‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 79 sur 201 · VI. — CHAPITRE DE TRAINEL · texte numérisé non relu

VI. — CHAPITRE DE TRAINEL

La collégiale de la Sainte-Trinité fut fondée vers 1164 par Anseau II, seigneur de Tralnel, qui y établit douze prébendes réduites à six en 1595. Tous les chanoines étaient

(i)R. L., t., IV, p. laS.

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nommés par le seig^ear du lieu. Le Chapitre comprenait un doyen élu par les chanoines, un chantre, nn trésorier, un sous-chantre. Il avait la collation des cures de Sognes, du Plessis-Gfttebled et de Saint-Manrice-aux-Riches- Hommes, cette dernière alternativement avec Tarchevêque de Sens.

L'année capitulaire commençait à la Toussaint. « On trouve dans un manuscrit du xv« siècle une coutume très bizarre qui avait lieu dans ce temps là. 11 se faisait, à une certaine iéte de Tannée, une procession solennelle où venaient plusieurs villages voisins ; il était d'usage que le trésorier du Chapitre y présentât une rose à la plus belle fille de celles qui y assistaient ; après quoi il la prenait par la main et la menait danser sous un tilleul (i) »

Les chanoines étaient en 1790 :

Toussaint-Mathurin Maigret, chanoine en 17^3, doyen en 1778 (a).

Jean-Baptiste-Antoine Maget, né à Tratnel, chanoine depuis 1769(3).

Sébastien Baudoire, né à Ëchauffour (Orne), chanoine en 1779, syndic du Chapitre et curé du Plessis-Gfttebled depuis le 6 février 1790, par résignation de Jean-François Domanges. Eu devenant curé, Baudoire cessa d'appartenir au Chapitre.

Pierre-Antoine Baudoire, frère du précédent, chanoine depuis 1778, curé de Saint-Gervais et de la Louptière, sa succursale.

Michel-Charles Silvestre, né à Mussy-sur-Seine, chanoine en 1779.

(i) Description de la généralité de Paris: Election de Sens, p. ag el3o.

(a) Arch., ai G. ii. D'après Tabbc E. Defer, Histoire de Trainel, p. 128, Maig^rel n'aurait été chanoine que depuis 17^5.

(3) J. B. A. Maget fut pourvu de son canonicat en 1769. (Archives de l'Yonne, G. fiSa). L'année 1784 est donnée par Tabbé E. Deler» Elle se réfci e peut-être à Tinstallation du jeune chanoine. Le dernier registre du Chapitre s arrête à 1773.

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Glaode-Antoiae Benoit, né à Septmonoel, diocèse de Saint-Claude, chanoine depuis 1780.

Jean-Philippe-Hernard Loison d'Alençon, né à la Louptière, chanoine depnis 1782 on 1783 (i).

La collégiale ainsi composée avait pour recettes 4 9^3 livres 11 60ns 3 deniers et pour charges 21217 livres 6 sous I denier. Chaque prébende valait 789 livres 5 sons 9 deniers. Ce fut le chanoine Benoit qui fit connaître au directoire du district de Nogeut la situation matérielle de la collégiale. Elle était accompagnée de la curieuse lettre que voici :

« Je vous envoie en abrégé Tétat général et estimatif des revenus et charges du Chapitre de Téglise collégiale de la Sainte-Trinité de Tralnel. Quelque avantageux. Messieurs, que soit le traitement que vous nous donnerez, il sera à nos yeux infiniment intérieur aux plaisirs que nousavions de jouir de nos autels et de nos biens. Qu'il est dur pour des âmes sensibles de nous voir chassés de nos églises, dépouillés de nos biens et de nous voir dans la nécessité, pour ainsi dire, de mendier notre pain, attendu que nous n'avons pas reçu un sou depuis quatorze mois, Tannée du Chapitre commençant h la Toussaint... ! Je n'ai rien tant à cœur que de mériter vos bontés et me rendre digne de vos protections ; j'espérai tout de celles de la cour de Sens et de rassurancc qu'elle m'en avait donnée; j'étais un des premiers vicaires à être placé avant la Révolution, et depuis elle n'a nommé à aucune place. Ce sera donc à vous. Messieurs les administrateurs, à nommer les ministres du Dieu de paix, les vrais serviteurs de l'Eglise, ceux qui, depuis douze ans, portent le poids

(1) Dans son Histoire de Trainel, l'abbé Defer cite encore comme chanoine Morrus ou Maurns de Fouronnes. Nous n'avons rencontré ce nom naile part. D'ailleurs le Chapitre était au complet sans ce personnage qui a peut-être iHé Jiommé, mais ne dut pas prendre possession.

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dn joar et de la nuit ; je sais depuis dix ans, je ne dirai pas le vicaire général ad honores de dix lieues à la ronde, mais le mercenaire et l'esclave, et je n'ai d'autre recommandation que mon travail dans ce pays-ci. » Benoit, vicaire de Saint-Gervais.

N*ayant rien reçu de leur traitement, et leur pension n'étant pas encore arrêtée, les chanoines demeurèrent la plus grande partie de 1790 privés de toutes ressources C'est de cette cruelle situation que se plaint justement le chanoine Benoit ; mais ce n'était là que le commencement de maux qui devaient être plus longs et en même temps plus graves.

