CONSTITUTION DE FIDE CA THOLICA
tionis lumen iudiderit; Deus autem negare seipsum non possit, nec veruni vero unquam eontradicere. Inanis autem huius contradictionis species inde potissiinuni oritur, quod vel fidei dogmata ad mentem Ecclesiae intellecta et exposita non fuerint, vel opinionum commenta pro rationis effatis habeantur. Omneiii igitur assertionem veritati illuminatae fidei eontrariam omnino l'alsam esse definimus (i). Porro Eeclesia, quae, una cum apostolieo munere docendi, mandatum aeeepit,fideidepositumcustodiendi, ius etiam et officium divinitus habet falsi nominis scientiam proseribendi, ne quis deeipiatur « per philosopbiam et inanem fallaciam » (Col. 2, 8). Quapropter omneschristiani fidèles huiusmodi opiniones, quae fidei doctrinae contrariae esse cognoseuntur, maxime si ab Eeclesia reprobatae fuerint, non solum prohibentur tamquam légitimas scientiae conclusionesdefendere, sed pro erroribus potius, qui fallacem veritatis speciem prae se ferant, habere tenentur omnino.
Xeque solum fides et ratio inter se dissidere nunquam possunt, sed opem quoque sibi mutuam ferunt, cum recta ratio fidei fundamenta demonstret. eiusque lumine illustrata rerum divinarum Scientiam excolat ; fides vero ra-
raison, et Dieu ne peut se nier lui-même ni le vrai contredire jamais le vrai. Cette vaine apparence de contradiction vient principalement, ou de ce que les dogmes de la foi n'ont pas été compris et exposés suivant l'esprit de l'Eglise, ou de ce que des opinions systématiques sont prises pour les décisions de la raison.
Nous définissons donc que toute proposition contraire à la vérité de la foi éclairée est absolument fausse. Or, l'Eglise, qui a reçu, avec la mission apostolique d'enseigner, le mandat de conserver le dépôt de la foi, a aussi de par Dieu le droit et le devoir de proscrire la fausse science afin que personne ne soit trompé « par la philosophie et des enseignements trompeurs ». C'est pourquoi pour tous les chrétiens fidèles il y a non seulement interdiction de défendre comme conclusions légitimes de la science les opinions qu'ils savent être contraires à la doctrine de la foi, surtout lorsqu'elles ont été réprouvées par l'Eglise, mais encore obligation absolue de les considérer comme des erreurs qui se couvrent de l'apparence trompeuse de la vé" rite.
Et non seulement la foi et la raison ne peuvent jamais être en désaccord, mais elles se prêtent un mutuel concours, la droite raison démontrant les fondements de la foi, et s' appliquant à sa lumière, à la science des choses divines, la foi délivrant de son
(1) Conc.Lat. V , Bulla Apostolici regiminis.
tioneni ab erroribus 1 i ! >c-rc t ac tueatur, eamque multiplici cognitione iiistruat. Quapropter tantum abest, uï Ecclesia humanariiiu artium et disciplinarum culturae obsistat, ul hanc multis modis iuvet atque promoveat.
Noneninacommoda abiisad hominumvitamdi manant i a aut ignorât aut despicit; fatetur imo, eas, quemadmodum a Deo, scientiaruni Domino, profectae sunt, ita si rite pertractentur, ad Deum, iuvaute eius gratia, perducere.
Nec sane ipsa vetat.ne huiusmodi disciplinae, in suo quaeque ambitu, propriis utantur principiis et propria methodo; sed iustam hanc libertatem agnoscens,id sedulo cavet, ne diviiiac doctriiiae repugnando errores in se suscipiant, aut fines proprios transgressae, ea,quaesunt fidei, occupent et perturbent.
Nequeenimfideidoctrina,quam Deus revelavit, velut philosophicuin inventuni proposita est humains ingeniis perficienda, sed tamquàm divinum déposition Ohristi Sponsae tradita, fideliter custodienda et infallibiliter declaranda. Hinc sacrorum qnoque doginatuin is sensus perpetuoest retinendus, quem semel declaravit sancta Mater Ecclesia, nec unquain ab eo sensu, altioris intelligentiae specie et nomine, recedend u m . Crescat i gi tu r e t mu 1 tu m vehementerque proficiat,tam singulorum, quani omnium, tam
côté et garantissant la raison des erreurs et l'enrichissant de connaissances multiples. Bien loin donc que l'Eglise soit opposée à la culture des arts et des sciences humaines, elle la favorise et la propage de mille manières. Elle n'ignore pas, en effet, ni ne méprise les avantages qui en résultent pour la vie des hommes; bien plus, elle reconnaît que, comme ils ont leur origine en Dieu, le maître des sciences, les arts et les sciences, s'ils sont cultivés convenablement. conduisent à Dieu avec l'appui de sa grâce. Et elle ne défend certes pas que ces sciences, chacune dans sa sphère, se servent de leurs principes et de leur méthode propres: mais, en reconnaissant cette juste liberté, elle veille avec soin à ce que leur opposition à la doctrine divine ne leur lasse pas admettre d'erreurs, ou que, dépassant leurs limites respectives, elles n'envahissent et ne troublent pas ce qui est du domaine de la foi.
Car la doctrine de la foi que Dieu a révélée n'a pas été présentée aux hommes comme une invention philosophique à perfectionner, mais elle a été confiée comme un dépôt divin à l'Epouse du Christ, pour qu'elle la garde fidèlement et l'expose infailliblement. Aussi faut-il garder toujours aux dogmes sacrés le sens que la sainte Eglise a une fois déclaré, et il n'est jamais permis, sous prétexte ou couleur d'une intelligence plus profonde, de s'en écarter.
( 'roisse donc et progresse vigoureusement en chacun comme en tous, chez tout homme en particulier aussi bien que dans toute