LIVRE m, DOCUMENT CCLXXXI
pez tout cela dans vos condamnations indistinctes et absolues ; vous ne voulez pas qu^on fasse ici, dans les idées si multiples que ces mots recouvrent, le discernement nécessaire, ni la moindre distinction ; vous ne permettez pas qu'on cherche en ces points si graves ce qu'il faut résolument condanmer, et ce qui se peut et se doit concilier avec le dogme ou la discipline essentielle de l'Église.
Cet excès vous jette dans un autre, et, partant de là, vous faites une des choses que je vous reproche le plus : vous créez des partis dans TÉglise, vous faites deux parts des catholiques : les uns, catholiques /?2^r5j comme vous, catholiques tout court; les autres, que vous appelez le parti modéré, le parti libéral, ceux-là mauvais catholiques, complices des hérétiques, hérétiques eux-mêmes : vous inventez dans l'Église des hérésies, et vous y impliquez, pour les couvrir d'odieux outrages, les plus illustres défenseurs de TÉglisè parmi nous.
Voilà, Monsieur, ce que vous faites, vous et votre école.
Certes, je n'entends pas dire que tous les catholiques qui travaillent de bonne foi à résoudre ces grands et difficiles problèmes des temps actuels, à discerner, dans ce qu'on appelle le libéralisme, le progrès, la civilisation et les sociétés modernes, ce qui peut être compatible ou incompatible avec le Christianisme, ne se trompent jamais. S'ils se trompent, dites précisément en quoi et comment : à la bonne heure f Mais leur jeter à la face comme une injure, comme une hérésie, ces mots vagues et indéfinis qui disent tout, et ne disent rien, qui sont trop manifestement favorables à la calomnie. Monsieur ; surtout porter ici des condamnations absolues^ au nom de l'Église : voilà ce qui est intolérable.
Et c'est ce que vous faites sans cesse.
Les colonnes de votre journal ne suffisent pas à flétrir ce que vous appelez « le parti du catholicisme libéral » ; ce parti qui, selon vous, « a introduit parmi nous et qui propage avec tant d'obstination cette nouvelle espèce de catholicisme ^ » ; ce