‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 164 sur 204 · LIVRE QUARANTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-TROISIÈME

fut d'empêcher Suwarow de poursuivre Macdonald, qui s'était rejeté daus la vallée de la Nura, et se retirait sur Gènes.

En somme, l'Italie semblait perdue. La révolution du 30 prairial ayant donné le pouvoir aux modérés, ceux-ci cherchèrent un jeune général ayant déjà ' assez de réputation pour être mis en évidence, et devenir le pivot de leurs desseins. Ils s'arrêtèrent à Joubert, qu'on maria avec mademoiselle de Montholon, et auquel on donna le commandement de l'armée d'Italie.

Les débris des armées de Moreau et de Macdonald formaient encore un total d'environ 40,000 hommes, vieux soldats, ttrùlant d'en venir aux mains et de venger leurs défaites. Cette armée était massée, le 15 août 1799, sur les hauteurs qui dominent Novi. Elle avait en face d'elle 60,000 Austro- Russes, commandés par Kray et Suwarow.

Attaqué à cinq heures du matin, Joubert dut accepter la bataille. L'engagement durait à peine depuis une heure, lorsque Joutert, averti d'une attaque dangereuse dirigée contre les divisions Groucby et Lemoine, s'avança au galop pour encourager les soldats. Une batle l'atteignit près du cœur, et retendit roide. Moreau, qui était à ses côtés, prit aussitôt le commandement. Pérignon, Richepause, Saint-Cyr, Laboissière, Watrin, Clausel, firent des prodiges, à la tête de leurs troupes. De nouveaux corps russes et autrichiens, entrés en ligne dans

jbïGoogIc

361 HISTOIRE DU DIRECTOIBE.

l'après-midi, sous les ordres de Mêlas, décidèrent de la journée, qui fut perdue pour nous, et nous coûta le général eu chef, quatre généraux de division et plus de trente bouches à feu. Les Austro-Russes, qui avaient fait des pertes énormes, ne purent pas s'opposer à la retraite de l'année française, qui se reforma en avant de Gavi, sar ta route de Gènes; mais cette fois l'Italie était bien perdue, et elle ne sera recouvrée qu'à Marengo.

Ainsi, la coalition avait réussi, dès le mois d'août, dans ses plans contre la France. En Allemagne, elle nous avait repolisses; en Italie, elle nous avait envahis. Deux généraux restaient encore pour défendre la frontière menacée; Masséna dans les Grisons, et Brune en HollïUMle.

D'après les plans primitifs des coalisés, l'armée russe de Suwarow devait opérer uniquement en Italie, avec celle de Kray, et celle de KorsakoCf devait opérer en Suisse, avec le prince Charles. Une nouvelle décision ordonna à Souwarow de passer d'Italie on Suisse par le Saint-Gothard, et d'aller se joindre aux 30,000 lusses de KiH^koff et aux 24,000 Autrichiens de Hotze, pour cèaraer Masséna des Alpes, et s'ouvrir ainsi la frontière orientale de la France. Le prince Charles fut dirigé vers le Bas-Ktûa.

jbïGoogIc

Page 1