ARMÉE DE 8A»BRE-LT- MEUSE
mauvaise et sans argent; mais elle ne manquait ni de fermeté ni d'élan. Les généraux qui servaient sous Moreau, Desaix, Gouvion Saint- Cyr et Ferino étaient des hommes expérimentés, habiles, aimés, bien obéis du soldat et connaissant parfaitement le théâtre de la guerre.
L'archiduc, en commençant les hostilités, avait eu pour instruction formelle de faire une guerre oCTensive. Ce projet était contraire à son opinion personnelle et à Tavis de Wurmser. La position de l'armée autrichienne était pourtant, en ce premier moment, favorable à une tactique plus audacieuse. Elle était placée de manière à rendre difficiles les communications des deux armées françaises et pouvait les séparer entièrement dès qu'elle aurait obtenu quelque avantage.
I^e général Jourdan occupait les deux rives du bas Rhin. Étant ainsi maître du fleuve, depuis Tembouchure de la Moselle jusqu'à Dusseldorf , ce fut par la rive droite qu'il commença son mouvement. Kléber partit de Dusseldorf le 1" juin avec le corps d'armée qui formait la gauche et remporta une complète victoire sur le prince de Wurtemberg à Altenkirchen , le h juin. Le général Jourdan passa le Rhin avec une partie de son armée et vint joindre son aile gauche. Il marcha en avant sur la Lahn.
L'archiduc retira aussi une partie de ses forces de la rive gauche et les porta à la défense de la rive droite; le 15 juin, il fit éprouver un échec assez rude à la division Lefebvre et lui prit des canons.
Jourdan repassa le Rhin et fit replier son aile gauche vers Dusseldorf.
Bientôt, la situation des Autrichiens ne fut plus
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la même. Le général Wurmser reçut 1 ordre de passer en Italie et d'y conduire une armée de vingtcinq mille hommes. Ainsi, Tarchiduc se trouva contraint à une guerre défensive, telle qu'il avait voulu la faire.
Pendant que Tarmée de Sambre- et -Meuse était obligée de rétrograder par suite de Taffaire malheureuse de Wetzlar, Desaix et Saint-Cyr obtinrent un meilleur succès et les Autrichiens se replièrent jusqu'à Manheim. Ce mouvement était surtout destiné à tromper Tennemi sur le lieu où serait tenté le passage du Rhin y ordonné depuis l'ouverture de la campagne par le Directoire, mais retardé parce qu'il n'envoyait point l'argent nécessaire pour les préparatifs. C'était une opération difficile et périlleuse.
L'armée autrichienne occupait la rive droite depuis Huningue jusqu'à Manheim, mais elle était disséminée sur toute cette ligne, et les mouvements de l'armée de Rhin-et-Moselle n'avaient pas laissé prévoir sur quel point il importait de s'opposer plus fortement à cette entreprise. D'ailleurs, Wurmser venait d'emmener une part considérable de cette armée, dont il avait remis le commandement au général Latour, sous les ordres supérieurs de l'archiduc.
Des bateaux avaient été préparés sur le fleuve , mais à des endroits différents. Les travaux étaient cachés par des îles ou bien dans des rivières affluentes. Desaix, pendant que par intérim il commandait l'armée, entre le départ de Pichegru et l'arrivée de Moreau , s'était occupé pendant deux mois de toutes les combinaisons nécessaires pour faire réussir ce hardi coup de main. 11 fut exécuté avec une précision et une