PREMIER CANTON DE TROYE
Le curé de Sainte-Maure, Etienne Audra, le curé de Saiot-Parres, Jacques-Nicolas Henry et son vicaire Fran-
çms Prignot, eiK primèrent cette réserve : « je jure de
maintenir de tout mon pouvoir, en tout ce qui est de Tordre politique, la Constitution décrétée par rAssemblée nationale et acceptée par le roi. exceptant formellement les objets qui dépendent essentiellement de Tautorité spirituelle. Je promets, de plus, de prêter le serment indéfiniment et sans modification, lorsque Taccession de TEglise m'y aura autorisé (i). » Priguot jura purement et simplement quelques jours plus tard.
Seul, le curé de Villacerf. Antoine-Nicolas Saget, refusa tout serment, déclarant le 27 janvier: « i"" que connaissant bien et pouvant prouver que la nouvelle Constitution est contraire aux principes de la religion catholique, apostolique et romaine, laquelle nous professons et professerons aux dépens de notre vie, parce que, hors d'elle, il n'y a point de salut à espérer ; qo que ce n est point à nous à donner à nos supérieurs la leçon et l'exemple, mais que c'est à nous à les recevoir d'eux ; quand nos évéques, législateurs spirituels établis de Dieu nos supérieurs et nos pères dans la foi, nous auront fait les mandements d*obéir, on nous verra soumis ; quand l'Eglise, ayant à sa tête le chef visible, le vicaire de Jésus-Christ, notre Saint- Père le Pape, aura envoyé le bref et les instructions pour ce nouveau gouvernement des âmes, alors nous nous y conformerons; l'Eglise ayant reçu une constitution divine de Jésus-Christ son divin auteur, nulle puissance temporelle ne peut la diminuer, l'augmenter ni la changer en aucune manière sans le secours de la puissance spirituelle et divine.
a Nous refusons donc formellement de faire le serment exigé. Et nonobstant ce refus, nous promettons de ne jamais abandonner à des intrus nos chers paroissiens ;
(i) Arch . de Saint-Parres-aux-Tertres.
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comme pasteur légitime, nous prendrons toujours le plus grand soin de leur âme, nous serons toujours prêt à leur rendre tous le^ services qui dépendront de nous.
« Pour faire connaître nos bons sentiments, en un mot nous déclarons et promettons que nous serons fidèle à tons leurs vrais intérêts, fidèle à leurs âmes, fidèle à U nation, fidèle à la loi, fidèle au roi, mais surtout fidèle à Dieu et à son Eglise. Nous espérons que notis remplirons jusqu'à notre dernier soupir les devoirs d'un vrai chrétien, d*un digne ministre des autels, d*un bon sujet, d*un loyal citoyen et d*un zélé observateur de toute loi qui ne sera pas contraire ni aux lois divines ni aux lois ecclésiastiques, fondé sur ce principe qu'il faut plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes (i) ».
Ainsi parlait le curé de Villacerf ; sa noble paroissienne. Madame d'Hautefort, passa pour avoir usé de son influence afin de déterminer plusieurs curés à ne pas se soumettre au décret du 27 novembre (a).