‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 149 sur 214 · LIVRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈME

Bonaparte cherchant à soutenir son rôle , rédige bientôt la déclaration suivante : a En présence (c de Dieu et des honimes , je proteste ici solen<- « neliement contre la violence qui m'a été a faite , contre la violation de mes droits les plus et sacrés. On a porté par la force , atteinte à ma ce personne et à ma liberté. Je suis venu volonu tairement à bord du Bellérophon; je ne suis et point le prisonnier de l'Angleterre : je suis son a hôte. Je me suis rendu à l'invitation du capi- «c taine de ce vaisseau : il me dit qu'il avait ordre « de son gouvernement de me recevoir, et de « me conduire, moi et ma suite, en Angleterre, « si cela pouvait m'étre agréable. Me liant à une « pareille assurance, j'acceptai cette offre afin « de me placer sous la protection de l'Angle - « terre- Dès l'instant où j'entrai dans le Belléro-apkon, j'avais droit à l'hospitalité de cette na- « tion. Si le gouvernement, en donnant ordre « au capitaine du Bellérophon de me recevoir, c< moi et ma suite, avait l'intention de me faire « tomber dans un piège , ce gouvernement a agi a contre l'honneur, et dégradé son pavillon. »

Une protestation contre l'injustice ou la violence, doit être au moins l'expression de la vérité. L'opprimé en appelle à la conscience de celui à qui il l'adresse; mais la protestation de Bonaparte n'était-elle pas, au contraire, basée sur des

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faussetés manifestes ? Ce personnage vint*il vo* lontairement à bord du Bellérophon , lui qui fit diverses tentatives pour échapper à la croisière' anglaise ? Le capitaine Maitland avait«»il promis l'hospitalité à celui qu'il avait ordre d'arrêter, même sur un bâtiment neutre ? Depuis quand le coupable fugitif a-t-il le droit de se soustraire à son ennemi, en déclarant quV/ vient s'asseoir au foyer de ce même ennemi ?

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