‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 107 sur 204 · BONAPARTE. — LA PAPAUTÉ. L'ITALIE. -^ VENISE · texte numérisé non relu

BONAPARTE. — LA PAPAUTÉ. L'ITALIE. -^ VENISE

Idje générale de Boniparto. — Il veul réconcilier la Révolution arec l'Europe, pgr l'ordre et II paii. — 11 ipporla ces Tuea en Italie. — Eut du

gouvernemenl de l'ËgliM en 4T9S. — Son iShiblistemtnt. ~- Nature et but du pouvoir temporel de U Papauté. — HisLoiie de SI formation. — Le duché de Rome. — Donation de Pépin, ds Cbailemagte, de ts coUte»a Malbilde. — Les cbangeineiits aunenus en Europe avaient diminué l'inDuence politique des popea. — L'État ponlïfîcal ne poUTSit plus lutter contre lu grandes puissances. — Quels sjrsitmes pou va eut être suivis, en 17S6, envers la Pspatité. — La transporter bors d'Italie. — L'y Isissir avec un petit Ëlat. — Vues de l'Autriche et de Napies, — B nspsrte veul laisser la PBiaulè à Rome.— Idée» qu'il avait sur la religion. — Mobile ds sa conduite en tSOC. — U résiste, en (TOT, au> ordres du Directoiie, qui voulait détruire le Psptuté. — Atmi^tice de Hologne. — Pail de Toleolino. — Bonaparte réduit l'État pontifical, maie il laisse le Pape i Ronw. — Ses vues sur l'Italie. — Son indépendance nationale. — Elle n'implique pas nécessairement l'unité. — Idées de Bonapirte «ur le» lisliens. B0D>psrte cède Vtnite à l'AulricLe. — Hoiifs de sa couduite.

L'iiiéegénérdle qui ne cessa de diriger Bonaparte, depuis le moment où le prestige de son nom le désigna pour le gouvernement de sa patrie, ce fut la pensée de préserver les résultats de la Révolution , et de réconcilier la France avec l'Europe par la paix.

La chute des anciens privilèges, la disparition de leurs abus, le morcellement des terres monastiques,

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LIVnE QUARANTE ET UNIÈME. Ï37

acquises et fécondées par des milliers de ramilles pauvres qui se trouvaient attachées désormais à la cause de l'ordre par l'attrait du domaine et du foyer, c'étaient là des résultats de la révolution d'autant plus précieux, à conserver, que l'acquisition en avait été bien chèrement payée.

Cependant, on pouvaitse dire que ces grands résultats resteraient en péril aussi longtemps que la France et ses institutions nouvelles ne seraient pas entrées, à la suite d'une réconciliation générale , dans la famille des grands États européens. Les chances d'une guerre soutenue contre tout le continent pourraient , à la longue, user l'énergie nationale, donner raison aux détracteurs du nouveau régime, et ramener, avec une émigration ulcérée, des institutions sous lesquelles elle aurait eu au moins le repos , sinon la liberté; et ceux qui, depuis si longtemps, payaient aux dépenses publiques le tribut de leur fortune , aux armées le tribut de leurs enfants, aux agitations incessantes le tribut de leur repos, pouvaient craindre de ployer et de succomber à la fin sous le poids de ces épreuves.

Bonaparte avait plus nettement et plus vivement que personne le sentiment de cette situation. Il compatissait, en homme politique, aux souffrances des intérêts, des affections et des âmes; et son cœur contenait à peine alors le cri qui s'en échappa cinq ans plus tard , lorsque après le concordat et le traité d'Amiens il se félicita, avec le Corps législatif, d'a-

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voir donné à la France« la paix des coDsciences et la paix des familles'. »

C'est de ce point de vue élevé , d'où son regard dominait les horizons bornés des partis, que le général en chef de l'armée d'Italie avait saisi les vrais intérêts de la révolution , dont sa fortune le destinait à être l'orgaaisatear et le chef.

Ainsi le jugea un contemporain , lorsqu'il semblait perdu dans les déserts de la Syrie , et qu'il n'appartenait qu'aux esprits et aux regards pénétrants de suivre partout sa pensée et son étoile.

n Bonaparte voulait décidément la paix, dit Barthélémy; il la croyait nécessaire au repos et à la conservation de la France. Pour y arriver et pour la rendre stable, il avait été clément envers le roi de Sardaigne , envers le grand-duc de Toscane , envers le Pape , envers Naples. Il commit la faute de vendre Venise; mais il la disputa longtemps , et il y fut forcé par le Directoire , qui ne voulait pas laisser Mantoue à l'Empereur, qui voulait les limites du Rhin, et une plus grande Cisalpine. L'Empereur céda. Fierd'avoir conservé l'intégrité de l'Empire à Léoben, il sacrifia à Campo-Formio le coips germanique et Mantoue, pour obtenir Venise, et pour être compté parmi les grandes puissances continentales et maritimes *. »

Recherchons et résumons les vues personnelles qu'apporta Bonaparte dans la solution de ces deux

' Correspondance de Napoléon I", t. VII, p. 546; Si avril 1809, ^ Barthélémy, Mémoires historiques et diplomatiques, p. 97-98.

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