‹ Histoire du Conservatoire impérial de musique et de déclarationChapitre 37 sur 271 · BIBLIOTHÈQUE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE

La Bibliothèque du Conservatoire a été formée avec les ouvrages provenant du séquestre révolutionnaire : elle se composait d'abord en grande partie d'ouvrages du siècle dernier. La collection de la Chapelle de Versailles y réunit plus tard un certain nombre d'ouvrages du temps de Louis XIV. On fit ensuite Facquisition d^un fonds assez considérable du copiste de l'ancien Théâtre-Italien^ qui contenait une belle collection de la moyenne École italienne, époque un peu postérieure- à Cimarosa et à Paësiello , et qui renfermait des œuvres de Nicolini , Gênerait ^ Mayer, etc. L'adjonction d'une collection de chants patriotiques, l'achat d'un très-grand nombre de partitions d'opéras sous l'Empire et le dépôt légal avaient contrilDué à l'augmenter (i).

A l'époque de la restauration, on fit l'acquisition de la collection EleVj sept volumes manuscrits, composée des œuvres des maîtres célèbres des seizième et dix-septième siècles, mises en partition et d'environ soixante volumes provenant de la Bibliothèque d'Audrien (dit Adrien), et renfermant des ouvrages manuscrits ou gravés d'Azopardi, Albrechsberger, Bach, Claris Garissimi, Durante, Eaendel, Jomelli, Marcello, Cimarosa, etc.

(1) Une collection très-rare publiée en 1516, sous le titre : Messe et Moîeîti délia Corona^ YEuridice de Jules Cacini, composée à Florence en IGOO pour les noces de Marie de Médicis avec Henri IV, et d'autres raretés provenant de la Bibliothèque Saint-Marc de Venise , avaient été déposées au Conservatoire lors de la conquête de l'Italie par les armées françaises.

En 1815, le baron d'Ottenfels réclama ces ouvrages au nom du gouvernement autrichien.

M. Monge était un des Commissaires envoyés par le Directoire en Italie pour recueillir les monuments des Sciences et des Arts. Amateur passionné de musique, il consentit à laisser les originaux des richesses de la Bibliothèque Saint-Marc, et il en fit faire des copies. Il en fit plusieurs caisses, y joignit quelques-uns des ouvrages les plus précieux enlevés à la Bibliothèque, et confia le tout à M. Kreutzer, qui donnait alors des concerts en Italie. M. Kreutzer n'eut pas, dit-on, tous les soins désirables de ce dépôt. Les Anglais s'emparèrent de Venise et des caisses. Elles n'ont jamais pu être retrouvées, quoique vivement réclamées par M. Félis, bibliothécaire du Conservatoire. [Revue Musicale^ tome h-, page 578.)

Au mois de février 1818, le Ministre de la Maison du Roi fit l'acquisition de la collection des manuscrits de M. Giroust, mort à Versailles.

Au mois de novembre de la même année, la Bibliothèque s'enrichit encore de cent trente-deux volumes de musique de l'École d'Italie, provenant de la collection composée par Nicolo pendant son séjour en Italie.

M. Bottée de Toulmon, nommé Bibliothécaire en 1831, entreprit de doter le Conservatoire de collections classiques qui lui manquaient en grande partie.

La Musique religieuse surtout, qui dans l'âge moderne a signalé la renaissance de cet art et a été, pour ainsi dire, toute la musique, n'avait pas au Conservatoire ses plus curieux monunuments.

Aujourd'hui elle possède, grâce à de persévérantes et savantes démarches, les œuvres les plus remarquables de la fin du treizième jusqu'au seizième siècle. Quatre-vingt-cinq volumes venus de Munich, vingt-cinq de Vienne et cinquante de Rome, parmi lesquels l'œuvre entière de Palestrina, composent cette rare et intéressante collection, qui porte aujourd'hui le nom de son créateur.

