ODE A LA LIBERTE
Les tyrans sont mûrs. »
« Fauchet. »
Loin d'ici, Déités frivoles, Qui jadis inspiriez mes vers ; Français, nos antiques idoles Ont dû tomber avec nos fers.
C'est pour toi, Liberté sacrée, Fille des cieux, vierge adorée , Que fume aujourd'hui mon encens.
Embrase mon cœur de ta flamme , De ta fierté remplit mon âme; Dicte-moi de nobles accents.
Peuples, les destins s'accomplissent, Ouvrez les yeux à la clarté :
Que les Deux-Mondes retentissent Des accents de la Liberté.
Aux sons de sa voix énergique , Je vois le sceptre tyrannique Échapper à vos oppresseurs ; Et l'olivier, malgré leur rage , Couvrir d'un éternel ombrage Ces champs arrosés de vos pleurs.
Et toi , cohorte vagabonde , Vil rebut du peuple français , Arme les despotes du monde ; Promets-toi d'horribles succès.
En vain, ton aveugle furie Conspire contre ma patrie , Contre nos lois et nos vertus ; En vain , chaque jour tu les braves :
Que peut une horde d'esclaves Contre un peuple entier de Brutus?