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Ordonnance du roi contre le lieutenant-général de Bayeux.
M. Le Marois, procureur du roi à Bayeux, et très-attaché à la secte de Quesnel,ne pouvant, à cause de ses infirmités, aller faire ses Pâques à sa paroisse , avait prié son curé de lui apporter les sacrements. M. le curé de Saint-Sauveur, incertain sur le parti qu'il devait prendre à l'égard des Quesnellistes, qui étaient nombreux sur sa paroisse, consulta l'abbé Hugon, vicaire-général, lequel refusa de lui dire son sentiment. Sur ces entrefaites, on signifia au curé de Saint-Sauveur l'ordonnance du lieutenant-général , portant que le curé ou son vicaire administrerait les sacrements au sieur Le Marois. L'ordonnance fut exécutée. Msr de Luynes, qui était absent, apprenant cette
(1) C'est une opinion dont nous laissons la responsabilité à M. do Quens; nous ne connaissons aucun fait certain qui la justifie.
nouvelle à son retour, en fut vivement affligé. Pour réparer le scandale, il indiqua une visite dans la paroisse de Saint- Sauveur, et, le 19 mai 1739, troisième fête de la Pentecôte, il y prêcha sur l'autorité de la bulle , relevant avec fermeté la faute que le curé avait commise ; mais il accompagna la réprimande de tous les ménagements que l'on pouvait attendre de sa charité. Le roi , après s'être fait rendre compte de cette affaire, publia, le 27 mai 1739, une ordonnance ainsi conçue: « Sa Majesté étant en son conseil , a cassé et annullé la dite ordonnance du 21 avril dernier, comme rendue incompétemment et par attentat sur l'autorité épiscopale. Fait Sa Majesté très-expresses inhibitions et défenses audit lieutenant-général du bailliage de Bayeux, et à tous autres juges séculiers de rendre de pareilles ordonnances , à peine d'interdiction ou autre punition exemplaire ; leur enjoint de renvoyer les causes purement spirituelles, notamment celles où il s'agit de l'administration des sacrements, pardevant les supérieurs ou juges ecclésiastiques auxquels il appartient d'en connaître, » etc.