RAPPORT SUR LA GARDE NATIONALE
la liste des citoyens qui formeraient la garde nationale sédentaire; elle devait nommer elle-même ses chefs. 11 Y aurait un bataillon par canton. Les compagnies de iïrenadiers et de chasseurs si odieuses à la déma2;oaie parisienne étaient expressément rétablies, et l'artillerie qu'elle avait eue pour auxiliaire était supprimée.
Henry Larivière demanda que le projet fût discuté sur-le-champ ; le rapport et les articles n'étaient ni imprimés, ni distribués, mais il maintenait qu'il y avait urgence.
— (c Dois-je vous rappeler, disait-il, les circonstances où nous nous trouvons? Des ministres qui avaient la confiance publique ont été renvoyés. On vous a lu une diatribe sanglante que le journal officiel a dirigée contre vous. Vous venez d'entendre que des trou])es marchent de toutes parts et vont environner Paris. Si, en trois jours, de telles nouvelles nous sont données, qu'apprendrons-nous demain? Sans savoir précisément quel est le but des ])artisans de la t\rannie, je vois tous les signes d'un 3) mai.»
T/orateur continua à exposer toutes les circonstances qui justifiaient son triste pronostic; il insista sur la destitution du ministre de la police, (( dont la vigilance nous garantissait de toute attaque factieuse. » 11 est remplacé par un homme* qui s'est frayé la route vers le ministère, en salissant les murs de Paris d'une insolente diatribe contre la représentation nationale. »
Le nouveau ministre de la police , Lenoir-Laroche, était un homme sans ambition, appartenant à la coterie philosophicpie groupée autour de Siéyès; il mettait souvent dans le Monileur des articles plus ou moins vio-