Il fit faire l'acquisition d'un grand nombre d'anciens ouvrages fort rares, parmi lesquels on peut citer ceux de Gerbert, Jean de Mûris, Galiîet, Glareau, Mattheson, Franchini, Negri, Lambranzi, Bu Gange, le Père Ménestrier, le manuscrit de Tinctor (copié par M. Perne, sur l'exemplaire qu'il possédait et qui est aujourd'hui entre les mains de M. Fétis).

On y ajouta un assez grand nombre d'ouvrages allemands et d'ouvrages relatifs à l'art musical et à l'histoire de la musique. Parmi les auteurs il faut citer : Forkel, Kneck, Bêcher, Marx, Minck, Burney, Kieseweter, Conssemaker, Schilling, Schindler, Weber, Winterfild.

Enfin la collection complète de la Gazette Musicale de Leipzig en cinquante volumes.

Voici un aperçu des richesses que contient cette Bibliothèque :

Environ douze mille volumes de partitions d'orchestre et partitions réduites pour piano et chant {grands opéras, opéras comiques, musique religieuse) , et de méthodes de composition, d'harmonie, d'instruments, solfèges, etc.

Plus de quarante mille parties séparées d'orchestre [ouvertures,

symphonies, etc.) et de chœurs {opéras, messes, motets, oratO' rios, etc.)

Une Ordonnance royale du 29 mars 1834 a décidé qu'un exemplaire du dépôt légal du Ministère de Tlntérieur serait envoyé à la Bibliothèque du Conservatoire. Plus de dix-neuf mille articles, provenant de cet envoi, ont été catalogués depuis 1834.

La Bibliothèque renferme en outre de cinq à six mille pièces de théâtre [opéras, tragédies, comédies) ;

Environ cent volumes de plain-chant.

Elle possède un assez grand nombre de manuscrits, parmi lesquels on peut citer :

Solfège à changements de clefs, par Cherubini;

Le premier en date, par Catel;

Le petit Souper, par Dalayrac;

Fragments d'Azemia, du même;

Intermèdes de la tragédie d'Athalie, par Gossec;

Le quatuor du premier acte de Zampa, par Hérold;

Agnus Bei, de la première messe de Lesueur ;

Valentine de Milan, par Méhul;

Musica funèbre composta alV occasione délia morte del générale Hoche, par Paësiello. (Au bas de la première page on lit ces mots : Bonne au Conservatoire de Musique par le citoyen Bonaparte);

Schottische Lieder, par Beethoven ;

Airs pour le forte piano, copiés par J. J. Rousseau

Chansons nouvelles, par le même;

Te Beum, de Gossec.

Un volume de Chants patriotiques du même auteur, contenant

1° Aux mânes de la Gironde;

2° Hymne à l'Être suprême;

3° Chant de triomphe ;

4° Chant martial pour la fête des Victoires;

5» Hymme à la Victoire;

6° Pas de manœuvre;

7° Station au temple de Melpomène (pour la translation de Voltaire ;

Vn volume de Chants républicains de Cherubini, contenant :

1° Chant pour la Fête du 10 août (autog.) ;

2° 0 Jour d'éternelle mémoire! (autog.) ;

d\Hymme à la Fraternité! (Man.);

Un volume de Chants républicains^ contenant :

i^Eymmeà J. J. Rousseau, par L. Jadin;

2° Hymme à F Agriculture^ de Lefèvre;

3° Chant pour la Fête de F Agriculture, par L. Jadin;

4° Hymme pour la Fête du 10 août, par Rigel;

5° L Arbre de la Liberté, par Giroust;

6° Apothéose de Marat et Pelletier;

7° Un Chant républicain.

Regole di Conlrapunto, par Pautini.

Veni, Sancte Spiritus, par Zangarelli.

JVeZ lasciarti, o Padre, air de Hasse, copié par J. J. Rousseau, (la dernière feuille recopiée par M. Ch^erubini).

No7i chiamarmi ingrato, de Hasse, copié par J. J. Rousseau.

La partition d'Œdipe, manuscrit de Sacchini.

UnBuo d'Orphée, de Gluck.

I Le dépôt légal et un fonds spécial permettent d'augmenter chaque année cette magnifique collection.

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