pas de la modération, c'est de l'infidélité à l'égard de la vérité, c'est une crainte immodéi'ée ou un respect immodéré pour quelque autorité humaine.
la primauté et rioFaillibililé de Pierre pourraient amoindrir ou blesser l'autorité et les privilèges des Apôtres, et je ne vois pas davantage comment l'autorité et les prérogatives de ses successeurs peuvent amoindrir ou blesser celles de l'Ëpiscopat. Les Ëvéques n'ont pas moins d'autorité parce «jue leur Chef en a plus. Les Évèqucs ne sont pas moins juges de la doctrine dans un Concile œcuménique, parce que leur Chef, dans les intervalles des Conciles, est, en vertu de l'assistance divine, tellement guidé et soutenu qu'il ne peut errer en interprétant la foi et en exposant la loi de Dieu.
C'est en faveur de l'iilglise tout entière, pasteurs et peuples, que l'Esprit de Dieu préserve contre l'erreur la tête d'où le reste dépend tellement qu'une erreur du guide tromperait le troupeau tout eotier, ou briserait la divine unité de l'Ëglise, ou saperait par la base le témoignage et le magistère de l'Église universelle.