‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 117 sur 141 · BATAILLE DE CASTIGLIONE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE CASTIGLIONE

obtenu un avantage marqué sur une des divisions de Masséna.

Wûrmser n'était pas encore revenu de son excursion sur Mantoue. Le corps d'armée de sa droite, chassé de Brescia, était en pleine retraite; ainsi les Français se trouvaient en force suffisante. Le général en chef se mit à la tète des troupes et enfonça le centre des Autrichiens. Leur aile droite qui s était étendue afin de rejoindre le corps sorti de Brescia, rencontra la division française qui coupait cette route; tournée de tous côtés , elle mit has les armes.

En même temps , la gauche autrichienne perdit la position de Castiglione, après une glorieuse bataille qui fit grand honneur à Âugereau. Elle fut livrée le 3 août.

Wûrmser arriva de Mantoue, le soir, lorsqu'il n'était plus temps de prendre part à l'action ; il passa la journée du 4 à rassembler tous ses corps, à tout disposer pour une bataille. Son armée était formidable et présentait au moins vingt-cinq mille combattants.

Le général Bonaparte jugea qu'une grande et décisive affaire allait se passer à Castiglione où Augereau eut ordre de se retrancher ; il se tint avec son état-major à Lonato, où il se trouvait au centre de ses divisions qu'il était si important de réunir.

La campagne située entre Brescia et la rive occidentale du lac de Garde était en ce moment parcourue par des colonnes autrichiennes , séparées les unes des autres , ignorant quelles routes elles pouvaient suivre sans rencontrer des divisions françaises , et n'ayant aucune connaissance précise de la position des deux

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armées; elles étaient poursuivies et à chaque instant on leur faisait des centaines de prisonniers.

Une de ces colonnes errantes , informée .par des paysans qu'il n'y avait à Lonato que douze cents Français, espéra se frayer par là un chemin vers le Mincio et rejoindre Tarmée de Wurmser.

Un parlementaire se présenta à Lonato et somma les Français de se rendre : c'était au général en chef qu'était adressée cette injonction. Il ne se méprit pas un instant, assuré que ce ne pouvait être qu'une troupe égarée et cherchant un passage; il fit monter à cheval son nombreux état>major. On amena le parlementaire qui, lorsque ses yeux furent débandés^ se trouva en face de tout l'appareil et le mouvement d'un graud quartier général.

— « Allez dire à votre général, lui dit le général Bonaparte, que je lui donne huit minutes pour poser les armes. Il est au milieu de l'armée française; passé ce temps-là , il n'a rien à espérer. »

Harassés, errants depuis trois jours^ incertains, stupéfaits, ces quatre ou cinq mille hommes posèrent les armes. Voilà en quel état se trouvait l'armée autrichienne cinq jours après l'ouverture de cette campagne, commencée en proclamant que l'Italie serait encore une fois le tombeau des Français.

Toutefois, cette lutte, ce continuel combat n'était pas encore terminé. La journée du 8 août décida le sort des deux armées. Les Français étaient, malgré tant de fatigues, pleins d'ardeur et de courage; les Autrichiens n'étaient plus animés de confiance et d'espoir. La bataille de Castiglione ne fut pas un instant douteuse. L'armée française feignit d'abord un mouvement de retraite; mais lorsque les Autrichiens se furent avancés.

une division, commandée par le général Fiorella, qui avait marché toute la nuit, arriva à l'improviste sur la gauche des ennemis et y jeta quelque désordre : ce fut le signal d'une attaque générale. Elle eut un plein succès sur tous les points. L'armée de Wûrmser se retira en désordre sur la rive gauche du Mincio, et peu s*en fallut que lui-même ne fût pris par la cavalerie légère.

Le Mincio fut de nouveau passé par l'armée française à Peschiera, où une faible garnison avait su se maintenir. Le général Bonaparte rentra le 7 à Vérone. Les deux rives du lac de Garde furent occupées; la flottille autrichienne avait été brûlée pour ne pas tomber aux mains des Français.

Wûrmser se retira à Roveredo et à Trente; il ramenait une armée diminuée de moitié et découragée. Du 29 juillet au 12 août, les Français avaient fait quinze mille prisonniers, et pris soixante et dix pièces de canon et neuf drapeaux. Le seul avantage que l'Autriche recueillait du grand effort qu'elle avait tenté était d'avoir ravitaillé Mantoue. Le siège était à recommencer et les Français ne pouvaient avancer tant qu'ils n'auraient pas pris cette ville qui renfermait une armée.

Les ouvrages des assiégeants avaient été détruits, les canons et les munitions qu'ils avaient abandonnés étaient maintenant entrés dans la place. Il n'y avait aucun moyen de reprendre le siège. La saison des fièvres, si funeste dans ce pays marécageux, allait commencer; l'ouverture de la tranchée et les remuements de terre auraient augmenté les ravages de l'épidémie. Le général se contenta d'un blocus étroitement resserré et protégé par des redoutes*

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