‹ Histoire du diocèse de BayeuxChapitre 131 sur 161 · LIV. — page · texte numérisé non relu

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Exorde du sermon sur le martyre chrétien , par P. ou Bosc , ministre protestant.

« Le peuple d'Athènes s'assemblait anciennement une fois chaque année pour célébrer la glorieuse mémoire de ces généreux soldats qui étaient morts à la bataille de Marathon, et entendre le panégyrique de ces illustres défenseurs de la patrie, qui furent les premières victimes de la fureur des Perses et les martyrs de la liberté des Grecs. On les couronnait d'élo-

ges brillants ; on faisait le tableau de leur courage et de leur dévouement, et par ces vives images on animait les vivants à imiter l'héroïsme de ces morts magnanimes. Ainsi l'Église, dans les premiers siècles , avait des jours solennels où elle s'assemblait extraordinairement pour honorer la mémoire de ces fidèles soldats de Jésus-Christ, qui étaient morts pour son nom et sa querelle ; de ces admirables martyrs, qui avaient versé leur sang pour la défense de la vérité. Là on représentait l'excellence et l'éclat de leurs vertus, la vivacité de leur foi, l'invincible fermeté de leur patience, la grandeur de leurs combats, la rigueur de leurs souffrances et la fidélité inébranlable de leur âme, que toute la rage des bourreaux, l'affreux, appareil des tortures, l'ardeur des flammes et les plus grands efforts de la cruauté n'avaient pu détacher de Jésus-Christ, ni détourner tant soit peu de son service. Eh! certes, c'était une mort bien plus digne d'être célébrée que celle des Athéniens qui tombèrent à la journée de Marathon ! Ceux-ci moururent en combattant, et dans l'espérance de sauver leur vie; ceux-là regardaient la mort comme inévitable: ils la voyaient venir à eux avec ses armes les plus terribles et avec son visage le plus effroyable, sans pâlir néanmoins et sans perdre contenance. Ceux-là moururent en tuant leurs ennemis; ceux-ci, en priant pour eux, et en demandant leur conversion. Les uns n'avaient après tout à se défendre que contre des hommes de chair et de sang comme eux; mais les autres, outre les tyrans et les persécuteurs qui les déchiraient, avaient à résistera toutes les légions de l'enfer et à toutes les puissances de l'abîme déchaîné contre eux. Enfin, la valeur des soldats d'Athènes n'aboutit qu'à garantir une république et à délivrer un pays attaqué; mais la générosité vraiment divine des martyrs du christianisme glorifiait le ciel, édifiait la terre, ravissait les anges, sanctifiait les hommes, affermissait l'empire du fils de Dieu, et rendait par tout l'univers sa croix victorieuse et triomphante. »

Est-il besoin de faire remarquer qu'il y a contradiction à blâmer aujourd'hui dans l'Eglise ce qu'on admire dans l'Église

primitive? Les honneurs que nous rendons aux martyrs, sont ceux qu'on leur rendait autrefois ; et , si quelqu'un de nos frères dissidents prétendait nous opposer sur ce point la tradition des premiers siècles, nous nous bornerions à lui répondre : ce n'est pas nous qui avons changé.

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