LIVRE ONZIÈME. l4l
nieme regardé, tVaprès sa déclaration du a6 février, toute démarche contraire de sa part, comme une déclaration de guerre ; que d'après les mêmes motifs, S. M. I. regardait aujourd'hui l'entrée des troupes napolitaines dans les légations, et les actes d'hostilités contre les troupes impériales, comme une déclaration de guerre , quelles que fussent les couleurs , sous lesquelles le cabinet de Naples essayait de présenter les faits* »
Deux jours après la remise de cette note, la cour de yiènne publia un manifeste dans lequel elle exposait l'inaction perfide des troupes napo* litaines dans la campagne de i8r4 9 et les intelligences secrètes de Murât avec l'ehnemi, ainsi que les efforts des différentes branches de la maison de Bourbon, pour empêcher la reconnaissance de Joachim Murât; double circonstance dont le concours eût dû porter celui-ci à borner ses vues à la conservation d'un des plus beaux royaumes du monde , en renonçant à toute conquête, surtout quand ces conquêtes ne pouvaient se faire qu'au détriment d'un voisin ( le pape ) , incapable de nuire sous le rapport militaire, et qui était de la plus grande importance sous le rapport politique.
Le manifeste disait encore : « Qu'à la nou-
velle de l'évasion de Bonaparte, Murât avait fait appeler, le 5 mars, le ministre d'Autriche, et lui avait déclaré qu'il voulait rester fidèle au système d'alliance, tandis qu'au même instant, il envoyait en France le comte de Beaiifremont, avec la mission de joindre l'usurpateur, et de l'assurer de son appui , et faisait déclarer à la cour de Rome qu'il regardait la cause de Bonaparte comme la sienne ;
« Qu'enfin , tandis que les plénipotentiaires du roi de Naples , à Vienne , avaient remis au cabinet autrichien, le 8 avril, une note annonçant que l'armée napolitaine allait se replacer au-dedans de la ligne de démarcation fixée par l'armistice de i8i3; cette mêmcL armée avait, sans déclaration de guerre , commencé , le 3o mars , les hostilités contre l'Autriche. » En conséquence de tous ces faits , l'empereur d'Autriche signifiait au gouvernement napolitain : « Qu'il regardait les deux états comme étant « en guerre. »
Avant que ce manifeste eût été signifié à Murat, il avait jeté le masque, en attaquant la garnison autrichienne de Césène ; et arrivé à Rimini , il avait publié une proclamation qui appelait l'Italie à l'indépendance , et invitait tous ses habitans à s'armer. Quelques villes, telles que