L'ofDce canonial cessa le i*' novembre sur Tordre de la municipalité. Le chanoine Silvestre protesta inutilement contre cette mesure qui aurait dû, selon lui, émaner du district et non du conseil de la commune.

Le Chapitre payait pour deux chantres et un bedeau 7a livres ; pour deux enfants de chœur, 6 livres ; pour une fondation, 63 livres 10 sous ; pour les décimes, i65 livres. Il devait une rente de qo livres, et les frais de célébration du culte revenaient par an à 3oo livres, y compris les réparations des églises et des presbytères des paroisses où les biens étaient situés. En 1790, Jean Baulard, bedeau, et Antoine Parey, chantre du Chapitre, reçurent chacun 24 livres pour leurs gages.

Le chanoine Maget accepta d'être le gardien des scellés, qui ne furent levés que le i3 mai 1791, jour auquel le mobilier fut mis en vente.

Vil. - CHAPITRE DE LIRE Y.

La collégiale Notre Dame de Lirey était un ex-voto de la piété de GeofTroi I de Gharny, seigneur de ce village (i).

(i) Pour plus de détails, on peut voir notre travail L'ancienne collégiale de Lirey, in-8*, 1900.

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Ayant été fait prisonnier en i349 ^^ siège de Calais, il promit à la Sainte Vierge de fonder à Lirey un Chapitre de chanoines sous le vocable de TAnnonciation, si elle loi obtenait sa délivrance. 11 fut exaucé et exécuta son projet que, d'ailleurs, il méditait depuis plusieurs années ; et en i353, le ao juin, il passa Tacte de fondation. Depuis Torigine jusqu'à l'an 1400, les chanoines furent au nombre de six. Ils restèrent cinq jusqu'au milieu du XVII* siècle ; de 1760 à 1790, il n'y en eut que deux et encore le dei*nier nommé, propre fils du coUateur, ne prit-il possession que quelques mois avant la suppression du Chapitre. L'autre était Claude Belin. Né à Provins le 9 mai 1744» maltre-ès-arts de Tuniversité de Paris, il avait été vicaire de Nemours, et il était chanoine de Lirey depuis le i3 avril 1768. 11 en fut nommé doyen le 17 juin 1769. Etant seul chanoine prêtre, il célébrait tous les offices.

La commission des réguliers avait projeté la suppression du Chapitre de Lirey. Le patron avait donné son consentement à l'évéque, qui devait ériger le Chapitre en cure pour les hameaux éloignés de Tégiise de Saint- Jean de- Bonneval. Les conditions du projet étaient : i"" le maintien de son droit de coUateur pour lui et ses successeurs : a" le partage du revenu entre le curé de la paroisse.qui recevrait cent pistoles. et les deux chanoines, à qui on ferait une pension de 1400 livres. L'évéque devait prendre à sa charge les procès que cette suppression pourrait faire naître et lever les obstacles qui proviendraient soit des décimateurs, soit du curé, soit des habitants. Enfin, TafTaire était remise entre les mains de Tarchevêque de Toulouse en sa qualité de supérieur de la commission, à qui le collateur des prébendes déclarait s'en rapporter (i).

Ce projet ne fut pas exécuté et le Chapitre de Lirey demeura debout jusqu'à lapplication du décret de l'Assemblée nationale.

(i)Areh. N., L. 746, n» ^.

Le doyen récolta, ea 1790, q3 Xeaillettes et demie de vin, estimées 4^7 livres 10 sous ; il faisait valoir 4 arpents et demi de terre, d*un revean de 81 livres. 11 retirait 3j livres II sous 8 deniers d*une pièce de pré de 8a cordes. La totalité des revenus de la collégiale montait à 4 4^ U* vres.

Le second chanoine s'appelait Claude- Eloi Piot de Gourcelles. Né le 16 mai 1766, il fut pourvu, en 1779, delà prébende vacante, moyennant une dispense d'Age demandée à Rome par M Piot de Courcelles pour non fils, alors étudiant à Técole de Brienne. Mais cette nomination ne fut suivie d*aucun effet, et le jeune chanoine attendit jusqu'en 17901e canonicat qui lui avait échappé en1779.ll en prit possession, le q8 mai, en présence du lazariste Ferron, son professeur de théologie.

La collégiale de Lirey avait possédé jusqu'en i4i8 le saint Suaire vénéré aujourd'hui dans la ville de Turin.

VllI. - CHAPITRE DE PLANCY.

Situé dans le doyenné d'Arcis-sur-Aube, Plancy possédait un château qui renfermait une collégiale fondée parles barous sous le titre de Saint Laurent. D'abord au nombre de six, les chanoines n'étaient plus que quatre en i5îio et trois en 1790. Le seigneur de Plancy avait la collation des oanonicats. lien offrit un. le 7 novembre i79o,à un prêtre nommé Moreau, qu'il désirait conserver comme seul chapelain. Quant aux autres prébendes, elles devaient, dans son intention, servir au paiement d'un vicaire ou du curé de la paroisse Le projet de Godard d'Aucour eut le mome sort que la suppression tentée par ce châtelain quelques années auparavant, quand il avait voulu doter, avec le revenu de deux canonicats, la cure de Longueville et celle de Champfleury(i).

(I) Arch.,L. V. 1592.

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