‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 177 sur 214 · LIVRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-HUITIÈME

ment français (i), et qui avait tant aigri les nations vaincues , eut été plus mitigé , tandis que Tusage étendu qu'on en faisait dans ce moment^ tendait à l'introduire indéfiniment dans le code des nations. Ces contributions excessives en prolongeant pour un tems indéterminé, les priva» tions d'un peuple , lui sont souvent plus pénibles que la cession de quelques places fortes.

La contribution de sept cents millions jointe aux frais d'entretien de 1 5o,ooo hommes, pendant cinq années, et à des remboursemens de diverses natures, étaient une charge bien pesante. Néanmoins, animée non de ce patriotisme qui éclate en phrases sonores ou qui cherche à se signaler par la ruine des autres peuples, mais se manifeste par de grands sacrifices, la France sut faire honneur à son immense dette. En voyant combien lui coûtaient les conquêtes, de la révolution, elle put mieux apprécier la gloire paisible dont ses anciennes annales lui offrent de si beaux exemples. La réflexion eut dû la convaincre plus tôt, que le système d'invasion et la Intte constante avec l'Europe, devaient finir par qitelque éclatante catastrophe, effet ordinaire '

(i) On pourrait évaluer à plus de trois milliards, les contributions déguisées sous différens noms, que le gouvernement français leva sur différens peuples depuis 1792.

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de la guerre y ni par les arrangeinens politiques qui en résulteraient, etc. » Cette note était signée au nom des puissances alliées , par le comte de Rasoumoffski et Capo-dlstria , par le prince de Metternich et le baron de Wessenberg, par lord Castlereagh , le prince de Hardenberg et le baron de Humboldt.

Les conditions imposées par les alliés, étaient sévères : mais obligés à tant d'eflforts et de dépenses, ils se croyaient en droit de tout exiger; et pensaient même être généreux, alors qu'on les accusait de violence, et de méconnaître les droits de Talliance. Le ton des plénipotentiaires ne laissait aucun espoir d'obtenir d'eux , une composition beaucoup plus favorable lorsque le changement du ministère français leva une partie des difficultés qui arrêtaient la conclusion de la paix. Alexandre , sans avoir la prétention de composer à son gré, le ministère français, ne voyait qu'avec déplaisir, le prince de Talleyrand à la tête du cabinet, et il avait témoigné à Louis XYUI, que si la retraite de ce ministre et de ses collègues avait lieu, il s'engageait à faire diminuer de cent millions, la contribution de guerre qui devait être imposée à la France. 11 était difficile que le roi ne profitât pas d'une proposition aussi importante pour le. soulagement de son peuple : il la

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