LIVRE NEUVIÈMC
qu'il aurait toujours près du corps helvétique un ministre chargé die veiller à tous les événeœcns et de consolider son existence politique; mais que dans la circonstance présente , il considérait toute la nation, et lu>n aucune partie, ni aucune faction; qu'il apprenait avec peine qu'il y avait toujours en Suisse des inquiétudes et des troubles ; que Findépendance de la Suisse serait reconnue sans diiBculté , mais qu'elle devait s'en rendre digne. »
Le député de Berne ayant voulu prendre la parole , Fempereur Alexandre le regardant avec sévérité , ne se montra point disposé à l'écouter. Ce prince avait été prévenu contre ce canton. La part que le cabinet de Pétersbourg prenait aux afiaires de la Suisse , indiquait qu'il entendait participer désormais à tous, les intérêts du continent. Ce vif. intérêt au sort des cantons était aussi, en partie, l'effet desdémar^ ches du colonel Laharpe, ancien instituteur d'A* . lexandre, qui était, à Vienne , député du canton de Vaud.
. L'article II secret du traité de Paris, portait, « que la France reconnaîtrait et garantirait con- « jointement avec les puissances alliées, et comme « elles , l'organisation politique que la Suisse se <c donnerait sous les auspices desdiles puissances « alliées , et d'après les bases arrêtées entre 11. 4
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5o COITGRÈS DE VfENNE.
i( elles. » En conséquence , le comité des huit avait nommé, le a novembre, un comité spécial pour les affaires de la Suisse. Il était -cdnaposé du baron de Vessenberg pour l'Autriche, du baron de Humboldt pour ia Prusse, de lord Stewart et de M. Strafford<Canning pour l'Angleterre, et du baron de Stein et du comte Capod'Istria pour la Russie. On n'introduisit point de plénipotentiaire français dans cette première formation du comité, parce qu'un article secret du traité du 3o mai, semblait supposer que les puissances alliées interviendraient seules dans la nonvelle organisation suisse, quoiqu'il fiit peu régulier de soumettre la France à garantir, des arrangemens auxquels elle n'aurait pris aucune part. On revint plus tard sur l'exclusion de la France.
La première séance du comité suisse eut lieu le i4 novembre. On y débattit d'abord la question concernant la réclamation territoriale du canton de Berne, dépouillé , dans le cours de la révolution, de l'Argovie et du pays de Vaud, dont on avait formé deux cantons. L'opinion du plénipotentiaire autrichien , baron de Vessenberg, fut de maintenir ces deux derniers cantons dans leur indépendance, en indemnisant Berne par une partie de l'évéché de Baie.
Le plénipotentiaire prussien , baron de Hum-