‹ Histoire du directoireChapitre 157 sur 241 · LIVRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-SEPTIÈME

V Aurore , par Grosley .

Le Censeur des Journaux, par Ganais.

Le Courrier de Lyon , par. . .

£e Courrier extraordinaire , par...

Le Courrier républicain^ par Poncelin.

Xe Cri public ou Frères et Amis , par... Le Défenseur des vieilles institutions, par... Le Déjeuner, par Fabien Pillet.

L'Écho , par...

U Éclair y parBertin.

L'Europe littéraire , par Darahd-MoUard.

La Gazette française , par Fiévée.

La Gazette universelle , par Husson.

Le Grondeur, par la veuve Gorsas.

L'Impérial bruxellois , par. . .

L'Impérial européen , par. . .

L'Invariable, par Royou.

Le Journal des Journaux, par...

. Le Journal des Colonies, par...

Le Journal général de France, par Maître et Jolivet. V Abréviateur universel, par L.-B. Racine et Tabbé Brothîer neveu*.

Aucune autre classe de citoyens ne pourrait ^ on le voit, produire dans l'histoire de nos troubles civils une plus longue et plus honorable liste de spoliation et de proscription.

* Voir pour les ooms des jouroaux, le Moniteur du 43 septembre 4797; — et, pour les noms des journalistes, le Dix-huit fructidor, ses causes et ses effets , 1. 1, p. 49 ; — et Deschiens , ^t- Hiographie des joumatix, passim.

a6i HISTOIRE I>U PIRECTOIRB.

XXVIIÏ.

La littérature da Directoire avait un oaractère général de sécheresse, et^ avont-noui dtt^ un ton habituellement didactique. Ce ton et ce caractère tenaient à la situation spéciale des lettres à cette époque : les lettrés étaient ou professeurs ou journalistes. U y avait une sorte de point d'arrêt dans les œuvres de l'imagination, car on ne saurait donner ce nom à de§ tragédies sans souffle et à de petits V&ré iMins coloris, qui ont passé sans laisser un souvenir vivant. C'était le temps des traductions de romans anglais, des £nfants de la forêt, du Château de Dumhahne, de TAfthaye de Grasmlle, par Anne Radcliffe ; de Maria, ou le Malheur d'être femme j par madame Godw^in.

Le journalisme avait alors plus de passion, plus de colère, plus de violence que de savoir et de style ^ Il n'avait pas, même lorsqu'il comptait dans ses rangs Condorcet, Rabaut-Saint-Étienne , Corsas, Camille Desmoulins, Loustalot, Barrère, Brissot, Girey-Dupré, Fiévée, Robespierre, la solidité, Télévation, Fam-

« Voici un article du Courrier Républicain du 6 août 4795, qui donnera une idée de la manière des journaux de ce ieflips :

a Le moine-espion-arlequin Poultier faisait dernièreiDGieiit le bra* vache dans VAmi des Lois.». Aujourd'hui, un citoyen qui s'appelle Poittsinet , et qui demeure rue Sttint-Defiis , b* 62 , nous charge de dire en son nom à Poultier, qu'il est un plat eoqnni> qu'il n'a ni cœur ni âme, et que lui, citoyen Poinsinet, teut lui donner eeat coups de bâton, après lui avoir reproché en fàee tous ses mauvais tours. Nous conseillons à Poultier, dans le cas où il surmonterait sa lâcheté, de se munir de quelques reliques de saint-Faron, qui puissent Tempècher d'être pourfendu. »

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plear, Téolat que lui donnèrent plus tard Gbateau-> briand) de Bonald, Benjamin Constant, Guizot, Thiers, Carrel, de Lamennais. On n'aura jamais plus d'esprit ou de verve que les Actes des Apôtres^ en 4790; le Viem) Cor délier^ en 1 794 ; le Thé, en 1 797 ; mais il y aurait une souveraine injustice à comparer Tœuvre des journalistes de la révolution à Toeuvre des journalistes de la Restauration et du gouvernement de juillet; et l'on ne trouverait rien, de 4789 à 4800, qui pût être comparé au Journal des Débats^ à la Gazeiie de France, au Constitutionnel, au National, à la Presse, à V Univers , de ces dix ou quinze dernières

anuées.

L'a£fectation matérialiste et athée de la littérature du Directoire est d'autant plus triste, qu'elle n'est accompagnée ni d'énergie, ni d'imagination, ni d'esprit. Ce sont les rognures de V Encyclopédie, lourdement étalées par des hommes sans conviction et sans talent. Toutes les erreurs se comprennent, quand elles sont le fruit d'intelligences imprudentes > mais curieuses, qui se fourvoient en cherchant; mais elles arrivent à un degré rare d'odieux et de ridicule » quand elles ne sont plus que le jargon niais d* esprits routiniers et infirmes qui suppriment Dieu sur parole, et qui portent le matérialisme comme une mode du jour.

Tels étaient la plupart des lettré» du Directoire qui avaient fait, presque tous par lâcheté, la guerre aux

dieux et aux rois. Chose aujourd'hui presque incompréhensible, la société la plus élevée n'avait pas été guérie de ta maladie du philosophisme par les calamités effroyables de la révolution qu'il avait amenées , et Ghénier pouvait lire impunément les vers suivants au Lycée des Étrangers, au milieu de la société la plus choisie :

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