‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 31 sur 180 · LIVRE DIXÏÈMJ · texte numérisé non relu

LIVRE DIXÏÈMJ

éminemment qu'à la Prusse, le principe qu'elle devait être forte non-seulement pour elle-même, mais pour protéger d'autres états. En efFet, l'Au* triche appartient à toutes les faces du système de l'Europe, tandis que la cour de Berlin n'entre que dans les systèmes partiels du nord et du centre. Toutefois TAutriche rappelée à sa situa^ tioh de i8o5, fut encore restée au-dessous de ce qu'elle était en 1792; mais la modération de François I , l'hospitalité magnifique qu'il accordait à tant de monarques, et la dextérité de ses ministres, disposèrent le Congrès à le favoriser. Toute l'Europe vit sans jalousie là monarchie autrichienne se ipelever plus forte et plus étendue qu'auparavant.

Dès le mois de mai i8i4, les alliés étaient convenus à Paris, que l'Autriche posséderait tout le pays situé entre le Pô, le Tésin et le lac Majeur. On lui abandonna, bientôt après, tout le littoral de l'Adriatique jusqu'à Raguse inclusivement La destruction de cette ancienne république vassale de la Porte-Ottomane, eut pu exciter de justes réclamations du divan; mais Raguse elle-même s'applaudit de son sort. Venise éprouva plus de regrets dé ne pas voir relever leliondeSt.-Marc; mais victime volontaire de la révolution par son imprévoyance , elle avait at-

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testé, par une mort exempte de convulsions, qu'elle était arrivée au dernier période de la caducité. La Yalteline et les comtés de Chiavenna et de Bormio, si importans par leurs passages, étaient incorporés au Milanais. La Russie rendait à l'empereur d'Autriche ce que le funeste traité de paix de 1809 lui avait enlevé en Gallicie. Enfin , la cour de Munich s'était engagée à remettre, moyennant des équivalens, le Saltzbourg, leTyrol, et l'Innwiertel qu'elle avait acquis par le même traité de 1809; échange important qui fut exécuté depuis, quoique incomplètement, au moyen des territoires conquis sur la France dans l'Allemagne méridionale.

De tout cela, il est résulté pour l'Autriche un tel degré de fortune et d'accroissement, que dans une note remise le 8 février 181 5, au comité des cirtf puissances , le premier plénipotentiaire prussien observait qu'il y avait en &veur de la monarchie autrichienne, sur sa population de 1789, un excédant de 733,476 individus, excédant fort augmenté par la réintégration de deux archiducs à Florence et dans le duché de Modène, en sorte que la totalité de la population autrichienne se trouvait reportée de 18,000,000 d'habitans à 28 millions. Ce puissant empire, aujourd'hui couvert par la mer Adriatique , le Pô , le Da-

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