LIVRE S£IZli:M
RasoumofFski et les comtes Nesselrode et de Capo-d*Istria , à l'effet de régler avec la France , le mode d'entretien et de nourriture de leurs troupes, et le prompt licenciement de l'armée retirée derrière la Loire, laquelle sous le commandement de Davoust, persistait, malgré les ordres du roi , à ne pas vouloir se séparer, et avait même pris des positions défensives. Vainement, une ordonnance royale avait licencié les troupes qui avaient passé sous les drapeaux de l'usurpateur, et défendu de se soumettre à de prétendues lois de conscription remises en vigueur par lui et ses adhérens; des excitations accompagnées de violence , avaient arraché à leur fidélité, beaucoup d'anciens soldats et de jeunes gens. Louis XVltl, quoique porté à la clémence , s'était déterminé d'après les événemeos , non moins que d'après les conseils des monarques alliés, à faire des actes de sévérité envers quelques-uns de ceux qui ayant le plus contribué au retour de Fusurpateur, se trouvaient dès -lors responsables des maux qu'il avait amenés à sa suite. Le colonel La Bédoyère qui avait livré la place de Grenoble, et entraîné son régiment dans la révolte, fut condamné à mort par une commission militaire. C'était une tête ardente : sa jeunesse qu'embellis-
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saient plusieurs belles qualités, eût intéressé dans
d'autres circonstances. •
Le maréchal Ney avait , lors de la rentrée de Bonaparte , protesté à Louis XY III, de son attachement avec tant d'effusion et d'apparente sincérité, que ce monarque lui avait confié le commandement de l'armée rassemblée à Lons-le- Saunier, pour arrêter la marche hardie de Bonaparte; et il avait juré de l'amener pieds et poings liés. Loin de tenir cette promesse , Ney infidèle à l'hpnpeur et à ses sennens, s'était réuni avec ses troupes à Bonaparte, et avait ain^si assuré les succès de l'usurpateur. Proscrit par l'ordonnance royale du 24 juillet, il avait cherché à se soustraire au sort qui le Qienaçait» en se cachant dans une petite ville du Midi. Découvert et amené à Paris, il avait été traduit devant une commission militaire présidée par le maréchal Jourdan, Par une erreur d'amourpropre, le n^aréchal Ney l'avait récusée, pré* tepdant qu'en sa qualité de pair, il n'était justiciable que de cette chambre. Renvoyé devant elle, il fut presque à l'unanimité condamné à mort, le 26 décembre 1 81 5 ; et subit le lendemain,. son jugement avec la résolution de quelqu'un qui avait souvent envisagé la mort de près. Ney, brave soldat, général médiocre et