LES MINISTRES
trouvait -il quelques domestiques qui voulussent le servir*.
Le premier choix à faire, le plus important de tous^ c^était les ministres. Avant même d'être complété, aussitôt après la démission de Sieyès , Je Directoire chercha Tappui des hommes qui avaient été considérables dans les comités de la Convention. Il oiTrit le ministère de la justice à Merlin de Douai, qui accepta; Sieyès refusa le département des affaires étrangères ; Carnot savait que les Conseils allaient le porter au'Directoire , et avaient l'intention très-manifeste de le placer à la tête du département de la guerre : il aima mieux être maître que subordonné; son espérance ne fut point trompée, au grand déplaisir de Barras et de Rewbell.
Aubert Dubayet, général honorable par sa bravoure et homme de quelque esprit, mais impropre, comme il le disait lui-même , à la gestion d'un département ministériel , fut choisi pour ministre de la guerre.
M. Gandin*, commissaire de la trésorerie sous la monarchie constitutionnelle, avait été, par l'exigence menaçante du gouvernement révolutionnaire, maintenu dans cet emploi, oii il était regardé comme indispensable. C'était un homme d'expérience et grand ami de Tordre, sans lequel il ne regardait pas comme possible de gérer raisonnablement les finances. Dès qu'il avait cru pouvoir, sans danger, donner sa démission, il s'était retiré à la campagne. Le Directoire le pressa d'accepter le ministère des finances ; il refusa , et ne voulut pas même redevenir commissaire de la trésorerie. Quatre ans après, il fut appelé par le premier Con-