LIVRE m, DOCUMENT CCCVIII
rant, à laquelle est jointe la copie d'une pièce dirigée contre le Tijdei contre les écrivains de la Glerezie, qui ont exprimé leurs sentiments dans nos numéros du 9 et du 10 novembre. Cette pièce n'est pas signée, mais le correspondant de Rotterdam qui nous renvoie déclare se porter responsable pour F écrivain stmpie et bien pensant.
Or, cet écrivain simple et bien intentionné a pour but de porter à la connaissance du public néerlandais quel est son sentiment à rencontre de l'opinion d'autres qui ont écrit précédemment dans le Tijd sous les dates susindiquées. Il désire non seulement que nous insérions dans notre feuille ce qu'il pense, mais aussi pour quels motifs, et il entre en conséquence dans une argumentation qui d'abord est trop étendue, et qui, en second lieu, ne convient pas à notre but. Les catholiques n'ont pas besoin de cela, et les membres de la Glerezie peuvent sans danger attendre le prochain Concile général qui sans doute prononcera, sans que nous devions auparavant fatiguer nos lecteurs avec une sèche et ennuyeuse polémique sur cette affaire, qui du reste est depuis longtemps épuisée dans la discussion publique.
Pour éclairer nos lecteurs, nous voulons pourtant commu^ niquer ce que le nouveau polémiste inconnu de la Clerezie déclare de lui-même :
« C'est déjà assez regrettable que ces deux laïques de Dordrecht ne connaissent pas mieux les questions entre la Cour de Rome et la Clerezie, et que de la sorte ils n'appartiennent pas à la Clerezie par conviction. Heureusement il n'en est pas de même pour tous les Icuques. Quant à moi, je puis dire sans exagération, mais avec reconnaissance, que j'en sais assez, pour être membre de la Clerezie avec pleine conviction et de tout cœur. Et je me réjouis d'être assuré que grand nombre, très grand nombre de laïques de la Clerezie peuvent tenir le même langage que moi, et s'en glorifier. »
Voilà cet écrivain simple et bien pensant ^ qui, quelque simple qu'il veuille paraître, en sait beaucoup plus qu'il ne veut dire. C'est ce qui ^e voit clairement, lorsque, ensuite, il cherche déjà
d'avance des prétextes pour pouvoir récuser la décision du prochain Concile général. Ce qu'il dit à ce sujet fait d'abord connaître de quelle trempe est sa simplicité et sa bonne intention . Nous voulons citer, parce que cela caractérise Thomme et ses partisans.
« Vexamen et la décision ne doivent pourtant pas être confondus. Ne pourrait-il pas y avoir des partis dans un Concile général? Quelqu'un pourrait-il pousser la témérité, l'effronterie, au point de soutenir, en face de l'histoire, que dans les Conciles généraux on a toujours procédé convenablement? Et ce on était-il le Concile général? Est-ce que les questions ne sont pas examinées et discutées dans des séances ou assemblées (qu'on pourrait appeler sections ou divisions), afin que ensuite le Concile exprime là-dessus sa décision dans les séances générales? Et dans ces séances particulières préparatoires est-on toujours à l'abri de l'influence du préjugé et de la prévention?
« La décision du Concile général concernant la foi et la morale est infaillible, et elle est d'elle-même conforme à ce qui a été cru en tout temps y partout et en tout lieu. Telle sera indubitablement la décision du prochain Concile, s'il est vraiment un Concile général, c'est-à-dire s'il satisfait aux conditions et aux prescriptions que l'Église catholique a établies à ce sujet.
<i Mais si, contre toute attente et par prévention, c'était chose arrêtée chez un parti nombreux au Concile général, que l'affaire de Tancienne Cierezie épiscopale des Pays-Bas n'a pas besoin d'être examinée, alors la décision du Concile à ce sujet, sans une enquête préalable convenable, ne pourrait jamais être la décision d'un Concile général. »
En d'autres termes : le Concile est infaillible, mais il peat aussi être faillible.
En conséquence, on peut non seulement appeler du Pape au Concile, mais aussi d'un Concile qu'on suppose mal informé, à un Concile bien informé, c'est-à-dire, pour exprimer clairement et nettement la chose : il n'y a pas de Concile infaillible