‹ Histoire du directoireChapitre 152 sur 241 · PROFESSEURS · texte numérisé non relu

PROFESSEURS

n M. Mentelle , pour la géographie;

« H. de Lalande , pour l'astronomie ;

n M. Rœderer, pour l'économie politique;

n M. de Marmontel , pour l'histoire.

•» MM. les abonnés au Cercle de l'Harmonie auront la jouissance du lycée, comme MM. les souscripteurs à venir auront celie des bals et des concerts > .

L'ouverture du lycée Marbeuf eut lieu efiEoctive-» ment le 18 floréal; mais le programme se trouva légèrement modifié.

» L'orateur des dames, M. Demoustier, dit un journal, a prouvé à ce sexe aimable et sensible que la vertu sieule peut lui assurer le sceptre que les Grâces lui ont confié; ensuite, les conduisant par un sentier de fleurs vers le temple de la morale, il leur en a fait voir le péristyle , avec la promesse de leur en ouvrir les portes à la première séance.

» M. Delille de Salies , auteur de la Philosophie de la Nature , a lu un précis historique de la vie du bon La Fon* taine.

• Berlin d'AotUly, U Thé, n« 22.

M4 HISTOIRB DU BIRBCTOIKB.

M M* de La Harpe a traité cette question : « La comédie eet-elle plus difficile que la tragédiet • » Après avdr discuté le pour et le contre avec cette tofCè de raisonnement qui lui est personnelle , il a donné gain de cause à la trsgédie. M. de La Harpe a fini par recommander aux poètes comiques l'étude des mœurs. Les ridicules sont du moment ; les mceurs, des siècles.

n La séance s'est terminée par un concert : mademm*^ selle Rosine a chanté un air de Paëriello*, et l'a embelli du double charme de la voix et de l'exécution. Madame Molinos a excité un entbouiriasme universel dws un concerto de harpe ^. »•

n n'est pas de moyens que le Cercle de rHarmonie n'employât pour attirer honnêtement le publie à ses ooars ou à s^ conoerts, Tantôt il prévenait ses diionnés qu'ils entreraient seuk par le grand escalM* d'Orléans, voûte da Palais-Égalité, tandis que le pu- Mic flottant y après avoir pris son billet de 9 livres, entrerait par la porte de la rue de Valois^; tantôt H faisait grand bruit de la personne de La Harpe, qne le lycée Marbeuf et le lycée Républicain lui enlevaient :

« M. de La Harpe, disait le Thé^ va cesser de professer au Cercle de THarmonie. Il parait qu'il a dû s'y décider d'après les représentations du lycée de Thôtel Marbeuf, avec lequel il avait des engagements; et que ce lycée a craint d'être lésé dans ses intérêt par le profesiwat de M. de La Harpe au C«*d€ de l'Har^

« Berlin d'Antilly, UThé,n^ 28.

2 Ibid., n» 30.

LIYRB DIX-SEPTIÈME. 155

moaie ^ » La Harpe cessa, en effet, ses leçons au Cercle de l'Harmonie, et l'entrepreneur l'annonça piteusement en ces terpjes à son public :

« L'entrepreneur du Cercle de rHarmonie, dit- il, avait engagé M. de La Harpe à y faire un cours de lit* térature, et odt ancien académiden l'avait formellement promis L'entrepreneur s'est présenté chez

M. de La Harpe, accompagné d'un commissaire de la société, pour lui en offrir les regrets et les vœux. Mais c'est en vain qu'ils lui ont représeuté que sa santé, qui lui paraissait si brillante sur son visage, et qui lai permettait de parler trois fois par décade aux ly-* cées Républicain et Marbeuf, pouvait bien lui conserver assez de force pour paraître quelques instants , une seule fois par décade, au Cercle de l'Harmonie, et tenir la parole qu'il avait donnée à une société nombreuse et choisie*. »

Cet entrepreneur du Cercle de l'Harmonie, qui faisait bien les choses, en avait gratuitement ouvert les portes aux hommes de lettres et aux artistes; et voici les noms des personnes les plus distinguées qu'on y rencontrait habituellement :

• JcMseph Lavallée, de Flins, Marniontel, de Nivernais, Hoffmann, Audin-Rouvière, Lebrun, Souriguère, de Montesquieu, Granié, Delille, Delille de Salles, de la Lande, de Fontanes , Ferlus , Ginguené , de Lacbabeaussjère , de La Harpe, deBoisgelin, Legouvé, Ducis, Arnault, Collin d'Harleville, Leraercier, Berlin d'Antilly, Rœderer, Co-

* Berlin d'Antilly, le Thé, n« 38.

2 Ibid.y n» 46.

rancez, Langlois, Suard, Lacretelle, Pamy, Andrieux, de la Platrière, François de Neufchàtêau, Demoustier, Bernardin de Saint-Pierre, Baour-Lormian , Châteauneuf , Pastoret, Boissy-d'Anglas, de Talleyrand-Périgord.

n Mesdames de Bourdic, de Beaufort, de Guibert, Constance Pipelet ;

n Chérubini, Lesueur, Méhul, Martini, Bruni, Sarrete, Boïeldieu, Garât ;

* Mesdames de Valbonne, Dècle, Ray*. »

Le Cercle de THarmonie était, comme on le voit, fort bien ban té; car les noms de ces habitués forment à peu près dans son entier le livre d'or de la littérature du Directoire.

L'entrepreneur de TÉlysée ne faisait pas, il s'en faut, aussi littérairement les choses. Il commença par la musique et par les bals, au mois de juin 1797, et n'ouvrit son lycée que l'hiver. Voici en quels termes il fit son annonce :

« Le jardin Bourbon est trop connu pour que nous en fassions l'éloge. De vastes appartements, élégamment meublés; une très-belle terrasse, une illumination, des feux d'artifice, des joutes par des enfants, des promenades sur un canal : tels sont les plaisirs que l'on doit offrir à MM. les abonnés. La direction des concerts a été confiée à M. Martini; cet hommage lui était dd sans doute, il n'est que le faible témoignage de l'estime et de l'admiration.

' Berlin d'Antilly, le Thé, n" 44.

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